‹ L'Industrie Lainière Dans Le TarnChapitre 46 sur 84 · MOT · texte numérisé non relu

MOT

à la fois la bonne laine et les parties défectueuses de la toison; pour opérer le triage il faut un personnel presque aussi nombreux que pour peler à la main.

Dans de nombreuses manufactures de tissus, l'outillage est encore rudimentaire. Plusieurs filatures n’ont encore que des « mulls-jenny », aucune n’est organisée pour filer la laine peignée. Les ourdissoirs mécaniques sont encore peu employés dans le Tarn ; les métiers à tisser sont, dans bien des usines, vieux et démodés. Cependant l’outillage s’améliore tous les jours et il y a déjà plusieurs usines possédant un bon matériel.

Dans les ateliers de bonneterie il y a surtout des « tricoteuses », qui produisent des bas et chaussettes sans couture, etdes métiers circulaires; mais il n’y a pas, tout au moins à notre connaissance, de métiers Cotton.

Les usines d’effilochage ont, en général, un bon outillage ; le jour où elles auront toutes un carbonisateur Schirp elles n'auront plus de grands progrès à réaliser à ce point de vue.

On ne peut pas en dire autant des mégisseries, et en particulier des mégisseries de Graulhet. La résistance opposée par les ouvriers à l’adoption des machines, le fait que le patron de Graulhet est, en général, un ancien ouvrier, et ne dispose

pas de grands capitaux, font que l'outillage des

usines de Graulhet est resté le plus souvent fort rudimentaire.

Si les industriels du Tarn n’ont pas toujours su se tenir au courant des derniers progrès du machinisme, ils ont su utiliser intelligemment les nombreux et rapides cours d’eau qui sillonnent le pays, pour fournir la force motrice à leurs usines. L'Arn, l’Arnette, le Thoré, le Gijou, la Durenque, J Agout, le Sor, le Dadou actionnent, au moyen de turbines, les délainages, les filatures, les ateliers de tissage et de bonneterie, les effilochages, les mégisseries de Mazamet, Saint-Amans, le Pont-de-l’'Arn, Vabre, Brassac, Roquecourbe, Graulhet, etc. La plupart de ces usines n’ont des machines à vapeur que comme force motrice de secours.

Quelques industriels ont installé des moteurs à gaz pauvre et en paraissent satisfaits.

La Société Pyrénéenne de distribution d'énergie électrique fournit depuis quelques mois la force motrice à quelques usines du Tarn, en particulier à quelques mégisseries de Graulhet.

Une autre société ayant aussi pour but la distribution d'énergie électrique, la Société des forces motrices de l’Agout, vient de se former à Castres, elle aura son usine sur l’Agout, à Ferrières, à trente-cinq kilomètres environ en amont de

Castres.

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