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qui au début n'étaient que 32 sont actuellement au nombre de 120. La laiterie possède une machine à vapeur de 10 chevaux, trois écrémeuses Alfa-Laval du débit de 2.000 litres chacune à l'heure ; une baratte Simon de 800 litres, un malaxeur, une machine frigorifique et un réfrigérant à crème. Le personnel se compose ainsi : un directeur-gérant, un chaufleur écrémeur, un beurrier, un contrôleur, un camionneur pour faire les expéditions en gare (la gare la plus proche se trouvant à 7 kilomètres). Plusieurs porteurs de lait enfin sont occupés au ramassage.
À la différence de la précédente, en effet, cette laiterie prend le lait à la barrière même de la ferme ou ( au bord d'un chemin pratique pour le porteur ». Il est d’ailleurs alloué un centime par litre au fournisseur qui veut porter lui-même son lait à l'usine. Il y a huit voitures de porteurs appartenant toutes à des cultivateurs membres de la Société, et ils sont rémunérés ainsi : chaque voiture reçoit un minimum de cinq francs par jour jusqu'à 500 litres de lait amenés, et au-dessus de 500 litres un centime par litre, ce aui fait six francs pour 6oo litres, huit francs pour 800, etc. ,
Les clauses destinées à assurer les bonnes conditions de livraison du lait sont à peu près les mêmes qu’à Auflay ; on n'accepte toutelois Le lait des vaches nouvellement vélées qu'au moins 12 Jours après la mise-bas. Et non seulement la pulpe mais encore le colza en vert est interdit formellement dans l'alimentation des vaches
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laitières. Le prélèvement des échantillons de lait s’opère exactement dans les mêmes conditions qu'à Auflay. Le petit lait est rendu également aux sociétaires qui s'en servent pour abreuver les veaux ; on peut l’estimer à la même valeur.
Les sociétaires obtiennent actuellement de leur litre de lait les prix moyens de 0,08 en été et de 0,10 en hiver (1). Ce prix de répartition est inférieur d’un centime environ à celui d'Auffay. Les prix de vente du beurre sont tout à fait comparables. Les halles centrales sont le principal débouché, mais l'été il est vendu beaucoup de beurre au détail dans les villes de bains de mer à proximité, telles que Fécamp, Etretat, Yport, le Hàvre, ete... Voici les prix moyens de vente qui nous ont été communiqués.
Eté à Paris.
Detr-S70-hrut lenKilo:
2 fr. 45 net, e.-à-d. tous frais déduits.
Hiver à Paris.
3 fr. 4o brut le kilo.
3 Îr. 10 net.
Prix moyen.
3 fr. 10 brut le-kilo.
2 fr. 80 net.
1. Pour comparer ce prix à celui donné par la laiterie d’Auffay il faut y ajouter la retenue et la valeur du petit lait, et
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Au détail il y a toujours une majoration de o fr. 20
par kilogramme.
Coopératives de Basse-Normandie. Benoïstville.
Plusieurs sociétés sont actuellement en voie de se fonder en Basse-Normandie ; deux gros marchés de beurre de la région vont ineessamment avoir chacun la leur, Bayeux et Periers. La coopérative de Benoistville dans le canton des Pieux (Manche) existe déjà depuis plus d'un an : elle à commencé à fonctionner le 9 novembre 1909. Dans une région très laitière et où le prix du lait, nous l'avons vu lorsque nous avons parlé de la petite production et des établissements industriels, n’a jamais été si élevé que dans la Seine-Inférieure,elle se trouvait dans d'excellentes conditions qui lui permirent de prendre immédiatement un grand développement.
Le coût de l'installation n’a-été, nous a-t-on dit, que de 60.000 francs qui furent l’objet d’un emprunt et qui sont amortis comme nous l'avons vu dans les précédents établissements. (Tous les membres de la Société seront solidairement obligés au paiement de cet emprunt qui sera remboursable par accomptes dans un délai maximum de cinq ans au moyen des retenues faites aux sociétaires sur le prix du lait mais qui en aucun cas ne pourront excéder 1 centime par litre ». Cette opération s’et-
tenir compte de ce que le prix du transport n’est pas à la charge du fournisseur.
fectue rapidement puisqu'au 15 novembre 1906 on avait déjà remboursé 14.445 fr. 50 depuis le 1° avril 1906 date à partir de laquelle on a commencé à amortir. La situation actuelle se présente comme prospère. Le nombre des adhérents atteint le chiffre de 287 et l’on traite une moyenne de 10.000 litres par jour (seulement 7.000 en octobre 1906 à cause des conditions défavorables de la saison). La laiterie est pourvue du matériel suivant : une roue hydraulique de cinq chevaux, 1 machine à vapeur de dix chevaux, une machine à glace, chambre froide, trois écrémeuses du débit de 1.800 litres à l'heure, une baratte de 8oo litres, un réchauffeur à lait, un réfrigérant à crème, pompes diverses (eau de source abondante). Le personnel comprend un directeur comptable, un contrôleur, un beurrier, un mécanicien. Le lait est apporté à l'usine par 14 laitiers transporteurs rémunérés à raison de 2 centimes et demi le double litre en moyenne. Les mêmes voitures rapportent gratis aux sociétaires le lait écrémé qui leur est rendu et qu'ils emploient à l'élevage des veaux. — Le coût du transport est un peu plus élevé que celui que nous avons vu partout ailleurs. La distance movenne n'est pourtant que de sept kilomètres. Mais la laiterie espère d'ici peu réduire ces frais à un centime le litre.
La moyenne des prix distribués aux sociétaires cette première année n'est pas élevée : elle n'a été que de o fr. 105. Mais il'importe de tenir compte de la difficulté inhérente à des débuts. Somme toute, ce chiffre est déjà
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comparable à celui payé par bien des laiteries coopératives ou industrielles et si la société de Beroistville tent les espérances qu'elle donne nous verrons cette moyenne s'élever. (En octobre 1906 elle payait le litre o fr. 14, plus cher que les établissements particuliers de la même région).
La vente du beurre qui se fait en grande partie aux Halles de Paris donne de bons prix. Les mandataires sont contents de cette marque. On nous a communiqué pour elle le prix moyen de 3,50 le kilogramme, chiffre brut dont il faut naturellement déduire pour la société tous les frais. Nous avons vu que d’autres sociétés estimaient ces frais à 0,30 c. environ.
Laiterie coopérative de la Muance (à Argences. Cantons de Bourguébus et de Troarn. Calvados).
Nous n'avons pu visiter cet établissement, mais d’après les renseignements que nous avons recueilhis, cette société n'a pas encore pu s'établir selon la forme ordinaire : à cause de la difficulté du ramassage, elle se contente de recueillir la crême. Encore le convoyeur ne passait-1l en été dernier que tous les deux jours. C’est là certes une méthode de fabrication du beurre peu recommandable, mais à cause de la bonne qualité des produits, les centriluges étant utilisées par tous les sociétaires, les résultats obtenus étaient tout de même excellents, et
nous avons vu plusieurs de ses clients de Paris qui rece-
vaient chaque semaine leur beurre en colis postal et s'en déelaraient très satisfaits. La société qui au début ne comprenait que 10 membres représentant un troupeau de 120 vaches, en comptait en 1905, 26 représentant
un troupeau de 250 têtes. Le beurre est vendu à Paris
3 fr. à 3 fr. bo le kilog. (x).
Laiterie coopérative des Jermiers d'Isigny.
Cette société mérite par son importance même et la région fameuse où elle est établie de retenir notre atten- Hion. Son organisation est d’ailleurs tout à fait originale. Il y a quelques années il n'y avait encore à Isigny et dans toute la région privilégiée du Bessin que de ces grosses maisons d'exportation dont il est parlé plus haut, et des fermiers fabriquant d'après l'ancienne méthode cet excellent beurre d'Isigny, qui atteignait et atteint encore d'ailleurs à Paris les cours de six et sept francs. Les Normands prétendaient — et ils sont encore tout pénétrés de cette idée — que leur beurre perdrait toute sa saveur, toutes ses qualités, si on voulait le fabriquer d’après les méthodes scientifiques (écrémage centrifuge, elc...), et qu'eux-mêmés perdraient ainsi le bénéfice de ces hauts cours extraordinaires dont 1ls semblent
avoir le monopole. La faillite d’une usine qui à Isigny
4. D'après de tout récents renseignements cette société aurait cessé de fonctionner (avril 1907).
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avait voulu employer les instruments nouveaux n'étonna personne et confirma cette opinion.
C'est alors qu'un industriel très actif et très intelligent de la contrée prit l'initiative hardie de se lancer dans les voies nouvelles, à l'encontre de l'opinion générale. Possédant une grosse maison d'exportation de beurre, la plus importante du Bessin, il ne trans‘orma pas la nature des opérations de cette maison même qui, comme toutes les autres, achète des beurres pour les retravailler et les mettre en boîte, mais il voulut mettre en pratique « à côté » même de son entreprise les méthodes rationnelles de production du beurre et cette organisation des coopératives qu'il avait admirées au Danemark.
C'est ainsi que fut fondée la laiterie coopérative des fermiers d'Isigny. Bien que ses statuts rappellent dans l'ensemble ceux des autres sociétés, ils offrent cependant des différences notables avec ceux-ci. C’est que le directeur qui est l'industriel en question, et qui a tout fait dans la fondation de la coopérative y occupe une situation privilégiée que ces sortes de sociétés ne comportent pas d'ordinaire. Les sociétaires n’ont pas eu à chercher un capital au dehors ; ils n’ont eu ni à emprunter, n1 à construire. L'industriel a tout fourni : locaux et matériel dans les bâtiments de son usine même ou dans de nouvelles constructions annexes qu’il a bâties à ses frais. Ainsi du premier coup la coopérative dispose de moyens puisants ; l’arbre de transmission de l’usine
traversant de part en part les locaux qui y sont aflectés,
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elle peut utiliser toute la force de l’usine même ou seulement une parie. — Pour la fabrication journalière, les frais de production et les frais de vente — tout ce qui rentre dans les frais généraux — il en est de même que pour le capital initial, c'est l'industriel qui prend tout à sa charge. Le rôle des coopérateurs ordinaires se réduit à fournir et à partager. Mais voici la question difficile à résoudre, comment dans le partage va être appréciée et rétribuée la part si importante du directeur ? Les articles XIIE et XIV des statuts fixent ainsi la solution.
(Q Il sera déduit sur le compte des sociétaires, une somme égale à autant de fois 1 centime qu'il y aura de kilos de lait fourni.
« Le produit de cette déduction sera intégralement attribué au directeur de la laiterie coopérative, à titre de rémunération de la vente des beurres et de l'avance de fonds comprenant les frais de personnel, immeubles, matériel et fabrication, qu'il consent à prendre entièrement à sa charge.
« De plus il sera alloué au Directeur une part proportonnelle sur les bénéfices réalisés et établie comme suit:
0 % sur le surplus de 13 centimes par kilog. de lait.
25 % sur le surplus de 13 centimes, lorsque la répartition donnera 14 centimes.
30 % sur le surplus de 13 centimes, lorsque la répartüition atteindra 15 centimes et au delà ».
Il faut reconnaître que ces clauses n'ont guère le ca-
ractère coopératif. Il est tout naturel que les sociétaires
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ne pouvant constituer d'eux-mêmes le capital de fondation aient recours à un emprunt dont 1ls sont tous solidairement responsables, et les coopératives normandes ne sont pas les seules à être dans ce cas. Mais 1l ne doit être alloué au bailleur de fonds qu un intérêt fixe et non un dividende. Or il s’agit bien 1c1 d'un véritable dividende, d'une participation aux. bénéfices du capitaliste qui a avancé de l'argent. Dans la mesure où elle admet cet élément la société s'éloigne de la forme coopérative pour se rapprocher de la forme capitaliste ordinaire.
I se peut très bien qu'en fait la rétribution donnée ainsi au directeur bailleur de fonds soit loin d'être exagérée, elle est peut-être insuffisante. Mais il y a là une question de principe. Dans une coopérative le capitaliste simple obligataire doit recevoir un intérêt fixe et être écarté de la direction de l’entreprise. Au contraire 1c1 il est directeur, et plus les bénéfices seront grands plus sa part augmentera. Comme elle représente le chapitre du budget qu'on appelle d'ordinaire « amortissement du capitalset frais généraux » c’est plutôt l'inverse qui devrait se produire. Dans les coopératives normales la retenue pour le remboursement de l'emprunt initial disparaît au bout de quelque temps et les frais généraux diminuent à mesure que les affaires prospèrent.
Cette réserve faite sur le litre même de la société des fermiers d'Isigny qui pourrait faire croire à l'existence d’une vraie coopérative, cette société nous apparaît
merveilleusement organisée, aussi bien que les meil-
leures coopératives des Charentes. Comme dans les sociétés ordinaires toutes les garanties semblent données aux membres pour la bonne gestion de l'affaire, et des moyens de contrôle sont à leur disposition pour sauvegarder leurs droits, le cas échéant.
Dans le conseil d'administration entrent de droit six membres — professeurs d'agriculture, présidents de sociétés locales, directeur et sous-directeur de l'usine — que leurs fonctions mêmes désignent pour une telle place. Les sept autres membres sont élus en assemblée générale et choisis exclusivement parmi les sociétaires. Îls sont nommés pour un an et rééligibles. Le conseil « gère les aflaires de la société aux points de vue de son fonctionnement général, de la vente des produits, du paiement des sociétaires, de l'admission et de l'exclusion de ceux-ci, etc... ». En fait c'est le bureau qui gouverne ; il est composé 1° des membres de droit du conseil d'administration, d'un président, de deux vice-présidents (dont le directeur vice-président de droit), d’un secrétaire et d’un secrétaire-adjoint (1).
4. Les droits et les obligations du directeur et ses relations avec le Conseil ont fait l’objet d’articles spéciaux annexés aux statuts. Î
« Art. 1. — Le directeur a la responsabilité du personnel, des locaux et du matériel de la laiterie, de la marche de la fabrication et du commerce. Il ne recevra de remarques que du Conseil d'administration.
« Art: 4 — Le directeur a le droit de diriger la fabrication comme il l'entend, sous réserve de l'avertissement préalable