‹ L'Industrie Lainière Dans Le TarnChapitre 66 sur 84 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Le travail en fabrique et le travail à domicile.

La question du travail en fabrique et du travail à domicile ne peut pas se poser pour le délainage, la mégisserie, la filature et l’effilochage. Ces in-

dustries comprennent un certain nombre d’opérations, qui ont entre elles un lien trop étroit et qui

nécessitent un matériel et une force motrice trop importants, le concours de trop de catégories d'ouvriers, pour qu’il soit possible d’en exécuter certaines à domicile.

Il n’en est pas de même pour le tissage et le tricotage; ces deux opérations, par leur nature même, par leur caractère d'unité, par le matériel peu encombrant qu’elles nécessitent, sont qualifiées pour pouvoir être exécutées à domicile.

En ce qui concerne ces deux branches de l’industrie lainière, les deux organisations existent dans le Tarn. A Castres, dans les petits villages

voisins, Valdurenque, la Vitarelle, les Salvages,

st)

à Vabre, à Brassac, à Ferrières, etc., plusieurs centaines d'hommes tissent chez eux, soit au moyen du vieux métier en bois, soit au moyen du métier à pédale. Ces métiers appartiennent tantôt aux ouvriers, tantôt aux patrons, qui les mettent à la disposition des ouvriers dans des conditions variées.

Mais les moyens ateliers, où sont groupés quinze ou vingt ouvriers tissant au moyen de métiers à pédale, les grands ateliers renfermant de cinquante à cent métiers mus par la vapeur ou par la force hydraulique, l’emportent de beaucoup comme production sur les tisserands à domicile. Chaque année, quelques dizaines d'ouvriers, qui jusque-là travaillaient chez eux, se décident à venir travailler dans un moyen ou dans un grand atelier.

Il en est de même pour la bonneterie. Au début, lorsqu'on tricotait à la main, toutes les ouvrières travaillaient chez elles. Aujourd’hui encore, beaucoup d’ouvrières prennent chez elles un métier alternatif que le patron leur confie.

Mais, de plus en plus, les patrons préfèrent grouper leurs ouvrières dans des ateliers où les métiers circulaires et alternatifs sont mus par la la vapeur ou la force hydraulique. D'ailleurs, le travail en fabrique présente de grands avantages à la fois pour l’ouvrier et le patron.

L'ouvrier qui travaille en fabrique peut gagner

de plus gros salaires parce que l’emploi de la machine à vapeur ou de la turbine décuple sa puissance de production ; il travaille dans des conditions d'hygiène bien meilleures, puisqu'il travaille dans des ateliers vastes et aérés au lieu de passer sa vie entière dans une pièce sombre, exiguë et sans air. Pour le patron, le travail en fabrique a l'avantage de permettre une production plus intensive et plus régulière.

L'installation dans le pays de deux sociétés de distribution d'énergie électrique favorisera le travail à domicile, mais nous croyons que, malgré tout, le travail en fabrique prendra toujours plus. d'extension.

Page 1