CHAPITRE V
Dutéé de la journée de travail.
Le travail de nuit.
La plupärt des usines qui travaillent la laine et la peau de mouton dans le Tarn sont soumises, au point de vue de la durée de la journée de travail, à la toi de 1906 ; dans la plupart, en effet, il y a des femmes et des enfants. Cependant, étant donné la jurisprudence de la Cour de cassation, les patrons qui ont les ateliers nettement distincts et où travaillent exclusivement des hommes, par exemple les ateliers de tissage et de teinturerie dans certaines manufactures de tissus, les ateliers de sabrage, dans les délainages, ete., pourraient, dans ces ateliers, faire travailler plus de dix heures. Mais, dans la pratique, la journée de dix heures est absolument entrée dans les mœurs et est considérée, plutôt comme un maximum que comme un minimum. Dans les manufac-
tures de tissus, la journée est, en général, de dix
heures de présence à l'usine, avec un quart d'heure de repos dans la matinée, pour le déjeuner, et un quart d'heure dans l’après-midi, pour
le goûter. Dans les effilochages de Dourgne et de Massaguel, dans les ateliers de bonneterie, il en
est à peu près de même. Dans les mégisseries de Graulhet, la journée réglementaire, pour les hommes, est de dix heures avec un quart d’heure de repos le matin et autant le soir, pour le déjeuner et le goûter, c’est-à-dire, en réalité, de neuf heures et demie; et elle est de neuf heures pour les femmes. Les ouvriers de Graulhet sont en grève à l’heure actuelle et leur principale revendication est une diminution d’une demi-heure de la journée de travail.
Dans les délainages,.il n’est pas possible de donner à la journée de travail toujours la même durée ; tout dépend du plus ou moins de temps que les peaux mettent à peler; si, par exemple, les étuves sont presque pleines et que les peaux ne soient pas encore prêtes à peler, on est obligé de ralentir la production ; si, au contraire, les peaux de plusieurs étuves sont prêtes à peler presque en même temps, il faut augmenter la durée de la journée de travail. Il ÿ a quelques années, sous la poussée de ces circonstances, purement indépendantes d’ailleurs de la volonté des patrons, quel-
ques infractions aux lois sur la durée du travail
étaient parfois commises; aujourd’hui, il s’en produit beaucoup moins; la plupart des patrons ont adopté la ligne de conduite suivante : ils prennent un personnel tel, que, en temps normal, il suflise pour assurer la production de l'usine avec des journées de sept à huit heures ; de cette façon, lorsque le travail presse, on n’est obligé ni d’enfreindre les lois sur le travail, ni d’embaucher un nombreux personnel supplémentaire.
On ne travaille pas de nuit dans les mégisseries, les délainages, les ateliers de bonneterie et d’effilochage. Quelques filatures et quelques ateliers de tissage ont une équipe de jour et une de nuit.