PIE IX, PAPE
Plus pp. IX.
Venerabilis Fraler , salulem el aposlolicam benedictionem.
Gralulamur libi , Venerabilis Fraler , quod sicut alias sic in nupero opère tuo : De infaU libilitate et Concilia gênerait^ luculenler oslenderis , ila rectani ralionem sufFragari calholica^ fidei , ut non modo pii , sed el îpsi rationalistae absuida fateri coganlur commenla quœ ab ipsa dissenliunt. Summopere vero ddeclati suinus perspicuitate-, qua principia a :e prolala expHcasti , argumentis , quibus ea asseruisli, sagacitate et erudilione, qua disjecisti cavillationes adversas. Qua de re gralias tibi agimus de oblato nobis volumine ; quod certe pi'œjudicalis opinionibus discutiendis non parum profuturum esse confidimus. Intérim vero divini favoris auspicem et praecipuse nostrae benevolentiie pignus apostolicam benedictionem tibi totiquediœcesi tuse peramanter impertimus.
Datum Romae apud S. Pelrum, die 26 junii 1869, pontificatus nostri anno xxiv.
Plus PP. IX.
Le prochain Concile n est pas seulement Tobjet des espérances de l'Ejjlise ; il Test aussi des préoccupations du monde. A la g;rande surprime des théoriciens du positivisme et de la foule des matérialistes pratiques , les questions religieuses reprennent leur rang, c'est-à-dire le premier, dans la pensée publique. Les princes et les diplomates ont les yeux sur Home. Les hommes d'Etat, de. robe et dVpée, les hommes de la tribune et de Fa presse surtout . inclinent à faire de la théologie , et grâce aux journaux de toutes les nuances , cette théologie quelque
1 L^INFAILLIBILITK
peu nouvelle et souvent étrange , arrive à tous les degrés de Téchelle sociale. Partout on parle du Concile et de ce qu'il va faire. Mais pendant que Tépiscopal catholique s'applique principalement à 1 étude des questions disciplinaires, parce que la discipline n'est pas immuable , et qu'elle s'harmonise toujours avec les situations changeantes des sociétés et les nécessités variables des temps, le n<onde, lui , s'inquiète avant tout des questions dogmatiques ou doctrinales. Habitué qu'il est d'entendre tout révoquer en doute , et de rencontrer des gens toujours prêts k faire la vérité ou à la refaire , il s'imagine que les Pères du Concile n'auront pas moin$ d'audace , et que l'Eglise se dispose à de nouvelles révélations ! Mais parmi les révélations qu'il attend , il en est une qui pique singulièrement sa curiosité : que va décider le Concile sur l'infaillibilité du Pape ?
Le ton sur lequel on pose cette question , même au sein des assemblées législatives , et la façon dont on la conçoit, prouve chez les gens du monde , et surtout chez les écrivains de la presse périodique, une remarquable ignorance des choses dont ifs parlent. Je crois donc qu'en publiant à leur usage, et sur le point qui semble les intéresser le plus , cette étude
ET LE CONCILE GENERAL. i f
vraimenl élémentaire , je ne ferai pas chose inutile.
Je dois toutefois les prévenir ici que ce que je vais établir sur Tinfaillibilité ne regarde qu'indirectement les incrédules. C'est aux chrétiens que je m'adresse. Mais ce que j'écris pour ceux-ci fera du moins connaître aux autres une chose qu'ils ont besoin de savoir ; qf$.e le Concile général, s'il définit Tiilfaillibilité du Saint-Siège en matière de foi , ne révélera pas une vérité nouvelle , n inventera pas un nouveau clogrne , mais définira dogmatiquement une croyance aussi ancienne et aussi catholique que F Eglise elle-même.
Cependant, si la thèse dont je prendsla défense n'est pasdiiectemeul à l'adresse des incrédules, j'aurai soin de l'interrompre quelquefois à leur intention , et de m'arréter en chemin pour leur parler de ce qui lés regarde. Avant même de me mettre en route , j'aurai déjà quelque chose à leur dire sur ime sorte d'infaillibilité qui leur appartient, et dont ils ont aujourd'hui trop envie de se défaille. Je terminerai celte étude en mon** trantà tous que le Concile aura d'autres questions à résoudre que celle de l'infaillibililé , que ces questions de notre temps sont plus graves encore que celles du X Vl* siècle, et que, si la réponse du
42 l.'lNFAIïXlBIlJTÉ I:T LI: CONCllJi GÉNÉRAL.
Concile de Treille aux erreurs du protestantisme
fut pleine de lumière et de grandeur, la répoii^e
du Concile de Rome aux négations radicales de
Tapostasie qui se déclare, sera plus grande et plus lumineuse encore.