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ENFANTS VENUS AU MONDE NON VIABLES

sous-pleurales, ainsi que le thymus et le péricarde. Jetés dans l’eau d’abord avec le cœur et le thymus, puis séparément et enfin par morceaux, ils plongent immédiatement au fond du vase. Pressés entre les doigts, ils ne crépitent pas, et pressés sous l’eau ils ne laissent pas échapper une seule bulle de gaz. Le larynx et la trachée ne contiennent pas de mucosités.

Le cœur ne renferme qu’un peu de sang fluide, mais pas de caillots. Examinée à sa face postérieure, on constate que l’oreillette droite n'offre pas d’ouverture pour l’abouchement de la veine cave supérieure et de la veine cave inférieure. Les autres parties du cœur sont normales. L’artère pulmonaire ouverte seulement après la section des poumons présente longitudinalement et en ligne droite trois orifices qui sont peut-être les orifices des veines caves et du canal artériel, mais les incisions faites antérieurement pour les épreuves de la docimasie ne permettent pas de poursuivre la dissection plus loin. Le trou de Dotal est très dilaté.

Le foie et l’intestin sont très congestionnés, mais sains. Le méconium occupe l’intestin grêle et le côlon.

Le maxillaire inférieur présente de chaque coté quatre alvéoles dont le cloisonnement est complet. Le point d’ossification des condyles du fémur est bien formé.

Conclusions. — 1° L’enfant nouveau-né de la fille D... est né à terme.

2° Il est né non viable. Le vice de conformation du cœur met un obstacle absolu à la circulation du sang après la naissance.

3° L’enfant n’a pas fait une seule inspiration complète.

4° Le cadavre ne porte la trace d’aucune violence.

3. Enfant né à huit mois et demi, non viable. Mort quatre jours après sa naissance. Rétrécissement de l’intestin. — Je soussigné, Paul Brouardel, commis par ordonnance de M. A. Guillol, juge d’instruction, serment préalablement prêté, ai procédé le 8 et le 9 janvier 1879 :

1° A l’autopsie de l’enfant de la fille L..., à l’effet de, constater les causes de la mort, de dire notamment s’il existe une relation entre cette mort et les traces extérieures de violences.

2° A la visite à l’hospice Lariboisière de la fille L..., à l’effet de constater les traces de son accouchement et de contrôler au point de vue médical la sincérité des déclarations qu’elle pourra faire, soit au sujet de son accouchement soit au sujet des circonstances ayant pu amener la mort de son enfant.

I. Autopsie de Venfant de la fille L... (8 janvier 1879). — Le cadavre est celui d’un enfant du sexe masculin, il est dans un état de

maigreur très remarquable. Le cordon est détaché de son insertion ombilicale. La cicatrisation de l’ombilic est incomplète, il reste au fond de l’ombilic un petit champignon rougeâtre, ayant deux à trois millimètres de diamètre, dernière trace de l’insertion du cordon.

La rigidité cadavérique existe très manifestement. La putréfaction n’est pas commencée. Les yeux laissent apercevoir la couleur bleue de l’iris, ils ont une consistance presque normale, on ne découvre pas d’ecchymose sous les conjonctives.

La longueur totale de l’enfant est de 50 centimètres, la distance du sommet de la tête à l’ombilic est de 26 centimètres. Le poids est de 2'^‘*,o20.

Le visage de l’enfant est souillé par quelques petites taches de sang qui disparaissent par le lavage, mais on observe sur les parties supérieures du corps de petites écorchures, toutes sont couvertes de croùtelles. Elles siègent en différents points. On trouve :

Au niveau du bord inférieur du maxillaire inférieur gauche, près du menton, une petite écorchure, très superficielle, linéaire, à concavité tournée en dedans, presque verticale, et mesurant 12 millimètres.

Sur la partie externe gauche du cou, au niveau du tiers inférieur du sterno-cléido mastoïdien, deux petites empreintes, analogues aux précédentes, presque horizontales, leur concavité est tournée en haut.

Sur la ligne médiane de la partie postérieure du cou, au-dessous de la ligne courbe de l’occipital, une écorchure n’ayant que 4 millimètres de longueur, oblique de haut en bas et de gauche à droite.

Sur le devant du sternum, au niveau de l’insertion de la deuxième côte, une petite écorchure longue de 3 millimètres environ.

Dans l’aisselle gauche, une petite écorchure analogue mesurant 1 centimètre environ, presque verticale, à concavité tournée en arrière.

Au-dessous de l’aisselle droite, au niveau de la cinquième côte, deux petites écorchures analogues, également linéaires, à concavité dirigée en bas.

Sur le bord antérieur du deltoïde droit, une empreinte analogue à concavité dirigée en bas et en dehors.

Au niveau de ces diverses empreintes il n’y a pas de suffusion sanguine dans le tissu cellulaire. Celui-ci est dans toute son étendue absolument dépourvu de graisse.

Sous le cuirchevelu il n’y a pas d’ecchymoses sous-épicràniennes, on trouve seulement au niveau de l’occipital une suffusion san-

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