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EXAMEN DE TACHES

vent la naissance, dit Gosse ( 1), les fèces sont vertes avec des (rainées très distinctes jaunes, puis elles deviennent jaunâtres et présentent frécjuemment des points noirâtres ou vert foncé. Vers le septième jour, elles prennent une couleur jaune vif; c’est la coloration qu’elles garderont pendant tout l’allaitement, si l’enfant est bien portant; elles sont mélangées de temps en temps de grumeaux blanchâtres, dont les dimensions varient de la grosseur d’une tête d’épingle à celle d’un gros pois.

Les taches ont une coloration plus foncée que les fèces à l’état frais; quand elles renferment des grumeaux, ceux-ci se détachent sous forme de poussière blanchâtre. Examinées au microscope, ces taches montrent des globules de lait irréguliers, granuleux, déformés, souvent adhérents et comme fondus entre eux; d’après Beauregard et Galippe, on y rencontrerait souvent aussi un grand nombre de fines aiguilles cristallines, isolées ou formant des masses épineuses.

que toutes dépourvues de noyau, et ne renfermant qu’un petit nom.bre de fines granulations (fig. 9). On aperçoit souvent dans les préparations un certain nombre de poils de duvet (fig. 10).

constituées par de la matière grasse.

Ajoutons que, dans les fèces des trois ou quatre premiers jours, on rencontre encore des éléments du méconium.

Fig. 9. — Tache d’enduit fœtal (Tardieu).

Enduit fœtal (2). — h' enduit fœtal ou enduit sébacé est une substance molle, onctueuse, de consistance savonneuse, non miscible à l’eau; malgré son aspect graisseux, elle se montre au microscope constituée presque uniquement par des cellules pavimenteuses ou polyédriques, pres-

(1) Gosse, Des taches au point de vue médico-légal. Thèse de doctorat, Paris, 18G3.

(2) Vibert, loc. cU., p. 631.

ENDUIT FŒTAL.

Vépiderme fœtal est constitué par des cellules épithéliales polyédriques à cinq ou six pans; il forme ordinairement sur les taches ou sur les linges, où on le recueille, des lambeaux plus ou moins larges, sur lesquels il existe ordinairement plusieurs couches de cellules; les cellules profondes possèdent un noyau, celles de la superficie en sont dépourvues. Souvent on peut distinguer sur ces lambeaux les orifices des conduits sudoripares ou des follicules pileux, orifices que l’on reconnaît surtout à la disposition des cellules qui les entourent; ces cellules inclinées, à ce niveau, paraissent plus petites, parce qu’elles sont vues suivant une portion seulement de leur étendue, et ce n’est que plus loin qu’elles recommencent à former une mosaïque régulière, à mailles égales.

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Fig. 10. — Poils du duvet d’un enfant nouveau-né à terme. — Epaule et dos (1,25 diamètres).

Fig. II. — Trois cheveux d’un enfant nouveau-né à terme (125 diamètres).

Les poils du fœtus ou de Venfant nouveau-né (1) peuvent être confondus avec ceux du duvet de l’adulte qui couvrent tout le corps, et avec ceux très petits et très grêles qui se trouvent sur les parties chauves du crâne. Cependant les poils du duvet du fœtus et du nouveau-né ont une pointe finement effilée, et bien nette ; ceux de l’adulte ont ordinairement une pointe obtuse et usée, les cheveux follets des chau-

(I) Yibert, eod. loco, p. 574.

EXAMEN DE TACüES.

ves ont presque toujours une extrémité fendillée ou en balai. Quelques-uns de ces cheveux ou des poils du duvet de l’adulte ont un canal médullaire; les poils de duvet du fœtus ou du nouveau né et leurs cheveux n’en ont pas, ou du moins le fait est très rare (ûg. 10 et 11).

A la naissance, les cheveux sont en général longs de 15 millimètres à 3 centimètres; cette longueur, l’absence du canal médullaire, l’efûlement régulier de la pointe permettent de 'présumer qu’ils appartiennent à un jeune enfant. Il faut joindre à ces caractères l’épaisseur relativement minime des cheveux, cette épaisseur varie considérablement suivant les individus et aussi chez un même individu (l),mais cependant elle est en général moindre que chez l’adulte.

Taches formées par les liquides qui s’écoulent pendant l’accouchement. — Les auteurs ont surtout eu en vue la recherche des taches faites par le liquide amniotique.

J'ai été une fois consulté à ce sujet par AL Lachaud (2). Je considère cette recherche comme ne pouvant pas aboutir à des conclusions fermes. Le liquide qui s’écoule pendant l’accouchement est formé par les eaux de l’amnios, auxquelles sont toujours mélangés de l’urine, des matières fécales et du sang. Or le liquide amniotique n’a aucun caractère physique propre. C’est de l’eau, contenant en solution de deux à quatre parties d’albumine et de sels. Cette composition le rend analogue h du sérum sanguin dilué. Il n’a donc non plus aucun caractère chimique propre, dans ces conditions et en tenant comjde surtout de ce fait; qu’il ne se présente jamais à l’expertise pur de tout mélange, je crois que la conclusion à laquelle l’expert peut arriver est à peu près celle-ci : il n’est pas impossible que telle tache ait été faite par du liquide amniotique.

(1) MM. Malassez et Galippe ont constaté que sur une série d’enfants nouveau-nés à terme ou presque à terme, l’épaisseur moyenne des poils variait de 24 à 49 millièmes de millimètre. Pour chaque sujet, il y avait autour de celte moyenne de larges oscillations (Beauregard et Galippe, Guide des tvav. pral. de micrographie).

(2) Ohs. 80.

A. — Enfants venus au monde non viables, par malformation.

1. Enfant non viable. Hydrorachis. — Je soussigné, Paul Brouardel, commis par M. DiLle, substitut du procureur de la République près le tribunal de première instance du département delà Seine, en vertu d’une ordonnance, en date du 31 décembre 1884, ainsi conçue :

<( Vu les articles 32 et 43 du Gode d’instruction criminelle.

« Et le procès-verbal dressé le 29 décembre 1884, par M.le commissaire de police du quartier de la Villette, constatant le transport à la Morgue du cadavre d’un enfant paraissant être du sexe masculin.

« Commettons M. le D'’ Brouardel à l’effet deprocéder à l’autopsie du cadavre, de rechercher les causes de la mort et de constater tous indices de crime ou délit. »

Serment préalablement prêté, ai procédé à cette autopsie le 2 janvier 1885.

Le cadavre est celui d’un enfant nouveau-né du sexe masculin; il est dans un état de putréfaction très avancé. Le placenta et le cordon sont adhérents à l’ombilic, ils pèsent avec le cadavre de l’enfant 2 300. Le cordon mesure 43 centimètres de longueur

et le placenta 14 centimètres de diamètre.

Le cadavre mesure 52 centimètres de longueur totale. L'épiderme se détache par larges lambeaux. On ne constate aucune trace de violences sur les différentes parties du corps.

La tête est volumineuse et fortement aplatie. Les différents os de la tête, frontaux, pariétaux et occipital, sont détachés, mais ne sont pas fracturés ; ils baignent dans le cerveau qui est complètement liquide et putréfié. Au niveau de l’occipital, entre cet os et les vertèbres cervicales, se trouve sous le cuir chevelu une poche énorme paraissant avoir contenu une partie de l’encéphale.

Les poumons sont aplatis, refoulés à la partie supérieure de

la cavité thoracique; le diaphragme est fortement repoussé en haut.

Les reins, la rate, le foie paraissent sains.

On constate très nettement et des deux côtés, une disjonclion des épiphyses, des tibias, avec la diaphyse.

ConcÀusions. — 1*^ Le cadavre est celui d’un enfant nouveau-né, du sexe masculin, arrivé au terme normal de la gestation ou aune époque voisine du terme, mais ayant certainement dépassé huit mois et demi de vie intra-utérine.

2° Il n’a pas respiré.

3° La putréfaction est trop avancée pour qu’il soit actuellement possible de constater des traces de violences qui n’auraient intéressé que les parties superficielles de la peau.

4° Ce fœtus était atteint d’un hydrorachis siégeant à la partie supérieure de la colonne cervicale et constitué par une tumeur liquide faisant hernie au niveau de l’occipital {spina bijida), monstruosité incompatible avec la vie.

5° Ce fœtus présente les caractères des enfants morts dans la cavité utérine et y ayant macéré plusieurs jours avant d’être expulsés.

2. Enfant non viable. Vice de conformation du cœur. —Je soussigiré, Paul Brouardel, commis par ordonnance de M. Desjardins, substitut de M. le procureur de la République, à l’effet de procéder à l’autopsie du cadavre de l’enfant de la fille D..., serment préalablement prêté, ai procédé, le l®** avril 1878, à l’autopsie de ce cadavre.

Le cadavre est celui d’un enfant nouveau-né, du sexe féminin. Il est dans un état de conservation parfaite. Il pèse 2 570, il

mesure 48 centimètres de longueur. Le cordon ombilicales! coupé et non arraché, il est lié à 5 centimètres de l’ombilic.

La peau, notamment celle du pourtour des lèvres, du nez, du cou et du cuir chevelu, ne présente ni plaie, ni écorchure, ni ecchymose. La peau de ces diverses régions disséquées ne laisse voir de lésions ni dans son derme, ni dans le tissu cellulaire qui la double.

Les os du crâne ne sont pas fracturés. L’encéphale très congestionné est baigné dans un épanchement de sang liquide qui l’enveloppe de toutes parts. Le sang occupe la cavité de l’arachnoïde et les mailles de la pie-mère. Les sinus de la dure-mère sont gorgés de sang. La masse de l’encéphale ne présente pas d’altération.

Les poumons, volumineux, rouges, sont couverts d’ecchymoses

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