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EXPOSITION DE 1934. — ORFEVRERIE, PLAQUÉ

fois. Il est remarquable que ce sont toujours de grands artistes qui l’ont restituée. Benvenuto Cellini raconte, dans ses œuvres imprimées à Milan en 1811, comment, en 1515, cette branche de son art était presque complètement ignorée à Florence, et décrit tous les efforts par lesquels il est parvenu à restituer ce genre où l'avait précédé Finiguerra.

L’orfévrerie nicllee a reparu en France depuis quelques années. Les nielles exposées par MM. Mention et Wagner sont d’une perfection achevée. Ce produit à paru être cette année l’objet d’une attention très-sérieuse de Ja part de beaucoup d’industriels qui pressentent les nombreuses applications dont elle peut devenir l’objet. Cette pensée nous a paru surtout occuper nos principaux fabricans de bronze.

L'industrie du plaqué prend un grand développement depuis quelques années. MM. Hardelet, Parquin et Pauwels, et Veyrat, ont exposé des produits où le bon goût s’alliait à une excellente fabrication. M. Hardelet a été particulièremeut remarqué pour lélégante simplicité de ses formes (PL. XI— 6, 7,8, 9, 10, 11). On ne saurait micux remplir les conditions de ce genre d’orfévrerie.

Les fabriques de MM. Gandais et Balaine ne sont pas déchues de leur réputation pour lhabileté et Le fini du travail. Nous n’en saurions dire autant de leurs formes. Ce sont généralement des imitations de ce que l’orfévrerie de lAngleterre a de plus lourd et de plus disgracieusement chargé.

L'industrie du plaqué se trouve dans une position singulière et qu’il estutile ici d'expliquer. Pour nous bien faire comprendre, nous sommes obligé d’entrer dans quelques détails sur la manière dont s’opère le placage de Pargent sur le cuivre.

Le plaqueur prend une plaque de cuivre rouge, généralement de la fabrique de MM. StephanetOswald, pesant environ dix kil. et ayant à peu près deux centimètres d'épaisseur. Il en gratte la surface qui doit recevoir l'argent, fait ensuite passer son cuivre sous le laminoir, de manière à en doubler la surface, et le gratte de nouveau, pour en ôter toute inégalité et tout corps étranger. Puis, on prend un lingot d’argent d’un poids calculé d’après le titre auquel on veut plaquer. Si le titre doit être du vingtième, le poids du cuivre étant de dix kil., on prend un lingot d’un demi-kil., et on le lamune, de manière à lui donner une surface égale à celle du cuivre, avec un petitexcédant pour déborder

la plaque de cuivre d’une quantité égale à son

épaisseur, plus une ligne.

On passe alors sur la surface de la plaque de cuivre une forte dissolution de nitrate d'argent, ce que les ouvriers appellent amorcer; puis on pose les deux plaques l’une sur lautre; ou rabat au-marteau les rebords de la plaque d'argent autour de celle de cuivre; on les fait chauffer jusqu’au rouge-brun, et on les passe au laminoir. Dans cette opération, les deux métaux s’étendent également, et à quelque épaisseur qu’on les réduise, ils conservent le même rapport d’épaisseur et le même titre. Si l’on a commencé un vingtième, le laminoir conserve la proportion du vingtième.

Maintenant supposons deux plaques de cuivre d’un poids égal de 10 kil., et qu’on plaque: rait l’une avec un demi-kil. d'argent, c’est-àdire au vingtième, l’autre avec un quart de kil,, c’est-à-dire au quarantième. Supposons qu’au laminoir on donne à la première une étendue double de la seconde. Elles resteront toujours, l’une plaquée au vingtième, l’autre au quaranüème, et cependant lPépaisseur d'argent sera égale sur toutes deux, et de plus, l'épaisseur du cuivre de la planche plaquée au plus haut titre ne sera que la moitié de celle de la planche plaquée à un titre de moitié inférieur. Ainsi, avec ce plaqué au vingtième, on aura des objets beaucoup moins solides, et n'ayant pas plus d’épaisseur d'argent que les objets confectionnés avec le plaqué au quarantième.

Eh bien! aujourd'hui, le public ignorant que le titre du plaqué ne signifie rien quand il n’est pas mis en rapport avec l’épaisseur du cuivre, se contente du poincon des vérificateurs indiquant ce titre, et qui, comme on voit, ne lui offre aucune garantie. Les objets plaqués et vendus au titre du dixième n’ont généralement pas une épaisseur d'argent plus forte que des objets plaqués au cinquantième et même plus haut, et auxquels on a conservé l’épaisseur de cuivre nécessaire pour assurer leur solidité.

Lorsque le consommateur exige du plaqué au dixième, sans consentir, ce qui est général, à y mettre le prix suffisant, il peut être assuré que les pièces qui lui sont vendues manquent de s0lidité. Du bon plaqué au dixième serait réelle: ment trop coûteux, et l’on préfererait l’orfévrerie en argent. Mais il est reconnu que du bon plaqué au quarantième et au cinquantième offre toute l’épaisseur d’argent nécessaire pour une très-longue durée. Lorsque on peut compter sur la probité du fabricant auquel on s'adresse, le mieux est de s’en rapporter à lui sur le utre.

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