CHAPITRE I
riNFAILLIBILITE NATURELLE
ou LA CERTITUDE.
L'Infaillibilité de TEglise enseignante, dans la conservation du dépôt de la foi , n'est pas la seule qui soit méconnue de nos jours, et dont le Concile devra prendre la défense. L'infaillibilité surnaturelle qui garde fidèlement au monde, selon les promesses de Jésus-Christ, la vérité divinement révélée , présuppose l'infaillibilité naturelle ou Tautorité certaine de la raison dans les choses de sa compétence (1). Chez l'homme qui jouit de l'usage de la raison, l'ignorance invincible et le doute légitimé n'existent pas sur les premiers principes. L^absence d'éducation laisse^
(1) Quando certitude adest in summo gradu , tune adest quoque infallibilitas quidam, quia optîme dîcitur testimonium sensuum aut homînum in summo gradu fallere non posse, (Liebermann, Dem. Catli P. II, c. i. n. 008.)
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. il est vrai, la raison dans un demi sommeil , et réducation , quand elle est faussée , trouble la raison et la conscience ; mais il n'en est pas moins vrai que la raison , dès que son attention est éveillée, adhère infailliblement, ou avec une pleine certitude, au simple énoncé des premiers principes de la raison elle-même et de la conscience. Ceux qui s'occupent de Tenfance vérifient tous les jours cette adhésion certaine ou infaillible , non-seulement aux premiers principes , mais à leurs conséquences évidentes et nécessaires.
C'est à l'infaillibilité naturelle de la raison que l'on donne le nom de sens commun, parce que le bon sens est commun à tous les hommes. M. de Lamennais n'a fait que retourner cette vérité* si simple , quand abusé par un secret orgueil , il prétendit fonder une philosophie nouvelle sur le sens commun pris à rebours , comme si le bon sens n'était bon que parce qu'il est commun, tandis qu'il n'est commun que parce qu'il est bon, au conforme à la nature. Qui ne se rappelle les vains efforts du malheureux auteur de V Essai sur V indifférence ^ pour contester à la raison la certitude qui lui est propre, pour la pousser au dt)ute universel, et pour la réduire à meadier la certitude tout entière aii témoignage extérieur.
ou LA CEATITCOC. 15
au lëiîfîoignage du sens commun, du genre humain , de la raison générale? Evidemment celle prétendue philosophie du sens commun n'avait qu'un tort , celui de résister au sens commun lui-même. Certes , nous confondons par le témoignage de nos semblables, ou du sens commun , les esprits égarés qui résistent au bon sens , mais il n'en est pas moins vrai que ce sens n'est commun ou n'appartient à tout le monde , que parce qu'il est le bien propre de chacun de nous.
Eh bien ! c'est la certitude ou Tinfaillibilité naturelle de la raison qui est misérablement niée aujourd'hui dans son domaine principal , dans la sphère de Tordre moral. L'ordre moral comprend l'ensemble des devoirs de l'homme à l'égard de Dieu , à l'égard de son prochain et de lui-même , c'est-à-dire la pleine et triple justice, et c'est cette triple justice que l'on remet en question de nos jours au nom d'une morale nouvelle , ou plutôt d'une morale toujours nouvelle y le progrès défendant à la vérité d'hier de demeurer la vérité de demain* , et la liberté de penser ne pouvant admettre de limite. Comme si le progrès pouvait être autre chose que le développement dans l'unité , que le mouvement dans une direction,
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que la inarche dans une voie tracée à la lumière des principes ; et comme si la liberté de penser, conçue en dehors de toute limite, n'était pas la même chose que la liberté conçue en dehors de toule loi, c'est-à-dire , que Taveugle licence, que la négation manifeste de la raison ellemême* Aussi , cette négation de Torgueil en délire a-t-elle reçu sa formule dans la théorie hégélienne de Videntité des contradictoires , théorie qui a donné naissance à la sophistique moderne. La Concile , sans aucun doute , arrachera le masque à cette science du mensonge , falsi nominis scientiœ (1), à cette ennemie déclarée de la raison , tout autant que de la foi.
La liberté de penser, prise dans son^ens litté* rai , est aussi vieille que Thomme. Nous avons tous et toujours été très-libres de penser bien ou mal , et nous le serons toujours ; mais la liberté de penser à laquelle on prétend à cette heure , est autre chose : c'est la revendication d'un droit nouveau , du droit de n avoir jamais que des opinions. L'opinion impliquant le doute, la liberté de penser , telle qu'on l'entend , ou' du moins telle quon la veut ^ n'est que la nép^ation de la science , la négation de l'autorité
(l) I. Tim. VI, 20.
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du bon sens y la négation de la certitude ou de rinlaillibilité naturelle. La revendication du droit de n'avoir jamais que des opinions , c'est la revendication du droit de ne rencontrer ja^ mais de vérité qui oblige , parce qu'on ne veut pas de loi pour la pensée y parce que Ton ne veut pas de vérité maîtresse , mais qu*on veut , au contraire , en rester toujours le maître : le maître de la vérité, pour la faire comme on la désire y et pour la défaire et la refaire à son gré ! En un mot , l'on veut usurper en le falsifiant le droit de Celui qui seul ait jamais pu dire : Je suis la vérité ; je suis , et je ne change pas. 11 est en effet, par lui-même^ tandis q^% ^ par nous-mêmes ^ nous ne sommes pas.
Il est vrai que les libres penseurs ne se rendent pas toujours compte de Tabsurde liberté qu'ils veulent, et qu'ils ne prétendent pas à cette liberté dans toutes les sphères de la vérité naturelle , mais ils y prétendent formellement dans la sphère de l'ordre moral ou de la justice, surtout à l'égard de Dieu , c'est-à-dire dans la sphère religieuse où ils veulent absolument que tout soit incertain (1). Je dis qu'ils le veu-
(1) Nous avons dit ailleurs que la négation de la certitude en matière de religion est la grande erreur de notre temps ,
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lent , car c'est le cœur chez eux qui trouble la tête , Dieu leur apparaissant comme souverainement gênant pour rinclépendance qu'ils rêvent.
Us rêvent l'impossible : Meditati siint inania. Le bon sens , le sens commun qui les presse au dedans et au dehors , ne leur permettra jamais de méconnaître , en tranquillité de conscience , la certitude où arrive la raison dans l'ordre moral comme dans les autres ordres , et da'ns l'ordre moral à l'égard de Dieu , c'est-à-dire en matière de religion , aussi bien et plus que partout ailleurs.
Non, le bon sens ne le leur permettra jamais, car c'est surtout en matière dé religion que la raison ne peut admettre l'incertitude. La raison n'est- elle pa$ la faculté supérieure qui défend à l'homme d'agir sans savoir pourquoi ?
l'erreur-mère de la plupart de celles qui .trompent aujourd'hui les hommes. On pourrait l'appeler aussi 1 épidémie dont sont atteints de nos jours un« foule d'esprits manifestement malades, Si Ton exigeait de TAcadémie des sciences qu'elle proclamât en faveur de toutes les théories , même les plus absurdes , le droit égal d'être enseignées dans les établissements publics, on. la ferait sourire de pitié. La tolérance suffit, à la sottise. £t l'on discute sérieusement s'il faut accorder , en pleine civilisation chrétienne , les mêmes droits au paganisme , au boudhisme , au mahométisme , qu'à la religion chrétienne elle-même ! La tolérance ne suffit-elle pas à la corruption ?
ou L.4 CEETITUDE. 19
Comment donc lui permettrait-elle de vivre sans savoir pourquoi ? C'est cependant ce qui aurait lieu si Thomme était privé de certitude en matière de religion, puisque la religion n^esl autre chose que la science de la fin dernière ou du pourquoi de la vie. La raison ne peut donc admettre ici d^incertitude sans se renier elle^^ même.
Mais comment arrive-t-elle ici à la certitude ? Voyez comment «elle y arrive dans les autres sphères , et vous verrez comment elle y arrive dans celle-ci :
Comment la raison parvient-elle à connaître avec certitude les choses de Tordre sensible ?
Par le témoignage éprouvé des sens.
Comment parvient-elle à connaître avec certitude les choses du monde intérieur, de ce monde que nous portons en nous-mêmes ?
Par le témoignage éprouvé de la conscience.
Comment parvient-elle a connaître avec certitude les choses du monde intellectuel ?
Par le témoignage ou plutôt par Téclat éprouvé de révidence.
Demandez à Thomme raisonnable s'il peut y avoir des effets sans causes, si une œuvre magnifique et compliquée ne suppose pas un ouvrier ? Demandez-lui si Tunité ou Tharmonie des cieux
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ue révèle pas une inlelligence suprême ? Et partout el toujours vous vérifierez ce motduPsalmiste : Les hommes de toute langue et de toute nation entendent le langage des deux. — Demandez à la raison si nous ne vivons que pour mourir, el si tout finit au cimetière ; demandez-lui si le crime caché et la vertu méconnue seront éternellement enfouis dans la même fosse ; de* mandez'lui si le remords de la conscience, cette attente profonde de la justice de Dieu , n'est qu'un rêve, et la raison vous montrera toutes les générations humaines agenouillées aux pieds des tombeaux, parce que la justice est au delà.
Riais comment la raison parvient-elle à connaître avec certitude les choses qui se passent au loin, au loin dans le monde, ou au loin dans le temps?
Par le témoignage des hommes , et par le témoignage irrécusable de Thistoire. C'est ainsi que nous ne sommes pas moins certains de Texistence actuelle de Pékin ou de Calcutta que ne le sont ceux qui ont visité ces villes, et que nous n'avons" pas moins de certitude de l'existence passée de Ninive et de Babylone, que de l'existence présente de Paris ou de Constantinôple.
Enfin, comment la raison parvient-elle à la certitude sur les choses de la fin même de l'homme,
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sur le but de la vie, sur la justice attendue par toutes les consciences, sur Tobjet encore invisible de Tespérance qui descend avec nous dans la tombe , sur les mystères de Tëternel avenir ?
Comment y arriverait-elle sinon par le témoignage de Dieu ? Ne faut-il pas habiter réternilé pour nous en parler de science certaine?
Oui , la raison qui s'assure des choses de ce monde par les témoins du lemps, veut être assurée des choses de Tautre monde par le témoin de l'éternité.
Elle le veut, elle dit pourquoi, et elle le dit de la même manière par la bouche du simple peuple et par l'organe des premiers génies de tous^ les siècles.
Que dit ici le simple peuple ?
Il faut venir de Vautre inonde pour nous dire ce qui s'y passe.
Et que disent sur le même sujet les premiers génies de tous les siècles?
Ils disent avec Plalon : Il faut que la Divinité nous en instruise (1).
Zoroastre, Confucius, Socrate , Aristote , Cicéron , Sénèque , pour ne ciler que les maîtres de rOrient, de la Grèce et de Rome, s'expriment ici comme la Bible , comme la Loi , comme les Pro-
(1) Alcib. //.
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phèies f comme TEvangile , et ils appuient to«tô la certitude religieuse sur la parole divine transmise de génération en génération. Nous avons ailleurs cité leurs paroles (1), et nous ne les répéterons pas icif mais nous constaterons de nouveau ce fait immense : que sur Dieu et les choses divines , la raison humaine , dans son état réel, posilif , permanent et universel , veut entendre Dieu (2) ; qu'elle demande ici le témoignage de Dieu pour y adhérer par la foi ; et que la foi , malgré ses altérations accidentelles, n'en demeure pas moins un fait immuable comme la raison elle-même.
Nous n'ignorons pas que les libres penseurs appellent foi l'adhésion qu'ils donnent à leurs propres idées sur Dieu et les choses divines ; Hiais comment ces adorateurs de l'esprit humain ne s'aperçoivent-ils pas qu'en définissant ainsi la foî, ils outragent leur propre idole? D'un côté, ils font avec enthousiasme l'apothéose de l'humanité ; de l'autre, ils renient la pensée de tous les siècles de Thumanilé ! Qu'ils cherchent un siècle , qu'ils cherchent un peuple où les conceptions humaines aient jamais été confon-
(1) JLa certitude en matière de Religion, Chap. II.
(2) Propter certitudinem-^ dit S. Thomas d'Aquin , même dans les choses de la religion naturelle.
OW LA CRRTITUDE. 23
dues avec]a foi , et ils ne trouveront ni ce siècle, ni ce peuple. Partout et toujours , ils trouveront la toi subsistant comme le grand fait corrélatif à celui de la révélation divine.
Nous voilà bien loin , dira-t-on peut-être , de Tinfailtibilité naturelle ou de la certitude propre à la raison?
Pas si loin qu'on le pense , car c'est la raison,
nous venons de le voir , qui appelle la révélation, et c'est à la raison que la révélation s'adresse. C'est à la raison que Dieu parle , c'est à la raison qu'il demande la foi , et il ne la lui demande qu'après lui avoir fait voir que c'est bien lui qui lui parle. La raison qui demande le témoignage de Dieu sur les réalités de la vie future , n'adhère donc à ce témoignage aveo la certitude surnaturelle de la foi , qu'après avoir TU de ses propres yeux , c'est-à-dire, vérifié par sa propre lumière et avec la certitude naturelle qui lui est propre , le fait divin de la révélation.
Or, Dieu ne se manifeste pas moins clairement à la raison dans le grand fait de la révélation que dans le grand fait de la nature. Ces deux œuvres divines sont marquées du même signe : celle-ci , de l'unité maîtresse de l'espace par l'harmonie des mondes ; celle-là ,
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de l'unité maîtresse du temps par Tharmonie des siècles en Jésus-Christ. S'il est donc évident que les cieux^ dans leur marche , racontent la gloire de Dieu , il n'est pas moins évident que les siècles la racontent dans leur cours, et que celui qui tient tout en sa main , comme le dit Bossuet, a pu seul concevoir et conduire un dessein où tous les siècles sont compris.
Oui, cela est évident, et si nous nous bornons «à rappeler ce seul signe ou ce seul caractère de la révélation , c'est qu'il suffît , entre tant d'autres, pour faire reconnaître l'infaillible certitude naturelle avec laquelle la raison saisit TinfaiUible certitude surnaturelle de la foi.
La certitude de la raison n'exclut cependant pas ici la liberté de la foi. Il ne suffit pas, en effet, qu'en pre'sence du fait évidemment constaté de la révélation , la raison voie qu'elle doit croire, pour qu'elle adhère par là même aux vérités révélées. Le fait de la révélation est évident , mais les vérités révélées ne nous sont pas encore évidentes. Comme la colonne du désert, ellessont, pendant la durée de notre pèlerinage, tout à la fois pleines de lumières et d'ombres, et le mérite de la foi consiste à. les croire sur la parole de Dieu seul. 11 y a de la volonté et de l'amour dans celte soumission de l'homme à l'esprit de Dieu :
ou LA CERTITUDE. 25
Credere non potest nisi volens (1). Oui, la raison démon trequ'iiy^M^ croire^ selon Texpression d'un savant et d'un Saint (2), parce quHl est évident que Dieu a parlé, mais la raison seule ne fait cependant pas croire, parce que dans la foi et les dispositions delà foi, il y a de l'amour, il y a l'amour de la vérité , et que tous n'aiment pas la vérité. La lumière est venue en ce monde y et les
hommes ont mieux aimé les ténèbres que la lu^ mière, parce que leurs œuvres étaient mauvaises. Celui qui vit mal [S) hait la lumière et la fuit, de peur qu'elle ne découvre ses œuvres (4). — La foi est donc méritoire et libre, parce que l'amour de la vérité est méritoire et libre, et la foi reste libre quoiqu'il soit évident que Dieu a parlé, parce que cette évidence est relative à nos dispositions volontaires, cette clarté proportionnée à la pureté de l'œil intérieur, et que l'éclat du témoignage divin ne brille qu'aux yeux de ceux qui le désirent et non de ceux qui le redoutent. Ils sont malheureusement trop nombreux ceux qui craignent de voir clairement , et qui préfèrent
(1) S. August. In Joan. tr, 28. n. 2. (Mîgne, Patr. la^ t. S5. col. 1607.)
(2) S. Alphonse de Lîg.
(â) Celui qui vit mal sans désirer sa guérison ; celui qui ne dit pas comme S. Paul : Qui me détivrera ?
(4) Joan. III, 20.
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robscurité , le vague, le doule , les ténèbres au sein desquelles ils veulent se faire à euxmêmes ce qu'ils appellent leurs convictions.
Or, il est certain, et d'une expérience trop fréquente, qu'à force de désirer les ténèbres, on finit par les obtenir.
Mais ces ténèbres du doute, où tant d'hommes s'ensevelissent volontairement , n'enlèvent rien à la clarté de la vérité ^ ni à l'infaillible certitude avec laquelle la raison saisit la révélation chez ceux qui cherchent sa lumière. Non, et personne ne sera justifié par ces f(y*mules à la mode : « C'est votre opinion , ce n'est pas la mienne ; Bossuet voyait comme vous,Voltaire voyait comme moi. » Non, car il n'est pas vrai que Voltaire ait vu, ni fait voir faux ^ ce que Bossuet a vu et fait voir évidemment vrai. Voltaire a cherché des difficultés, et facilement il les a trouvées , la faiblesse de l'esprit humain suffisant à celte be* sogne ; Voltaire et beaucoup d'autres comme lui se sont jetés dans le labyrinthe du doute avec la volonté de n'en pas sortir; mais jamais ni lui ni d'autresn'onttenté, et jamais personne ne tentera de réfuter la démonstration de la foi , telle que la résume, par exemple, \e Discours sur Vhistoire universelle. Non, jamais personne ne tentera de prouver qiCun autre que Dieu ait pu conce^
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rfoir et réaliser un dessein où tous les siècles sont compris.
Constatons maînlenant la divine méthode par laquelle la Providence met cette démonstration de la foi à la portée de tous , et la rend aussi facilement et aussi promptemerit saisissable aux simples qu'aux sages.