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CONSIDÉRATIONS HISTORIQUES

L’étude des premiers pas de l'industrie en France peut fournir matière à des recherches historiques d’un intérêt réel ; mais elles n’entrent pas toutes dans notre cadre. Comment l’industrie s’est-elle développée au sein des libertés croissantes du tiers-état ? Comment at-elle contribué à ces libertés en fournissant aux serfs et vilains les moyens de payer les priviléges vendus par les nobles et princes, exceptions d’abord inaperçues dans la constitution ‘et la hiérarchie féodale, et, plus tard, instrumens puissans de destruction contre ce grand et sombre édifice du-moyen-âge ? Comment les Croisades ont-elles contribué à ce mouvement ? Comment le pouvoir royal? Vastes et utiles recherches pour le philosophe et l'historien qui veulent se rendre compte de la vie réelle des peuples, et doivent la chercher autant dans les progrès du travail que dans l’étude des mœurs, des gouvernemens, des religions.

Notre intention ne peut être ni de remonter si haut, ni de fouiller si avant. Si l’on en excepte la question des jurandes et mattrises, le mouvement industriel en France ne commence à présenter un intérêt autre que celui des spéculations historiques, qu’à dater du moment où s’est opérée notre régénération sociale. Beaucoup de choses chez nous, et des plus importantes, datent de 89; on peut, sans erreur, dire que l'industrie est du nombre,

C’est donc à dater de cette époque que nous voulons suivre et constater nos progrès industriels, Cependant l’histoire de l’industrie fran-

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çaise ne saurait, sans ingratitude, oublier de saluer au moins d’un souvenir la mémoire de quelques hommes qui, avant la grande époque de son développement, l’ont aimée, l’ont comprise, et ont fait tous leurs efforts pour hâter son avène-

ment. Arrêtons-nous y donc quelques instans.

Nous viendrons ensuite à la question des corporations , dites jurandes et maitrises, associa-

“tions imagitéés d’abord comme moyen de résistance contre les seigneurs, et qui, utiles pour combattre leur oppression, devinrent oppressives à leur tour quand l’ennemi fut vaincu.

Institutions étranges, que la génération actuelle ne connaît guère que de nom, qu’elle range par tradition au rang «les vieilles et absurdes coutumes, à jamais renversées par le mouvement révolutionnaire, et dont le rétablissement était cependant agité officiellement dans les conseils de la Restauration.

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