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prouvera qu'il n'en peut être autrement. Nous avons vu une maison qui fabrique tous les jours 40.000 kg. de beurre. C'est à peu près là sans doute aussi la production de quatre ou cinq autres. Or en admettant une production moyenne journalière de 10 litres de lait par vache étant donné qu'il faut plus de 20 litres (24) pour obtenir un kilogramme de beurre, on voit que ces 40.000 kg. représentent plus de 800.000 litres de lait et par conséquent le lait de plus de 80.000 vaches. C'est là plus que la population laitière d’un département ordinaire en France. Il est vrai que les départements normands dépassent ce chiffre dans le recensement des vaches (voir le tableau correspondant). Mais il faut compter avec toutes les vaches qui ne sont point des laitières ; d’autres statistiques nous ont montré qu'il y en a toujours une forte proportion qu'on élève pour l’engraissement. La Normandie ne pouvant suffire à leurs besoins les marchands exportateurs achètent donc beaucoup en Bretagne, et aussi dans les régions de la Loire, dans le centre même et dans le Midi. De par ces achats leur rôle économique devient particulièrement intéressant ; ils deviennent en face de l'étranger comme les courtiers de toute une vaste région de France. Ainsi se trouvent baptisés du nom prestigieux de beurre normand des produits qui y ont bien été fabriqués dans une certaine mesure mais qui, il faut bien l'avouer, ne sont guère autochtones.
Nous verrons plus loin dans notre partie critique ce qu'il faut penser de ce commerce. Nous serons peut-être
sévères pour lui, les formes sous lesquelles il se présente semblant un peu surannées sur bien des points, mais il importe de reconnaître ici hautement les services qu'il a rendus au pays tout entier. Ce sont ces quelques maisons qui de leurs seules forces ont porté notre exportation au
point où elle en est.