‹ L'industrieChapitre 51 sur 74 · TT · texte numérisé non relu

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tentative de M. Pons, sur le mérite de Jaquelle nous n’avons pas l'intention d’élever le: mcindre doute, a donc, outre ses autres avantages, celui de hâter le moment où le public pourra trouver sécurité dans ses achats. M. Pons a exposé aussi une belle pendule de cabinet à demisecondes aéchappement libreet aforce constante; nous nous bornerons à Penregistrer purement et simplement , pressés que nous sommes par l’espace ; mais noùs ne pouvons nous dispenser de signaler son chroromètre, résultat des per- PAS obtenus dans l'horlogerie de com.

Inerce.

Souvent nous avons songé à la possibilité d'obtenir à peu de frais de l'horlogerie de qualité supérieure, et s’il faut dire notre pensée intime, nous avons toujours cru qu'à M. Pons était réservé l’accomplissement de ce progrès. La vérité n’est pas toujours agréable à entendre, elle est toujours bonne à dire; nous la dirons donc et à tout le monde.

Les ouvriers et les fabricans qui travaillent pour le commerce sont en général trop peu soucieux de leur art et l’exercent sans goût comme sans plaisir ; ils comptent trop les coups de lime et de marteau, sacrifient l’avenir au présent, et s’inquiètent moins de bien faire que de faire beaucoup; les horlogers de haut étage, ceux qui se livrent aux travaux de précision, sont trop rouliniers , passent trop de temps à des bagatelles , semblent ignorer la valeur du temps, se complaisent un peu trop dans leurs vicilles habitudes, négligent d’acquérir les moyens de travailler avec célérité, tout en travaillant bien; é/s ne complent pas assez les coups de lime et de marteau. Entre un mouvement de 40 fr. pour le commerce et un chronomètre de 2,000 fr., véritablement il y a trop de disproportion: M. Pons nous paraît destiné à rapprocher les distances où à prendre position entre elles. Élève de Lepaute, il a pu puiser à cette école les principes les plus élevés de lart chronométrique; et, depuis trente ans habitué au mouvement d’une fabricaon considérable, il a dû acquérir Pactivité, le sentiment de l'importance de la division du travail et d’un bon emploi des forces, qui manquent à ceux dont il se déclare aujourd’hui le rival et Pémule. A la veille d’un mouvement commercial et industriel colossal en Europe, mouvement qui doit couvrir les mers comme d’une forêt de mâts.et de voiles , un chronomètre est presque aussi rare en France qu’au temps de Bougainville, de La Pérouse ou de Cook. Cet état de choses ne saurait durer bien: long-temps, et, s’il a subsisté jusqu'ici, nons ne craignons pas de le

dire, Cest aux horlogers de précision que la faute peut en être attribuée.

L'Exposition de 1834 nous a donné une certitude , c’est que l'horlogerie est à la veille de prendre une direction nouvelle qui doit la relever de son état de matasme, Les modèles d’après l'antique, les bonshommes et les bonnesfemmes de bronze doré (‘qu’on nous passe cette expression) sont :demeurés dans les magasins du boulevard: MM.:Bzonpeau, BréGuer, Brocor, Paul Garnier, Jacor, Jacquet, LAURENT, Henri LepauTe, Marmieu, Henri Rosrrtr, ont exposé de l'horlogerie superbe quant à l'exécution, et encadrée sévèrement et simplement ; le public , en voyant ces pièces, sans pouvoir en apprécier exactement le mérite, sentait parfaitement qu’elles devaient être fidèles et qu'il pouvait compter sur léur exactitude; ce genre de travail,

qui tient le milieu entre l'horlogerie de précision |

et celle de pacotille , tend à dominer aussitôt que par une suite de perfectionnemens successifs les fabricans de mouvemens de Sait-Nicolas etceux de la Franche-Comté, MM. Japy et Vincenti, auront consenti à élever à cette hauteur les produits de leurs ateliers. La continuation de leur existence est à ce prix ; depuis 1820, on a fait énormement de pendules; elles sont, pour la plupart, demeurées sans utilité; la moitié au moius des mouvemens a dû être mise à l'écart, et dans vingt ans'l n’en restera peut-être pas la centième partie. Ilest impossible qu’un tel état de choses subsiste encore long-temps. C’est anx hommes éclairés. à préparer par des mesures sages une rénovation devenueindispensable, qui peut avoir les résultats les plus heureux, si Pon agit de manière à conserver les élémens de travail'existans, et qui ne serait qu’un elfroyable malheur, si elle ne devait avoir lieu qu'après leur complet anéantissement.

L'école de Mâcon formait à l'Exposition une exception au milieu de l'horlogerie dont nous venons de parler. Pour apprécier convenablement ses produits et leur importance, il faut se rappeler que la perfection dans ce travail difficile ne s'obtient qu'après un très-long apprentissage, et ne peut appartenir ainsi qu’à des hommes d’un certain âge. Les mouvemens de montre exposés par l’école de Mâcon portent un cachet qui les ferait reconnaître pour œuvre d'élèves, lors même qu’on n’aurait pas pris soin d’en indiquer la source; mais dés élèves qui exécutent des objets pareils dans un âge aussi peu avancé et après un apprentissage aussi court, doivent nécessairement devenir d’habiles praticiens et d’habiles professeurs,

L'école d'Angers expose une horloge de clocher à remon'oire à force constante. À part quelques légères imperfections de peu d’importance, c’est un travail capital et qui mérite d’être loué sans restriction; on ne peut lui reprocher qu’un peu trop de luxe. Nous ignorons si cette pièce a été commandée ou si elle attend un ac: quéreur ; dans ce dernier cas , nous craindrions qu’elle restät au compte des entrepreneurs, tant à cause de son prix qui doit être assez élevé, qu’à raison de la difficulté de la placer en lieu convenable par suite de son excessive grandeur.. L’école d'Angers paraît appelée, non-seulement à former des ouvriers et des mécaniciens de première force, mais encore à se créer centre de fabrication pour les machines et les horloges de clocher. Nous sommes en France excessivement pauvres en ce genre; l plupart de nos communes sont privées d’horloges ou n’en ont que de très-vicieuses.

M. Wagner a exposé plusieurs horloges; l’une d'elles est mieux travaillée que celle dont nous venons de parler. Nous l’avions examinée avec plaisir et nous étions près de décider en sa faveur, lorsque nous nous sommes aperçus que les lanternes à fuseaux mobiles, qu’on emploie d'ordinaire et: avec raison dans les horloges d’une certaine force, étaient dans celle-ci remplacées par des pignons. Nous avons vainement cherché le motif raisonnable d’une telle innovation dans une horloge, dont la sonneriene peut guère être conduite par un poids de moins de 200 livres. Si une pièce de cette dimension pouvait être toujours placée-dans un cabinet parfaitement ferîné ; hors d’atteinte des influences da temps, de la poussière et des autres causes qui, jointes à des frottemens très- puissans ; détériorent les métaux, si les roues d’une horloge ainsi placée étaient en laiton éprouvé, bien purgé de tout élément destructif de l'acier qu’il doit conduire en agissant sur lui immédiatement, et nor en fonte, on concevrait à peine l'emploi des pignons; à plus forte raison doit-on léviter lorsque ces motifs accumulés se réunissent pour le proscrire.

M. Henri Lepaute a aussi exposé une horloge d’un modèle qui se rapproche un peu des formes “anciennes : ce n’est pas un vice ni même matière à critiques ; elle occupe peu de place et doit produire sur un timbre des effets très-puissans ; elle doit également pouvoir diriger des conducteurs et des aiguilles très-pesans, car la force y est bien employée. L’échappement à chevilles n’a point de remontoire à force constante, et peut très-facilement s’en passer. L’horloge de

M. Henri Lepaute est sévère-et pour ainsi dire monumentale. Nous sommes fâchés d’avoir à critiquer la suspension du pendule qui nous a singylièrement blessé la vue. Le pendule, dont la lentille est d’une dimension considérable, et doit peser plus d’un quintal, tenu par une simple lame, a quelque chose de choquant pour l'œil et le raisonnement. Soit que dans le transport la lame unique de la suspension ait été tordue,, soit que cette torsion ait été opérée en accrochant le pendule, soit enfin que le poids de la lentille opérât sur la lame une distorsion qui contrariait la marche du pendule, celui-ci se tordait dans sa course , de manière à causer des variations dans la mesure du tenips. Ce pendule valsait ( pour employer le terme technique); cet inconvénient eût été évité en employant la suspension à double lame qui figure dans l'immense majorité des horloges de grande dimension; elle ést aussi simple que celle à une lame, et offre plus de garanties de régularité.

MM. Lepaute et Wagner ne s’offenseront pas de notre sévérité; il y'a des hommes qui, par leur ancienne et juste réputation, sont regardés comme les gardiens et les dépositaires des bonnes traditions du travail; ceux-là, on ne doit rien leur passer; ils ne doivent rien se passer à eux-mêmes.

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