EM'ANTS VENUS AU MONDE NON VIABLES
croupie sur laluiieUe des commodités que raccouchemeiit se serait fait en bloc, subitement, sans avoir été précédé par de grandes douleurs. L’eufant serait tombé en avant, le cordon se serait rompu, le placenta et le cordon seraient restés sur le bord du siège et la fille L... aurait rejeté ceux-ci dans les commodités.
Aujourd’hui (9 janvier) nous constatons que la fille L..." présente les signes d’un accouchement récent, vergetures brunes du ventre, globe utérin encore sensible en déprimant la paroi abdominale audessus du pubis, écoulement muco-purulent. Le bassin paraît normalement conformé.
Les seins sont peu développés et ne contiennent que quelques gouttes de liquide séreux que l’on fait sortir avec peine par pression.
Les renseignements fournis parM. Mayor, interne du service, au nom de son chef M. le D^'Siredev, confirment nos constatations. Il dit dans la note qu’il nous a transmise : « Le 3 janvier, la fille L... présente les signes d’un accouchement récent. La perte utérine est constituée par du sang pur. Les seins ne contiennent que du colostrum. L’utérus remonte presque jusqu’à l’ombilic. En touchant la malade, M. Siredey trouve dans le vagin des caillots récents, le col n’est pas eiicore complètement reformé. Comme cette malade présenta dès le jour de son entrée de la fièvre et quelques douleurs hypogastriques, aussitôt que son enfant fut mort, on la fit passer dans une salle de médecine. »
Conclusions. — 1° Il est certain que l’accouchement date du 1®*' janvier.
2° Il est confirmé par l’autopsie de l’enfant, que l’accouchement a devancé de quinze à vingt jours le terme normal.
3° On peut admettre que dans ces conditions, un enfant non à terme, peu volumineux, ail pu sortir, sinon subitement, du moins très rapidement et sans que cette parturition ait provoqué des douleurs aussi violentes que dans les conditions ordinaires.
4° La chute de l’enfant sur le sol des cabinets a pu se produire ainsique dit la fille L..., car au moment de l’accouchement une femme ne peut se tenir ni assise, ni debout, elle s’étend forcément ou du moins prend naturellement une position inclinée, les jambes repliées, écartées, et le tronc légèrement fléchi en avant sur le bassfn. Cette position n’est pas impossible sur les sièges de commodités tels qu’ils sont actuellement établis.
l\[. Enquête sur les symptômes présentés par V enfant pendant sa vie. — Les seuls renseignements que fournil la fille L... sur les symptômes observés pendanl la vie de son enfant sont les suivants :
Dès sa naissance « la poitrine râlait ». Depuis le premier jour
jusqu’à la fui de sa vie, il a vomi, et il aurait meme vomi du sang le premier et le second jour.
Voici les renseignements plus complets fournis par l’interne M. Mayor dans la note qu’il m’a transmise :
« 2 janvier. Le cordon est coupé à ras et l’on ne constate à ce niveau aucune trace d’inflammation éliminatoire. L’enfant présente un peu de difficulté à respirer, celle-ci semble causée par des mucosités pharyngiennes et trachéales. L’auscultation fait entendre de gros râles sourds, dus évidemment à des mucosités et perceptibles du reste à distance. On administre un peu de sirop d’ipéca, qui n’amène que quelques vomiturilions insignifiantes. Le lendemain de l’entrée (3 janvier), cet enfant présente les mêmes signes du côté des voies respiratoires. Il ne mange que fort peu. II pâlit et prend graduellement un aspect cadavérique. Le 3 au soir, il n'a pas encore été à la selle. Il n’a vomi qu’une seule fois. Il meurt le 4 au matin. »
Conclusion . — Les symptômes notés pendant la vie sont ceux qui doivent résulter d’une obstruction intestinale, telle que celle que nous avons trouvée à l’autopsie : engouement pulmonaire, vomissements, absence de garde-robes, diminution de la sécrétion urinaire, aucune tendance au développement de l’inflammation normale qui accompagne la cicatrisation de la plaie ombilicale chez les enfants bien constitués.
Conclusions générales. — 1° La mort de l’enfant de la fille L... a été causée par inanition, résultat d’une lésion de l’intestin, un rétrécissement qui était incompatible avec la vie.
Il n’existe aucune relation entre cette mort et les traces de violences constatées sur le corps de l’enfant.
2° Aucune des assertions émises par la fille L... sur les circonstances qui ont accompagné son accouchement n’est médicalement impossible. Une de ces assertions, celle qui est relative à l’époque de sa grossesse, est confirmée par l’autopsie de l’enfant.
Les symptômes relatés parla fille L... et observés pendant la vie de son enfant sont en concordance complète avec ceux que l’on pouvait induire de la constatation de la lésion intestinale trouvée à l’autopsie.
B. — Eufauts mort-ués.
4. Mort-né au huitième mois. — Je soussigné, Paul Brouardel, commis par M. Bitte, substitut de M. le procureur de la République près le tribunal de première instance du département de la Seine, en vertu d’une ordonnance, en date du 16 mars 1887, ainsi conçue :
« Vu les articles 32 et 43 du code d’instruction criminelle et le procès-verbal dressé le 8 mars 1887, par M. le commissaire de police du quartier de Javel, constatant le transport à la Morgue d’un fœtus du sexe masculin repêché en Seine.
« Commettons M. le D*" Brouardel, à l’effet de procéder à l’autopsie du cadavre, de rechercher les causes de la mort et de constater tous indices de crime ou délit. »
Serment préalablement prêté, ai procédé à cette autopsie le 16 mars 1887.
Le cadavre est celui d’un enfant nouveau-né, du sexe masculin, pesant l'^‘‘,700 et mesurant 43 centimètres de longueur. Le cordon ombilical a été nettement sectionné à 3 centimètres de l’ombilic et ne porte pas de ligature.
Ce cadavre est dans un état de putréfaction et de macération avancé.
On constate sur le cuir chevelu une blessure qui paraît avoir élé faite après la mort et qui mesure 10 centimètres de longueur sur 3 de largeur; elle s’étend du sommet de la tête jusqu’au cou.
Sur le bras gauche, au niveau et en dehors de la saignée, se trouvent deux petites plaies, ne communiquant pas ensemble et séparées par un espace de peau saine de un demi -centimètre environ.
La peau qui recouvre la face dorsale de la main est enlevée dans une étendue de un centimètre.
Le diamètre antéro-postérieur de la tête mesure 93 millimètres et le diamètre transversal 78. Les os du crâne ne sont pas fracturés. Le cerveau est complètement pulréfié et s’écoule en bouillie à l’ouverture du crâne.
L’œsophage et la trachée sont sains.
Les poumons ne sont pas très développés; ils ne recouvrent pas le cœur. Plongés dans l’eau, ils vont au fond du vase.
Le cœur ne présente pas d’ecchymoses sous -péricardiques. Les cavités du cœur sont vides de sang, mais pleines de gaz. Les valvules paraissent saines.
L’estomac contient un peu de mucus non aéré.
Le foie et la rate sont putréfiés.
Les reins paraissent sains.
Les intestins surnagent (épreuve de Breslau). Le méconium occupe les dernières parties du gros intestin.
Le maxillaire inférieur possède six alvéoles nettement cloisonnées.
Les condyles de l’extrémité inférieure du fémur ne présentent pas de point d’ossification.
Conclusions. — 1° Le cadavre est celui d’un enfant nouveau-né, du sexe masculin, arrivé au huitième mois environ de la vie intrautérine.
2° Il n’a pas respiré.
3° La putréfaction et la macération sont trop avancées pour qu’il soit actuellement possible de constater des traces de violences faites pendant la vie.
5. Mort-né au huitième mois trouvé dans les fosses d’aisances.— Je soussigné, Paul Brouardel, commispar M. Thibierge, substitut de M. le procureur de la République près le tribunal de première instance du département de la Seine, en vertu d’une ordonnance, en date du 19 mai 1886, ainsi conçue :
« Vu les articles 32 et 43 du code d’instruction criminelle et le procès-verbal dressé le 18 mai 1886, par M. le commissaire de police de Pantin, constatant le transport à la Morgue du cadavre d’un enfant nouveau-né, du sexe masculin, trouvé à Drancy.
« Commettons M. le D’’ Brouardel, à l’effet de procéder à l’autopsie du cadavre, de rechercher les causes de la mort et de constater tous indices de crime ou délit. »
Serment préalablement prêté, ai procédé à cette autopsie le 19 mai 1886.
Le cadavre est celui d’un enfant nouveau-né, du sexe masculin, pesant P'‘^,250. La putréfaclion est extrêmement avancée, les os du crâne sont disjoints et chevauchent les uns sur les autres, ce qui ne nous permet pas de mesurer exactement la longueur du corps, qui dépasse 43 centimètres, et les différents diamètres de la tête. Le cordon ombilical mesure 11 centimètres de longueur, il est arraché et ne porte pas de ligature.
Les ongles affleurent l’extrémité de la pulpe des doigts et le cuir chevelu est recouvert de quelques petits cheveux.
Les os du crâne ne sont pas fracturés. Le cerveau est complètement putréfié.
L’œsophage et la trachée paraissent sains.
Les poumons plongés dans l’eau, avec le cœur et le thymus, vont au fond du vase. Il en est de même des fragments; ces derniers ne dégagent pas, parla pression, de fines bulles d’air.
Le cœur est vide.
Il n’y a ni ecchymoses sous-pleurales, ni ecchymoses souspéricardiques.
L’estomac contient un peu de mucus non aéré.
Le foie, la rate et les reins sont putréfiés.
Le méconium occupe les dernières parties du gros intestin.
Les points cTossification du calcanéum et de l’astragale sont (rès développés.
Le point d’ossification descondyles de l’extrémité inférieure du fémur n’exisle pas.
Le maxillaire inférieur possède huit alvéoles nettement cloisonnées.
Co7îclusions. — 1° Le cadavre est celui d’un enfant nouveau-né, du sexe masculin, paraissant arrivé au huitième mois environ de la vie intra-utérine, mais n’ayant pas encore atteint huit mois et demi.
2° Il n’est pas démontré que cet enfant ait respiré, il semble probable qu’il a dù mourir dans l’utérus avant de naître.
3° Ce cadavre parait avoir séjourné environ un mois dans le liquide des fosses d’aisances; la putréfaction est trop avancée pour qu'il soit actuellement possible de constater des traces de violences qui n’auraient intéressé que les parties superficielles de la peau.
4° L’absence de ligature du cordon ombilical prouve que cet enfant n’a pas reçu au moment de sa naissance les soins habituels.
6. Mort-né à huit mois et demi. — Je soussigné, Paul Brouardel, commis par M. Thibierge, substitut de M. le procureur de la République près le tribunal de première instance du département de la Seine, en vertu d’une ordonnance, en date du 19 mai 1886, ainsi conçue :
« Vu les articles 32 et 43 du code d’instruction criminelle et le procès-verbal dressé le 17 mai 1886, par M. le commissaire de P dice du quartier des Enfants-Rouges, constatant le transport à la Morgue du cadavre d’un enfant nouveau-né, du sexe masculin, trouvé rue du Vert-Rois, n° 4.
Commettons M. le D*’ Brouardel, à l’etTet de procéder à l’autopsie du cadavre, de rechercher les causes de la mort et de constater tous indices de crime ou délit. »
Serment préalablement prêté, ai procédé à cette autopsie le 19 mai 1886.
Le cadavre est celui d’un enfant nouveau-né, du sexe masculin, pesant 2’^**, 550 et mesurant 52 centimètres de longueur totale. Le cordon ombilical a été arraché au ras de l’ombilic. La putréfaction gazeuse est extrêmement avancée et l’épiderme s’enlève par larges lambeaux. Ce cadavre exhale une forte odeur de matières fécales.
Sur la région latérale droite du cou, à la partie supérieure de la
poitrine, sous le sein droit et dans le creux de l’aiselle, se trouvent des plaies de difîérentes dimensions, sans suffusion sanguine sous les bords, résultant de morsures de rats.
Les ongles affleurent l’extrémité de la pulpe des doigts, le cuir chevelu est recouvert de nombreux petils cheveux.
Les os du crâne ne sont pas fracturés, le cerveau est complètement putréfié. Le diamètre antéro-postérieur de la tête mesure 112 millimètres, le diamètre transverse 95 millimètres.
L’œsophage et la trachée paraissent sains.
Il n’y a pas d’ecchymoses sous-pleurales. Plongés dans l’eau avec le cœur et le thymus, les poumons surnagent. Pressés sous l’eau les fragments de poumons dégagent de grosses bulles d’air, puis ils vont au fond du vase.
Les cavités du cœur sont vides. Les valvules paraissent saines. Il n’y a pas d’ecchymoses sous-péricardiques.
L’estomac ne contient pas de mucus aéré.
Le foie, la rate et les reins sont putréfiés.
Le méconium occupe les dernières parties du gros intestin.
Le calcanéum et l’astragale possèdent chacun un point d’ossification très développé.
Les condyles de l’extrémité inférieure du fémur ne présentent pas de point d’ossification.
Le maxillaire inférieur a huit alvéoles nettement cloisonnées.
Comlmions. — 1° Le cadavre est celui d’un enfant nouveau-né, du sexe masculin, arrivé à huit mois ou huit mois et demi environ de vie intra-utérine.
2° Il n’est pas démontré que cet enfant ait respiré.
3° Les différentes plaies que le cadavre porte sur le côté droit du corps ont été faites après la mort et résultent de morsures faites par des rongeurs tels que les rats.
4° La putréfaction est trop avancée pour qu’il soit possible de reconnaître des lésions qui n’auraient intéressé que les parties superficielles de la peau.
7. Mort-né à huit mois. Macération. — Je soussigné, Paul Brouardel, commis par M. Ditte, substitut de M. le procureur de la République près le tribunal de première instance du département de la Seine, en vertu d’une ordonnance, en date du 4 novembre 1884, ainsi conçue :
« Vu les articles 32 et 43 du code d’instruction criminelle et le procès-verbal dressé le 3 novembre 1884, par M. le commissaire de police du quartier de Saint-Germain-l’Auxerrois, constatant le transport à la Morgue d’un fœtus du sexe masculin.
ENFANTS MORT-NFS.
« Commetlons M. le D’’ Brouardel, à l’effel de procéder a 1 autopsie du cadavre, de rechercher les causes de la mort et de constater tous indices de crime ou délit. »
Serment préalablement prêté, ai procédé à cette autopsie le 7 novembre 1884.
Le cadavre est celui d’un fœtus du sexe masculin, il est dans un état de putréfaction extrêmement avancé. Les yeux sont excavés, l’épiderme se détache très facilement. 11 mesure 41 centimètres de longueur totale et pèse l'^*’,220. Le cordon ombilical mesure 7 à 8 centimètres de longueur et ne porte pas de ligature.
Le diamètre antéro-postérieur de la tête mesure 112 millimètres et le diamètre hi-pariétal 81 millimètres.
Les os du crâne ne sont pas fracturés. Le cerveau est complètement putréfié et réduit à l’état de bouillie.
Les poumons ne sont pas très développés. Plongés dans l’eau avec le cœur, ils surnagent, mais les fragments de poumons pressés sous l’eau font sourdre de grosses bulles d’air et ainsi pressés ils vont au fond du vase.
Le cœur est vide et paraît sain.
Le foie, la rate et les reins paraissent sains.
Le méconium occupe l’intestin grêle et les premières parties du gros intestin.
Le calcanéum et l’astragale présentent chacun un point d’ossification très développé.
Les condyles de l’extrémité inférieure du fémur ne présentent pas de point d’ossification.
Conclusions. — 1° Le cadavre est celui d’un fœtus, du sexe masculin, ayant près de huit mois de vie intra-utérine.
2° 11 n’est pas démontré qu’il ait respiré, les bulles d’air qui se trouvaient dans les bronches peuvent être la conséquence de la putréfaction.
3° Ce cadavre parait avoir macéré pendant un certain temps dans un liquide, peut-être même avant sa naissance dans le liquide de l’amnios (mort-né).
4" La putréfaction est trop avancée pour qu’il soit actuellement possible de constater des traces de violences qui n’auraient intéressé que les parties superficielles de la peau.
8. Mort-né à huit mois. Macération. — Je soussigné, Paul Brouardel, commis par ordonnance de M. de la Fuye, substitut de M. le procureur de la République, à l’etfet de procéder à l’autopsie du cadavre d’un enfant nouveau-né dont est accouchée
la femme M..., concierge rue de Vaugirard , de rechercher les causes de la mort et de constater tous indices de crime ou délil.
Serment préalablement prêté, ai procédé le 28 juin 1878 à l’autopsie du cadavre de ce nouveau-né.
Le cadavre est celui d’un enfant nouveau-né du sexe féminin, il pèse l’'‘',620, mesure 45 centimètres.
Le cordon ombilical a été coupé à 7 centimètres de la paroi abdominale.
La peau du corps présente une couleur verdâtre uniforme, un peu rouge au niveau des parties génitales. L’épiderme est macéré, il se détache par larges lambeaux. La tête est aplatie d’avant en arrière.
On ne note aucune trace de violence, en particulier autour du cou et des lèvres.
Les poumons sont bruns, ont une couleur uniforme dans tonte leur étendue. Ils sont peu volumineux et entièrement cachés dans les gouttières costo-vertébrales. Jetés dans l’eau avec le cœur, puis séparément et enfin après leur division en fragments, ils tombent au fond du vase dans chacune de ces diverses expériences, La pression sous l’eau ne fait sortir de leur surface aucune bulle de gaz. Il n’y a pas d’ecchymoses sous-pleurales ou sous-péricardiques.
Les cavités du cœur sont remplies par des caillots sanguins.
Le foie est flasque, mou, non congestionné, la rate est volumineuse.
Les os du crâne ne sont pas fracturés, l’encéphale est sans lésion apparente. La symphyse du maxillaire inférieur est rompue par macération.
Les condyles du fémur ne présentent pas encore de point d’ossification.
Le maxillaire inférieur ne présente encore qu’une seule cloison dentaire.
Conclusions. — 1° L’enfant dont est accouchée la femme xM... n’avait pas plus de huit mois de vie intra-utérine.
2° Il n’a pas respiré.
3° L’élat de l’épiderme, celui des organes génitaux, l’aplatissement de la tête, prouvent qu’il a macéré plusieurs jours (4 ou 5) après sa mort dans la cavité utérine. C’est un mort-né.
9. Mort-né à terme. — Je soussigné, Paul Brouardel, commis par ordonnance de M. de la Fuye, substitut de M. le procureur de la République, à l’elfet de procéder à l’autopsie du cadavre d’un nouveau-né trouvé près de la porte de Saint-Ouen, serment préalablement prêté, ai procédé le 17 juillet 1878 à cette autopsie, à
TefTet de rechercher les causes de la mort et de constater tous indices de crime ou délit.
Le cadavre est celui d’un enfant nouveau-né du sexe féminin, il pèse 3''‘^,005, il mesure 53 centimètres.
Le cordon est coupé, non déchiré, à 7 centimètres de son insertion ombilicale. Il ne porte pas de ligature.
La putréfaction est à peine commencée. La rigidité cadavérique a disparu.
Le cadavre ne présente en aucun point de traces de violence. Notamment autour des lèvres, du nez et du cou, on ne constate ni écorchure, ni ecchymose, ni suffusion sanguine sur la peau ou dans le tissu cellulaire sous-cutané.
Il n’y a pas d’ecchymoses sous-conjonctivales ou dans le tissu cellulaire sous-épicrânien.
Les os du crâne ne sont pas fracturés. Le cerveau est sain.
La bouche, le pharynx, la trachée et les bronches ne renferment aucune mucosité. Les poumons petits, couverts parle cœur et le thymus, occupent les gouttières costo-vertébrales. Plongés dans l’eau avec le cœur, puis isolément, après leur séparalion du cœur et du thymus, et enfin par fragments, ils tombent au fond du vase. Les fragments pressés sous l’eau ne laissent pas dégager de bulles de gaz. Ils ne présentent aucune trace d’emphysème, leur surface est tachetée par trois ecchymoses sous-pleurales bien nettes.
Le cœur ne contient aucun caillot sanguin.
L’estomac renferme des mucosités non aérées.
Le méconium n’est pas encore descendu dans les dernières parties du gros intestin.
Le foie et les reins sont sains.
La vessie est remplie d’urine.
Les condyles des fémurs présentent leur point d’ossification normal. Le maxillaire inférieur est cloisonné par quatre lamelles osseuses.
Conclusions. — 1° L’enfant nouveau-né trouvé près de la porte de Saint-Ouen est du sexe féminin, il était arrivé au terme de la vie intra-utérine.
2® Il n’a pas respiré.
3° Il ne porte sur aucun point du corps des traces de violence.
4° C’est un mort-né, l’état de son épiderme ne permet pas de croire qu’il ail séjourné longtemps dans la cavité intra-utérine après sa mort. Il est probable qu’il est mort pendant l’accouchemenl.
5° La date delà naissance ne doit pas remonter à plus de trois ou quatre jours.
10. Mort-né à terme. — Je soussigné, Paul Brouardel, commis par ordonnance de M. de laFuye, substitut de M. le procureur de la République, à l’effet de procéder à l’autopsie du cadavre d’un nouveau-né trouvé quai de Billy, serment préalablement prêté, ai procédé le 23 juin i 878 à cette autopsie, pour rechercher les causes de la mort et constater tous indices de crime ou délit.
Le cadavre est celui d’un nouveau-né du sexe masculin, il est assez vigoureux, il pèse 2’^b^645, et mesure 51 centimètres.
Le cordon ombilical, long de 33 centimètres, adhère à l’ombilic, il est arraché et ne porte pas de ligature. Le cordon n’est pas tordu sur lui-même, il forme un ruban rougeâtre et mollasse.
Le cadavre est dans un état de putréfaction déjà assez avancé, l’épiderme se détache sur toute l’étendue du corps par le moindre frottement, les parties sexuelles sont d’une couleur rouge brun, les os du crâne sont très mobiles, la tète est tuméfiée surtout à sa partie postérieure, elle est aplatie d’avant en arrière.
On ne trouve sur aucun point du corps, notamment autour des lèvres et sur le cou, aucune lésion, ecchymose ou écorchure.
Les os du crâne ne sont pas fracturés. L’encéphale est très mou, sans lésion, ni épanchement sanguin.
Le pharynx, la trachée ne présentent pas d’altération.
Les poumons sont peu volumineux, de couleur rouge foncé, couverts de taches rouges et d’ecchymoses sous-pleurales très nettes. On en tiouve également sur le diaphragme, mais pas sur le péricarde.
Les poumons jetés dans l’eau avec le cœur affleurent la surface de l’eau, il en est de même quand on renouvelle l’expérience après avoir coupé les poumons en fragments. Pressés sous l’eau, il se dégage des grosses bulles de gaz et quelques bulles plus fines.
Le cœur est vide. L’estomac ne contient que des mucosités non aérées.
Le méconium remplit les deux tiers inférieurs du gros intestin.
Les condyles ont leur point d’ossification normal; quatre alvéoles au maxillaire inférieur.
Conclusioîis. — 1° Le cadavre est celui d’un nouveau-né arrivé à la fin du neuvième mois de la vie intra-utérine.
2° L’apparence extérieure, le décollement de l’épiderme, la forme de la tête, la couleur des organes génitaux, la forme du cordon, l’ensemble constituent les caractères propres des enfants mort-nés qui n’ont séjourné que peu de temps après leur mort dans la cavité utérine.
3° Les épreuves docimasiques ne prouvent pas que l’enfant ait
ENFANTS MOllT-NÉS. 1H9
respiré. La natation incomplète des poumons s’explique par leur putréfaction.
4° Le cadavre ne présente pas de traces de violence.
0° L’époque de la naissance doit remonter à cinq ou six jours.
11. Mort-né à terme. Submersion. — Je soussigné, Paul Brouardel, commis par ordonnance de M. Desjardins, substitut de M. le procureur de la République, à l’effet de procéder à l’autopsie du cadavre d’un nouveau-né repêché dans la Seine, serment préalablement prêté, ai procédé le 14 février 1879 à cette autopsie, à l’effet de rechercher les causes de la mort et de constater tous indices de crime ou délit.
Le cadavre est celui d’un nouveau-né du sexe féminin. Il pèse 2‘^*^,250, il mesure 49 centimètres.
Le cordon ombilical est adhérent, il mesure Jo centimètres, il est flétri et paraît nettement coupé.
Ce cadavre est complètement recouvert d’une épaisse couche de limon très adhérent, celle-ci ne se détache que par un lavage énergique qui enlève en môme temps l’épiderme.
La putréfaction est très avancée, la couleur des yeux n’est plus reconnaissable. Les tissus sont gonflés, distendus par des gaz et par l’eau. Gel état rend impossible la constatation de lésions qui n’auraient intéressé que l’épiderme ou les couches superficielles du derme. Les ongles des doigts et des orteils se détachent très facilement, quelques-uns sont tombés spontanément.
Autour du cou, on trouve une ficelle analogue à celle qui sert à faire la mèche des fouets, elle forme un nœud coulant peu serré, l’anse laisse facilement passer les quatre doigts de la main. L’autre bout de la ficelle se termine par une double extrémité libre qui paraît être le reste d’un autre nœud coulant, rompu soit par la dent d’un rongeur, soit par usure.
Sur la peau du cou, le lien n’a laissé aucune trace actuellement appréciable, le tissu cellulaire sous-cutané ne contient pas d’épanchement sanguin dans les points correspondants.
Autour des lèvres et du cou, on ne constate ni érosion, ni écorchure.
Sous le cuir chevelu, il n’y a pas d’ecchymoses sous-épicràniennes. Au point correspondant à l’union de l’occipital et des deux pariétaux, on trouve une poche rougeâtre, reste probable de la bosse sanguine de l’accouchement. Les os du crâne ne sont pas fracturés. Le cerveau très putréfié ne présente aucune lésion appréciable.
La trachée et le larynx contiennent quelques grains de sable
fin. Les plèvres ne sont pas tachetées par des ecchymoses souspleurales. Elles sont soulevées en dilTérenls points par de grosses bulles de putréfaction et de larges plaques d’emphysème. Jelés dans l’eau les poumons surnagent. Coupés en fragments on constate que les uns surnagent et que les autres tombent au fond du vase. En pressant ces fragments sous l’eau, on fait sortir beaucoup de grosses bulles de gaz et quelques-unes petites, mais peu nombreuses.
Le péricarde est également soulevé par des bulles de gaz, il ne présente pas d’ecchymoses. Il renferme du liquide séro-sanguinolent. Cette coloration est le résultat de la transsudation de la matière colorante du sang. La surface interne du cœur et les valvules sont fortement teintées par cette matière colorante.
Le pharynx ne présente rien d’anormal. L’estomac est complètement vide, le méconium occupe les dernières parties du gros intestin. Le foie et les reins sont dans leur état normal.
Les points d’ossification des deux fémurs sont très volumineux. Les deux branches du maxillaire inférieur sont cloisonnées par quatre alvéoles bien distinctes.
Conclusions. — 1° Ce nouveau-né est arrivé à la fin du neuvième mois de la vie intra-utérine.
2° Il n’est pas certain qu’il ait respiré.
3° On ne constate sur son corps aucune trace de violence.
4° Le cadavre semble avoir séjourné dans l’eau quinze ou vingt jours.