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C. — RETREMPAGE

Les peaux sabrées ne sont pas uniformément mouillées ; or, pour obtenir une réussite complète dans l'opération de l'étuvage, il faut que les peaux soient mouillées d’une façon absolument uniforme. Pour obtenir ce résultat, on retrempe les peaux en les plaçant dans des bassins analogues à ceux qui servent au trempage, et en les y laissant de quatre à cinq heures en été et douze heures en hiver.

Comme une des conditions essentielles d’un bon retrempage est l’uniformité de température de l’eau, les bassins de retrempage sont en général alimentés avec de l’eau de source.

D. — ETuvAGE.

Au sortir des bassins de retrempage, les peaux sont portées dans des étuves pour y subir l’étuvage. Ces étuves sont de vastes chambres, de superficie variable selon l'importance de l'usine et d’une hauteur de deux mètres.

Les peaux sont suspendues par les pattes de derrière à des rames munies de crochets. Les rames sont placées à 1 m. 70 du sol, l’espace de 30 centimètres ménagé entre les rames et le pla-

fond de l’étuve sert de magasin aux gaz formés

pendant la fermentation et permet d’avoir toutes les parties de la peau dans les mêmes conditions de température; sinon les parties de peau soumises à une température plus élevée pèleraient plus vite que les autres. L’écartement entre les rames est de 80 à 90 centimètres pour les peaux de moutons et de 40 à 45 pour les peaux d’agneaux. On suspend environ quatorze peaux par mètre de rame; mais cela n’a rien de constant, car il faut éviter le contact de la laine d’une peau, avec le côté chair de la peau voisine, et par conséquent, la distance à laisser entre deux peaux, dépend de la hauteur de la laine.

L'étuvage a pour but d'ouvrir le bulbe pileux où se trouve le point d'insertion du brin de laine, de façon à ce que l'opération du pelage qui consiste à séparer la laine de la peau se fasse facilement. Le bulbe pileux ne s'ouvre pas en réalité, mais c’est le ciment animal qu’il contient qui se désagrège sous l'influence d’une bactérie, que Villon prétend avoir isolée et qu’il a baptisée du nom de bactérie piline. Cette bactérie vit aux dépens de la matière albuminoïde, qui forme le ciment du bulbe pileux. Cette matière albuminoïide en se décomposant donne de l’ammoniaque, dont on perçoit l’odeur dès qu’on entre dans une étuve.

La bactérie piline se développe avant les bac-

fi

téries de la putréfaction, mais à une température supérieure à 17 degrés, celles-ci commencent à se développer et attaquent la peau; les cuirs se piquent, perdant ainsi une bonne partie de leur valeur.

Les deux difficultés que doit vaincre le contremaître chargé de diriger l’opération de l’étuvage sont : 1° laisser les peaux dans l’étuve jusqu’à ce qu'elles soient prêtes à peler et pas davantage; 2° régler la température de façon à éviter que les cuirs se piquent.

Pour se rendre compte si les peaux sont prêtes à peler, le contre-maître entre dans l’étuve et tire quelques brins de laine sur diverses peaux; si la laine s’arrache sous l'influence d’une faible traction, les peaux sont prêtes. Pour régler la température, le contre-maître ouvre et ferme les registres d'appel d'air disposés au fond des étuves, partout ailleurs hermétiquement closes, il peut aussi arroser les étuves avec de l’eau froide.

Dans les usines qui ont été spécialement construites pour le délainage, les étuves sont autant que possible sous terre, ce qui rend leur température beaucoup plus constante. La durée de l’étuvage peut varier depuis trente-six heures en été jusqu’à six jours en hiver.

Æ. — MÉJANAGE.

Lorsqu'on sort les peaux de l’étuve, on procède à l'opération du méjanage; il y a toutefois des usines où cette opération se fait avant le trempage. Le méjanage consiste à classer les peaux d’après la longueur et la finesse de la laine. Les peaux sont classées par finesse en cinq catégories ; chaque catégorie de finesse comprend cinq catégories de longueur : haute laine, qui correspond à 8 centimètres de longueur de brin; trois-quart laine, qui correspond à 6 centimètres; demi-laine, qui correspond à 4 centimètres; tiers laine, qui correspond à 3 centimètres; quart laine ou ra-

son, qui correspond à 1 centimètre.

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