C. — DANS LA BONNETERIE
Dans l’industrie de la bonneterie, il n’y a pas
de maladie professionnelle.
D. — DANS LES EFFILOCHAGES.
Lesouvrierset ouvrières des usines d’effilochage, courent, au contraire, des risques assez sérieux, risques fort atténués, d’ailleurs, à la suite des précautions prises par les industriels, sur les injonctions des Inspecteurs du travail.
Le premier danger que courent ces ouvriers
provient des dégagements de vapeurs acides.
Même en quantité minime, les vapeurs d’acide chlorhydrique employées pour l’épaillage ont une influence fâcheuse sur l’organisme. Elles sont fort irritantes et provoquert des troubles respiratoires qui commencent par le simple coryza et peuvent souvent aller jusqu’à la broncho-pneumonie. Quelquefois aussi, elles ont une mauvaise action sur la nutrition générale et provoquent l’amaigrissement des ouvriers.
Aussi le tableau C, annexé au décret du 13 mai 1893, interdit d'employer les enfants, les filles mineures et les femmes dans les ateliers de carbonisage, où se dégagent les vapeurs d’acide chlorhydrique; dans les usines de Dourgne et de Massaguel, ce règlement est parfaitement observé et les ateliers de carbôonisage ne renferment que des hommes. Les précautions les plus minutieuses sont prises pour soustraire ces hommes à l’action des vapeurs acides.
Dans les usines qui carbonisent encore au moyen d’étuves fixes, ces étuves sont placées dans de vastes halls, très aérés ; de larges baies sont disposées au-dessus des portes des étuves, pour que les gaz qui peuventse dégager au moment où on ouvre l’étuve et où on, en retire Île wagonnet chargé de chiffons, soient immédiatement évacués. De plus, les ouvriers ne sont pas
à proximité de la porte, car ils retirent le wagon-
net de l’étuve à l’aide de perches à crochets et le conduisent, pour le décharger, assez loin de l’étuve.
Le carbonisateur Schirp, installé dans deux usines, réalise des conüitions de salubrité parfaites; l’arbre creux du tambour se prolonge par un conduit qui débouche dans la cheminée de l'usine et par où s’échappent toutes les vapeurs acides.
Les poussières que contiennent les chiffons et qui s’en dégagent à la suite des diverses manipulations qu’on leur fait subir, font courir aux ouvriers un double danger: d’abord, ces poussières, surtout lorsqu'il s’agit de chiffons provenant de vêtements ou de couvertures qui ont été en contact avec des malades, peuvent contenir des germes de maladies contagieuses ; et cela n’est pas une simple supposition : il y a une vingtaine d'années, il y a eu à Massaguel une terrible épidémie de variole à la suite de l’effilochage de chiffons provenant d’un hôpital où il y avait des varioleux en traitement. Ensuite l’action mécanique des poussières entraine des altérations de la peau, des troubles digestifs et surtout des affections pulmonaires qui peuvent frayer la voie à la tuberculose.
Le triage et le délissage des chiffons, qui s’effectuent à la main, ne provoquent presque pas de
poussière ; il serait, d’ailleurs, à peu près impos-
sible d'organiser, dans les ateliers de triage et de délissage, une ventilation ayant un effet véritablement utile. Mais dans ces opérations, le simple contact des chiffons peut transmettre les germes des maladies contagieuses, et cela d'autant plus facilement que l’organisme de l’ouvrier qui les exécute sera moins résistant. Aussi un décret du 13 mai 1893 interdit d'employer à ce travail les jeunes filles de moins de 18 ans; une lettre ministérielle du 15 avril 1897, a fait exception à cette règle, pour le triage des chiffons humides, lessivés et dégraissés, c’est-à-dire ne présentant plus de danger de contagion.
Le battage des chiffons carbonisés donne naissance à des poussières, mais dans toutes les usines des dispositifs d'évacuation ont été installés.
L'effilochage ne peut entraîner de contagion, puisque les chiffons ont été désinfectés complètement par l’action de l’acide et de la chaleur de l’étuve; mais s’il se produisait des poussières elles pourraient encore porter atteinte à la santé des ouvriers par leur action mécanique. Dans presque toutes les usines du pays l’effilochage ne produit pas de poussières, parce que tous les chiffons sont effilochés à l’humide. Pour obtenir une laine renaissance de première qualité, il est, en effet, nécessaire de mouiller les chiffons avant de les
soumettre à l’action de l’effilocheuse.
Les chiffons de coton seuls sont effilochés au sec, et dans les deux usines du Tarn où l’on en effiloche des dispositifs d'évacuation de poussiè-
res ont été prévus.