VER1F1EE
tibiliter nobiscum prcedicare PROPRIA. OPERAN- TiiS (I).
Le vrai sens des lettresd'Honorius est demontre une seconde fois par le temoignage expres et irrecusable de Thomme meme dont il avail employe la plume pour e'crire sa lettre a Sergius : je veux parier de Tabbe Jean Sympon , lequel , trois ans seulement apres la mort dllonorius , ecrivait a Tempereur Constantin , fds d'Heraclius : Quand nous parlames d'une seule volonte dans le Seigneur , nous n'avions point en vue sa double nature , mais son hurnanite seule. Sergius , en effet , ayant parle de deux volonte's contraires en Jesus-Christ , nous dimes qu'on ne pouvait reconnaitre en lui ces deux volontes , savoir celle de la chair et celle de V esprit , com me nous les avons nous-mernes depuis le peche (2).
Enfin , la meme chose est demontree une troisieme fois par ces mots d'Honorius cites par S, Maxime : II n 1 y a qu^une volonte en Jesus- Christ , puisque sans doute la divinite s'etail revetae de notre nature , mais non de notre
(1) Epist. 2. ad Serg. (Labb. t. 6, col. 969.)
(2) Carol. Sardagna, Theolog. dogmatico-polemica, edit. Poloc. in-8, 1810 , torn. I,controv. X, no 305.
1 1 2 L'INFAJLLIBILITE
peche , et qu'ainsi toutes les pensees charnehes lui etaient demeurees etrangeres (1).
Ajoulons, dit le cornte de Maistre, que si ce Pontife avail garde le silence apres que Sergius se fut declare', on pourrait sans doule argumenter de ce silence et le regarder comme un cornmen taire coupable de ces le tires; mais il ne cessa au cojitraire , tant quil vecut , de s' clever contre Sergius , de le inenacer et de le condamner. S. Max i me de Conslanlinople est encore un illustre te'moin sur ce fait interessant. On doit rire, dil-il , ou pour mieux dire on doit pleurer a la vue de ces inalheureux (Sergius et Pyrrhus), qui osent citer de pretendues electsions favor ables a Vunpie Echtese, essayer de placer dans leurs raiigs le grand Honorius, et se parer aux yeux du rnonde de Vautorite dun homme eminent dans la cause de la religion Qui done a pu inspirer tant d audace a ces faussaires ? quel homme pieux et orthodoxe, quel Eveque,quelle Eglise ne les a pas conjures dabandonner V her e sie ; mais sur tout que na pas fait le divin Honorius ? (2).
(t) Quia profecto a divinitate assumpta est natura nostra non culpa.... absque carnalibus voluntatibus. (Epist. ad l\Iarinuro. Inter opera varia Syrmondi, edit, in-fol., Venet. , t.3. col. 01.) Quse hos (monothelitas) non rogavit Ecclesia, etc.
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Voila, il taut Tavouer, un singulier heretique (1).
IVJais, dira-t-on , le sixieme concile cecume'nique n'a-t-il pas condamne Konorius, meme comme heretique ?
II esl certain qiTil ne Ta pas condamne comme personnellement coupable d'heresie. La lettre du pape Leon II a Tempereur Constanlin le prouve, car le Pape en confirmanl par celte leltre le sixieme synode, reproche uniquement a Honorius d'avoir permis que la tradition sacree et immaculee fut souillee par la profane. Le meme Pape, dans sa lettre aux eveques d'Espagne dit encore qu'Honorius a ete condamne, parce quil neteignit pas, de son autorite apostolique, et des le commencement (2), la flamme du rnonothelisme, rnais la fomenta ainsi par sa negligence. Non-seulement done il n'est pas vrai que le pape Honorius ait propose une erreur a la f oi de TEglise universelle , mais il est faux aussi que ses lettres a Sergius contiennent quoi que ce soil d'errone : si le nom d'Honorius se trouva
Quid autem et divinus Honorius ? (S. Maximus, Epist. ad Petrum illustiem. Syrmond. loc. cit. col. 308.)
(l)DuPape, liv. I, chap. 15.
(2) Honorius ne cessa de combattre le monothelisms jusqu'a sa mort.
reellemenl mele a ceux des heretiques dans les actes du sixieme concile,, ce ne fiit que dans le sens declare par les lettres de Leon II, mais ces lettres elles-memes rendent infiniment plus probable le sentiment des historiens qui affirment sans hesiter la falsification par les Grecs des Actes de ce concile.
Les Grecs se rendirent si souvent coupables de semblables alterations, qu'on a le droit d'affirmer celle-ci en presence de deux grands fails : le premier, c'est qu'au huitieme concile oecumenique, les Peres, c'est-a-dire FOrient tout entier, presides par le patriarche de Constantinople, professent solenneliement qu'il n'e'tait paspermis d'oublier les promesses faites a Pierre par le Sauveur, et dont la verite etait confirmee par I' experience } puisque la foi catkolique avail touiours subsiste, sans tache, et que la pure doctrine avait ete INVARIABLEMENT enseigtiee sur le Siege apostolique (1). Le second fait, c'est que, depuis TafFaire d'Honorius , et dans toutes les occasions possibles, jamais les Papes n'ont cesse de s'attribuer cette louange et de la recevoir des autres (2).
Mais quoi qu'il en soil de la falsification par les
(1) Act. I. (Labbeus, t. 8, col. 988.)
(2) Conf Du Pape, loc. cit.
VERIFIER. t15
Grecs des Actes du sixieme concile general, il n'en reste pas moins demontre que ce que Ton a su decouvrir de plus fort, dans une histoire de plus de dix-huit siecles, conlre rinfaillibilite du Saint-Siege , ce sont deux fails parfaitement etrangers a la question. L'infaillibilite de fait est done incontestablement verifiee.
CMAP1TRE X.