L^EGLISE OU LA SOCICTE RELIGIEUSE
de la Providence est la mêine dans Tordre de la grâce. Les conditions de la vie spirituelle sont en parfaite harmonie avec les conditions de la vie naturelle , et Dieu répand et conserve celle- là comme celle-ci, par Fautorité dont il en a fait le canal. La grâce et la vérité sont en Dieu comme dans leur source , mais il nous les fait trouver aussi dans la société et par la société , dans le sein de notre Mère la S*' Eglise par Tautorité spirituelle ou par le ministère sacré de la parole et des Sacrements.
La religion est le lien social par excellence , non-seulement entre les hommes et Dieu , mai» entre les hommes eux-mêmes.
La religion n'est pas une simple doctrine , un simple système de philosophie; elle est Tâme de la société fondamentale, de celle qui sertdebase aux deux autres, à la société domestique et à la société civile. On sait le mot de Rousseau : Jamais Etat ne fut fondé que la religion ne lui servit de hase. Le rêveur de Genève a dit bien des mots semblables, dans ses moments lucides. Briser le lien qui rattache rhomme à Dieu, et tous les autres liens se relâchent; remettez' en question la loi divine, et toutes les autres lois s'ébranlent. Les sophistes eux-mêmes reconnaissent que la religion est la loi de la vie du monde, et que les civilisations di-