‹ L'Industrie Laitière en NormandieChapitre 38 sur 63 · WE · texte numérisé non relu

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quièmes à éteindre le passif, Fautre cinquième sera versé à la caisse de prévoyance.

Cette caisse de prévoyance servira à payer les grosses réparations qu'il y aurait à faire à l'usine, à rembourser la retenue comme il a été dit à l’article 11, s'il y a lieu, ou à tout autre emploi que le bureau décidera d'en faire.

La retenue de un centime par litre sera faite Jusqu'à extinction du passif. Ensuite il ne sera plus retenu que un cinquième de centime pour alimenter la caisse de prévoyance. Cependant si cette retenue était insuffisante, le bureau pourrait l'augmenter, mais ne pourrait jamais la porter à plus de un demi-centime sans l'assentiment de l'assemblée générale.

Art. 15. — Aussitôt que le passif sera éteint, il sera établi un compte de lait fourni par chaque sociétaire el ayant subi une retenue depuis le commencement de l'association. l

Le fonds social appartiendra aux sociétaires dans la proportion du lait fourni par chacun d'eux. Il sera dressé de cette opération un procès-verbal qui sera transcrit sur les registres de la Société et signé par les membres du bureau.

Art. 11. — Le sociétaire qui serait forcé de démissionner pour un cas de force majeure (décès, cessation de culture ou changement de ferme l'éloignant de plus de dix kilomètres de la laiterie) serait remboursé de la

retenue qui lui aurait été faite en vertu de l’article 15

dont il va être parlé, dans un délai fixé par le Conseil d'administration, mais seulement après l'amortissement de l'emprunt.

La somme nécessaire à ce remboursement serait prélevée d’abord sur les droits d'entrée payés par les nouveaux sociétaires et ensuite sur le fonds de prévoyance.

Cette clause de la retenue obligatoire qui permet aux cultivateurs de devenir associés sans rien avancer a été copiée sur certaines laiteries du Nord et a été reproduite par presque toutes les autres coopératives normandes. Un tel procédé y est nécessaire, puisque nulle part les sociétaires n'ont pu fournir eux-mêmes les sommes utiles à la marche de l’entreprise, ce qui est au contraire le cas ordinaire dans les laiteries des Charentes. Le remboursement s'opère ainsi, nous l'avons vu, très normalement à Aullay, malgré le peu d'importance de l'entreprise. Au début il n y avait en eflet que sept sociétaires ; ils sont actuellement au nombre de quarante-cmq. La première année on travaillait 2.500 litres de lait par jour l'été et 1.400 l'hiver ; en 1906 on a traité 4.200 litres en été et 2.500 en hiver. La laiterie possède uns machine à vapeur de 10 chevaux qui sert au chauffage, à la stérilisation des bidons de lait et à la production de l’eau chaude ; le matériel spécial comprend deux écrémeuses Alfa-Laval de 1.400 et 2.000 litres à l'heure : une baratte et un malaxeur Simon ; une machine à glace Douane à alvéoles ; un appareil Jolly pour le lavage des brocs. Le personnel se compose d’un gérant, d’un méca-

nicien, d'une femme pour faire le beurre, d'une autre lemme pour aider à la réception du lait et à l'emballage du beurre et d'un comptable qui vient un jour la semaine.

Les fermiers doivent livrer à la laiterie tout le lait Pruvenant de leurs traites, sauf la quantité nécessaire à leur consommation personnelle ; par le fait même de donner son lait à une autre laiterie, le sociétaire cesserait aussitôt que la preuve de ce fait aurait été rapportée, de faire partie de la Société et perdrait ainsi tous les avantages qu'aurait pu lui procurer son association jusqu'au jour de son exclusion (art. 8).

Il n'y a pas comme dans certaines sociétés de véritables engagements relatifs à la quantité, avec des amendes encourues en cas de manque, mais les conditions de livraison du lait et sa qualité même sont rigoureusement vérifiées d’après les statuts mêmes :

«Art. 35. — Le lait devra être placé dans des vases très propres après avoir été débarrassé de toutes les impuretés provenant de la traite en le passant dans un linge blanc bien propre.

« Art. 36. — Il devra être conservé dans une pièce également propre à l'abri de toute odeur et amené aussitôt que possible à une température assez base 12° en-

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