‹ L'infanticideChapitre 43 sur 60 · ENFANTS MOUTS PENDANT LE TRAVAIL · texte numérisé non relu

ENFANTS MOUTS PENDANT LE TRAVAIL

niais ils n'avaient pas mis obstacle au passage du méconium, et n’ont pu provoquer de désordre capable d’expliquer la mort au moment de la naissance.

5° Le volume de l’enfant (3’^'^,900), le développement de la bosse occipito-pariétale, doivent faire penser que le travail de l’accouchement a été d’une certaine durée. Il est possible que l’enfant ait souffert de ce travail prolongé et qu’il ait succombé, au moment de sa naissance, victime de l’ignorance des personnes présentes, incapables de lui donner les soins nécessaires pour le rappeler à la vie.

16. Mort pendant le travail. Présentation par le siège. — Je soussigné, Paul Brouardel, commis par ordonnance de M. de la Fuye, substitut de M. le procureur de la République, à l’effet de procéder à l’autopsie du cadavre de l’enfant nouveau-né de la fille C..., serment préalablement prêté, ai procédé le 19 juillet 1878 à celte autopsie, à l’effet de rechercher les causes de la mort et de constater tous indices de crime ou délit.

Cet enfant nouveau-né est du sexe masculin, il pèse 2’'*^,800 et mesure 50 centimètres. Le cordon a été coupé nettement à 1 centimètre et demi de l’ombilic, il ne porte pas trace de ligature.

La putréfaction n’est pas commencée.

On trouve sur la peau de la face des plaques parcheminées, au niveau de la pointe et des ailes du nez, elles se prolongent des deux côtés des ailes en suivant le sillon naso-labial. Au-dessous de la lèvre inférieure, on voit une ligne parcheminée, concave en bas, circonscrivant la ligne supérieure de la bosse du menton. Dans le tissu cellulaire qui double la peau, il n’existe ni épanchement ni suffusion de sang.

Sur les parties latérales du cou, au-dessus du tiers moyen des clavicules, on trouve des empreintes au niveau desquelles l’épiderme, quoiqu’il soit encore adhérent, est froissé, plissé. A gauche cette empreinte est double et se trouve au niveau du bord interne de l’insertion du muscle sterno-mastoïdien ; à droite elle forme une ligne de 3 ou 4 centimètres, et semble formée par quatre marques distinctes à droite au niveau de l’insertion du bord externe du même muscle.

Dans le tissu cellulaire qui double ces empreintes, il n’y a pas de suffusion sanguine.

On ne trouve plus sur les diverses autres parties du corps qu’une double petite érosion semblable à un coup d’ongle siégeant à 2 centimètres au-dessus du pli de l’aine de chaque côté et n’intéressant que l’épiderme.

Sous la peau du crâne, il n’y a pas de bosse sanguine, ni d’œdème, rappelant la bosse qui se trouve sur la têle de presque tous les nouveau-nés, mais il existe des ecchymoses sousépicràniennes assez larges et nombreuses.

Les os du crâne ne sont pas fracturés. Dans la cavilé de l’arachnoïde, autour du cerveau et du cervelet, il s’est formé un vaste épanchement de sang, un peu visqueux, mais encore liquide, qui enveloppe toutes les parties de l’encéphale. Cet épanchement est très uniformément réparti. Les poumons sont peu volumineux,, cachés dans les gouttières costo-vertébrales, d’une couleur gris ardoise uniforme, tachetés de nombreuses ecchymoses sous-pleurales, siégeant sur les plèvres pulmonaires et pariétales, le diaphragme. Placés dans l’eau avec le cœur et le thymus, puis séparément, puis par fragments, les poumons ou leurs diverses parties plongent au fond de l’eau. La pression entre les doigts ne laisse pas sortir de leur parenchyme une seule bulle d’air.

Sur le cœur il n’y a pas d’ecchymose sous-péricardique.

La bouche, le pharynx, le larynx et la trachée sont sains.

L’estomac contient du mucus non aéré.

Il n’y a pas de méconium dans l’intestin, ni d’urine dans la vessie.

Le foie, les reins, la rate sont sains.

Le maxillaire inférieur est cloisonné par quatre alvéoles très nettes.

Les condyles du fémur ont leurs points d’ossification bien développés.

Conclusions. — 1° L’enfant dont est accouchée la fille C... est arrivé au terme de la vie intra-utérine, au neuvième mois.

2" Il n’a pas respiré, c’est un mort-né.

3° L’absence de bosse œdémateuse ou sanguine, sur le crâne, l’absence de méconium dans l’intestin, prouvent qu’au moment de l’accouchement l’enfant s’est présenté par le siège.

4° C’est pendant les efforts nécessaires pour dégager la tête retenue dans la cavité du bassin qu’ont été produites les érosions parcheminées que nous avons notées sur le cou et la face, ainsi que l’épanchement sanguin qui enveloppe l’encéphale.

5'’ L’enfant est donc mort asphyxié, étranglé pendant l’accouchement, par suite d’une présentation vicieuse, à laquelle on n’a pas su remédier.

G" La naissance de l’enfant ne doit pas dater de plus de trois ou quatre jours.

INFANTICIDES PAU SUFFOCATION

D. — lufauticides par sulTocatioii.

17. Asphyxie par suffocation. — Je soussigné, Paul Brouardel, commis par M. Diüe, subslilut de M. le procureur de la République près le tribunal de première instance du département de la Seine, en vertu d’une ordonnance, en date du 21 janvier 1885, ainsi conçue :

« Vu les articles 32 et 43 du code d’instruction criminelle et le procès-verbal dressé le 20 janvier 1 885 par M. le commissaire de police du quartier de la Salpêtrière constatant le transport à la Morgue du cadavre de l’enfant P... (Edmond).

« Commettons M. le D'’ Brouardel, à l’effet de procéder à l’autopsie du cadavre, de rechercher les causes de la mort et de constater tous indices de crime ou délit. »

Serment préalablement prêté, ai procédé à cette autopsie le 25 janvier 1883.

Le cadavre est celui d’un jeune enfant du sexe masculin, paraissant âgé de deux ou trois jours. La cicatrice ombilicale n’est pas encore complète, le cordon mesure 4 centimètres. La rigidité cadavérique a complètement disparu et la putréfaction n’est pas commencée. Ce petit cadavre pèse 2*^î^,600, et mesure 51 centimètres de longueur totale.

On ne constate aucune trace de violence sur les différentes parties du corps, notamment sur la peau du cou et autour de la bouche.

Le diamètre transversal de la tête mesure 10 centimètres, le diamètre antéro-postérieur 11 centimètres. Il n’y a pas d’épanchement sous’ le cuir chevelu. Les os du crâne ne sont pas fracturés. Le cerveau ne présente aucune lésion ainsi que le bulbe et le cervelet.

Il n’y a pas de corps étranger dans l’arrière-cavité de la bouche.

Le thymus est assez développé ; il pèse 6 grammes.

L’œsophage est sain.

Par la trachée, il sort des mucosités sanguinolentes, principalement lorsque l’on presse les poumons. Ceux-ci sont très congestionnés et surnagent ainsi que leurs fragments. Sur la surface des poumons se trouvent quelques rares ecchymoses sous-pleurales.

11 n’y a pas d’ecchymoses sous-péricardiques. Les cavités du cœur sont à peu près vides, les valvules sont saines.

Le foie est congestionné, mais paraît sain.

La rate est saine.

L’estomac contient un peu de lait.

Les reins sont sains.

Les intestins sont également sains et ne contiennent pas de méconium.

Les condyles de l’exlrémité inférieure du fémur présentent un point d’ossification qui mesure un centimètre environ de diamètre et qui n’est pas encore réuni à la diaphyse de l’os.

Conclusions. — 1° La mort de cet enfant est la conséquence d’une asphyxie par suffocation. :

2° Celte asphyxie peut être la conséquence d’une congestion pulmonaire survenue chez un enfant en bas âge, ou de l’application sur la face d’un objet volumineux, obturant l’orifice des voies respiratoires, tel qu’un oreiller, un édredon, etc., et n’ayant déterminé aucune lésion permettant de retrouver des traces de violences.

3° On ne découvre pas d’érosions ou d’ecchymoses sur les différentes parties du corps, notamment autour de la bouche ou sur le cou.

18. Asphyxie par suffocation. — Je soussigné, Paul Brouardel, commis par M. E. Gastambide, substitut de M. le procureur de la République près le tribunal de première instance du département de la Seine, en vertu d’une ordonnance, en date du 2 octobre 1881, ainsi conçue :

(( Vu les articles 32 et 43 du code d’instruction criminelle et le procès-verbal dressé le 2 octobre 1881, par M. le commissaire de police du quartier de la Porte-Dauphine, constatant la mort d’un nouveau-né, envoyé à la Morgue.

« Commettons M. le D’’ Brouardel, à l’effet de procéder à l’autopsie du cadavre, de rechercher les causes de la mort et de constater tous indices de crime ou délit. »

Serment préalablement prêté, ai procédé à cette autopsie le 3 octobre 1881.

Le cadavre est celui d’un nouveau-né du sexe masculin, mesurant 50 centimètres de longueur totale ’et pesant 3 kilogrammes. Le cordon ombilical est adhérent à l’ombilic, et mesure 40 centimètres de long. Son extrémité libre présente une ligne de section assez nette. Le cordon ne porte aucun lien. La putréfaction est à peine commencée.

Sur la partie latérale gauche du cou, au-dessous de la glande sous-maxillaire, on constate une empreinte onguéale, mesurant 1 centimètre environ, à concavité supérieure.

Les iris sont bleus. Les conjonctives ne présentent pas de pointillé hémorrhagique.

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Les os du crâne ne sont pas fracturés, les méninges ainsi que le cerveau et le cervelet sont un peu congestionnés. Le tissu cellulaire sous-crànien est mouchelé par de nombreuses ecchymoses nettes et larges. Il n’y a pas de bosse sanguine d’accouchement.

Le larynx et la trachée sont vides.

Les poumons sont largement dilatés. Plongés dans l’eau avec le cœur, et séparément, ils surnagent. Les fragments des poumons pressés sous l’eau, font sourdre à la surface du liquide des plaques de mousse, et surnagent encore. La racine des bronches renferme un peu de spume blanchâtre. Les ventricules du cœur contiennent un peu de sang liquide noir, mais pas de caillols.

Sur la surface des plèvres, du péricarde et du diaphragme, on constate un grand nombre d’ecchymoses.

L’estomac et les intestins sont remplis de gaz et, plongés dans l’eau, ils surnagent largement.

Le mésocôlon et le côlon descendant sont remplis de méconium.

Le foie est très gros et gorgé de sang.

Les reins se décortiquent très bien.

La rate est petite.

La mâchoire inféiieure présente quatre alvéoles nettement cloisonnées. Le point d’ossification de l’extrémité inférieure du fémur mesure 2 à 3 millimètres.

Conclusions. — 1° Le cadavre de cet enfant est celui d’un nouveau-né arrivé au terme normal de la gestation.

2° Cet enfant a largement respiré.

L’érosion curviligne que l’on constate sur la partie latérale gauche du cou résulte d’un coup d’ongle.

4° Les lésions cadavériques viscérales sont celles que l’on rencontre lorsque la mort a été la conséquence de la suffocation.

Rien n’indique que le travail de l’accouchement ait été difficile ou prolongé.

19. Suffocation probable. — Je soussigné, Paul Brouardel, commis par M. E. Ferey, juge d’instruction près le tribunal de première instance du département de la Seine, en vertu d’une ordonnance, en date du 7 février 1880, ainsi conçue :

« Vu la procédure commencée conlre une fille Q..., domestique, boulevard Saint-Martin, 12, en ce moment consignée à l’hôpital Saint-Louis.

« Inculpée d’avoir, le 6 courant, donné volontairement la mort à son enfant nouveau-né.

Attendu la nécessité de constater judiciairement l’état où se

trouve en ce moment le cadavre de l’enfant, qui a été transporté aujourd’hui à la Morgue, par les soins de M. le commissaire de police du quartier de rHôpilal-Saint- Louis.

« Ordonnons qu’il y sera procédé par M. le D’’ Brouardel, lequel , après avoir reconnu l’état, où se trouve le cadavre, dira si la mort est le résultat d’un crime, si l’enfant a respiré et, dans le cas où il existerait des traces de violences, quelle est la nature de ces violences. »

Serment préalablement prêté, ai procédé à cette autopsie le 8 février 1880.

Cet enfant, du sexe masculin est bien constitué, il pèse 3'^*',2o0, il mesure 52 centimètres.

Le cordon est divisé à 7 centimètres et demi de la paroi abdominale. Il paraît avoir été déchiré, bien que les vaisseaux ombilicaux soient très apparents et laissent par pression suinter un peu de sang. Il est mou et ne porte pas de ligature.

Le cadavre n’est pas putréfié, les iris des yeux sont bleus, les globes oculaires ne sont pas affaissés.

La partie antérieure et médiane du cou, dans un espace correspondant au larynx et à la trachée, présente une plaque rouge, excoriée, granuleuse, non desséchée. On n’y distingue aucune empreinte onguéale nettement dessinée. Sur la face, autour des commissures latérales et du nez, sur le cuir chevelu, on ne voit aucune trace de violence.

Sur la peau de la région épigastrique, deux petites empreintes parcheminées, rouges, transversales, mesurent 2 ou 3 millimètres de hauteur sur 5 ou 6 de largeur.

Le tissu cellulaire sous-épicrânien est ponctué par des ecchymoses à bords nets, mais peu nombreuses. Il n’y a pas de bosse sanguine accusant un accouchement difficile. Les os du crâne ne sont pas fracturés. L’encéphale est un peu congestionné, il ne renferme, ni dans son parenchyme, ni dans ses ventricules, d’épanchement sanguin.

Le tissu cellulaire sous-cutané de la région du cou ne contient pas de suffusion sanguine. Le corps thyroïde est très congestionné. Il n’y a pas de corps étranger dans la bouche ni à l’orifice des voies respiratoires. Le larynx, la trachée et les grosses bronches renferment^ une spunie rougeâtre peu abondante. Les poumons d’un rose vif remplissent la cavité thoracique. Plongés dans l’eau avec le cœur et le thymus, puis séparément et enfin par fragments, ils surnagent. Leur pression sous l’eau fait échapper une grande quantité de fines bulles d’air qui forment de petites plaques de mousse à la surface de l’eau. Les plèvres pul-

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monaires surtout, mais même les plèvres diaphragmatiques, sont mouchetées par des ecchymoses sous-pleurales très nettes, et très nombreuses.

Le péricarde ne renferme pas de liquide, sur le péricarde cardiaque on voit trois ecchymoses ponctuées. Les cavités du cœur contiennent du sang liquide. Les gros vaisseaux qui partent du cœur, les veines caves, innominée, sous-clavière, jugulaire, etc.^ sont gorgés de sang noir.

L’estomac est rempli par un mucus glaireux non aéré. Le gros intestin contient le méconium très abondant, il semble qu’aucune partie n’a dû être évacuée.

Le foie, les reins, la rate sont dans leur état normal.

Les points d’ossification des deux conclyles sont bien développés. Les deux branches du maxillaire inférieur sont cloisonnées par cinq alvéoles complètes.

Conclusions . — 1° Cet enfant nouveau-né était arrivé au terme normal de la vie intra-utérine.

2° Il a largement respiré.

3° 11 présente toutes les lésions viscérales caractérisant l’asphyxie.

4° Cet enfant porte à la région antérieure du cou une plaque légèrement excoriée, mais l’absence d'empreinte indiquant la forme d’un corps à arêtes nettement dessinées, d’un ongle par exemple, ne permet pas de déterminer par quel mécanisme cette asphyxie a été produite.

20. Asphyxie par suffocation. — Je soussigné, Paul Brouardel, commis par ordonnance de M. Potier, substitut de M. le procureur de la République, à l’effet de procéder à l’autopsie du cadavre d’un nouveau-né (quartier des Enfants-Rouges), serment préalablement prêté, ai procédé le 9 décembre 1878 à cette autopsie, à l’effet de rechercher les causes de la mort et de constater tous indices de crime ou délit.

Le cadavre est celui d’un enfant nouveau-né du sexe masculin, peu vigoureux. La peau est couverte de saletés, de traces de méconium et d’enduit sébacé non enlevé.

La putréfaction n’est pas commencée, l’enfant est maigre, la peau est doublée d’un tissu cellulaire peu abondant, les yeux ont leur consistance et leur couleur normales.

Le poids du corps est de l’^‘‘,b80. La longueur totale est de 51 centimètres, dont 28 de la tête à l’ombilic et 23 de l’ombilic aux pieds. Le cordon est souple et frais, il a été coupé, il mesure 43 centimètres, il est encore adhérent à l’ombilic.

La peau, très large par rapport au volume du corps, forme des plis longitudinaux, paraissant dus à une compression latérale pratiquée probablement post mortcm parles langes dans lesquels l’enfant était enveloppé.

La peau de la face et du cou est sillonnée par un certain nombre d’excoriations superficielles.

Sur la face, à un centimètre et demi en dehors de la commissure labiale gauche, on voit une excoriation linéaire longue de 8 millimètres, sans suffusion sanguine dans le tissu cellulaire sous-jacent.

A la racine du nez, à l’angle interne de l’œil, se trouve une excoriation analogue en forme de croissant.

A droite, sur le front, on constate une excoriation superficielle doublée d’une petite suffusion sanguine. Elle s’étend de l’angle interne de l’œil droit à la ligne médiane du front. La paupière de l’œil est œdématiée.

A droite, au niveau de la branche montante du maxillaire infélieur, on trouve une petite excoriation lenticulaire épidermique, superficielle.

Sur la région parotidienne droite, il existe une excoriation linéaire, semilunaire, à concavité dirigée en bas et en dedans, longue de 7 à 8 millimètres.

Dans la région sus-hyoïdienne, un peu à droite de la ligne méiane, on voit un groupe de trois excoriations verticales, rangées presque parallèlement entre elles et très superficielles. La plus rapprochée de la ligne médiane offre seulement à sa partie supérieure une étendue en largeur mesurant environ 2 à 3 millimètres, toutes sont rectilignes, sauf la plus éloignée du larynx dont la concavité est dirigée en dedans ; le tissu cellulaire qui double ces excoriations ne contient pas de sang.

Dans la région sus-hyoïdienne gauche, on trouve cinq petites excoriations, sans direction précise. Elles sont très superficielles, l’épiderme seul est érodé.

Sur les autres parties du corps, la peau ne présente pas de traces de violence.

Le tissu cellulaire sous-épicrànien est tacheté par un très grand nombre d’ecchymoses, elles sont presque toutes punctiformes. Les os du crâne ne sont pas fracturés.

Les méninges sont extrêmement congestionnées. On trouve une large suffusion sanguine sous la tente du cervelet, et une ecchymose ponctuée dans la faux du cervelet.

L’encéphale paraît sain.

La cavité buccale est dans son état normal. Les saillies des

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papilles caliciformes sont colorées par de petites ecchymoses.

Sur la surface du corps thyroïde, on note quelques petites ecchymoses.

Le larynx et la trachée contiennent un peu de liquide séromuqueux, aéré, rougeâtre.

Les poumons sont volumineux et rosés. Les plèvres, au niveau des gouttières costo-vertébrales, sont tachetées parquelques ecchvmoses. Les plèvres des autres réglons sont couvertes de très fines ecchymoses irrégulièrement réparties. Jetés dans l’eau avec le cœur et le thymus, les poumons surnagent largement. Leurs fragments, après section des poumons, nagent également, ils laissent échapper lorsqu’on les presse sous l’eau, une grande quantité de fines bulles d’air qui viennent mousser à la surface du liquide.

Sur la surface du péricarde viscéral, on voit quelques ecchymoses sous-péricardiques, dont une très large, occupe la pointe du ventricule droit.

Le cœur est absolument vide de sang.

L’estomac renferme des mucosités non aérées.

Le méconium occupe tout le gros intestin.

Le foie et les reins sont sains.

Les points d’ossification des condyles du fémur sont bien développés. Le maxillaire inférieur est divisé par quatre alvéoles bien formées.

Conclusions. — 1° Gel enfant nouveau-né était arrivé au terme de la vie intra-utérine.

2° Il a largement respiré.

3° La mort est le résultat de la suffocation.

4° Les lésions constatées sur le cou et la face ont des caractères et des directions qui prouvent que les doigts ont été violemment appliqués sur les premières voies respiratoires, pour en détermi ner l’occlusion.

5° La naissance doit remonter à quatre ou cinq jours, c’est-àdire au 4 ou 5 décembre.

21. Asphyxie par suffocation. Rapport de P. Lorain. — Je soussigné, Paul Lorain, professeur agrégé à la Faculté de médecine, commis par une ordonnance de M. de Lurcy, juge d’instruction près le tribunal de la Seine, et après avoir prêté serment, ai le 20 septembre 1865, procédé, dans l’amphithéâtre de la Morgue, à l’autopsie du cadavre de l’enfant dont est accouchée la fille B... (Philomène), afin de rechercher les causes de la mort de cet enfant.

Avant de consigner les résultats de l’autopsie, il convient d’exa-

miner la valeur des constatations faites par le Df J..., qui a fait un rapport sur les causes probables de la mort de l’enfant B...

Après avoir indiqué que la peau était violacée surtout à la face, que les membres inférieurs étaient souillés de sang et de méconium, que le cordon avait éié coupé et n’avait pas été lié, le D'* J... signale le fait suivant : « Sur la planchette de la table de nuit, on voyait un petit las arrondi de méconium. » Le docteur pense que ce méconium est tombé lentement et s’est accumulé graduellement sur ce point. On voyait, au-dessous des narines de cet enfant, une petite quantité de mucosités muqueuses. L’enfant avait été placé dans la table de nuit.

Ces diverses constatations n’étaient pas de nature à lever tous les doutes relativement aux causes de la mort du fœtus; on devait penser que l’autopsie fournirait des éclaircissements bien autrement importants; c’est ce que reconnaît le J..., dans ses conclusions : «7° L’autopsie et les épreuves de docimasie pulmonaire sont indispensables pour arriver à des conclusions parfaitement précises. » Cependant, sans attendre cette opération indispensable, le docteur formule son opinion, dans les conclusions suivantes : «3° L’enfant a souffert pendant le travail de l’accouchement, puisqu’il a rendu son méconium.» Celte proposiliou n’a pas été justifiée par l’autopsie; il est prouvé, du reste, que le méconium a été rendu après l’accouchement. « 4° 11 a dû néanmoins naître vivant quoique respirant mal et incomplètement, comme cela arrive fréquemment dans les accouchements. » C’est là une pure supposition contredite par l’autopsie. « 5° A ce moment il a dû perdre par la section du cordon une quantité relativement considérable de sang et est tombé dans un état de faiblesse extrême. » Un témoin qui aurait assisté à l’événement pourr ait seul nous renseigner à cet égard; mais le médecin qui est en f ace du cadavre ne peut rien affirmer de semblable avant que l’autopsie ait été faite. Nous ajouterons que l’enfant était ici violacé, congestionné, tandis que les enfants syncopés sont pâles et ex sangues. « G° On a voulu un peu plus tard dissimuler son existence et on l’a enfermé dans la table de nuit où il a dû succomber au bout d’un certain temps après avoir continué à rendre du méconium.» Cette supposition est fondée sur un seul fait, la présence d’un certain amas de méconium sur la planchette; mais il n’est pas prouvé que le méconium ait été excrété peu à peu; on peut aussi bien penser qu’il a été excrété rapidement et sous une autre influence qu’une agonie lente.

J’ai dû faire ces observations concernant certaines parties du rapport de mon honorable confrère, pour dégager ma responsa-

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bililé, et restituer toute sa valeur à l’autopsie dont je donne ici les résultats :

I/enfanl, du sexe masculin, est né au terme normal, bien constitué et viable. Sa face est violacée, congestionnée; ses poumons ont cependant respiré ; ils sont roses, aérés, crépitants, plus légers que l’eau. La respiration ici s’est établie et a pleinement fonctionné. Lorsque les enfants viennent au monde affaiblis, demi-asphyxiés et qu’ils succombent au bout de peu de temps sans avoir pris pour ainsi dire possession de la vie, leurs poumons sont denses, et ne sont aérés que sur les bords et au sommet. Ici la respiration a été complète et l’enfant a vécu largement ; de nombreuses taches ecchymotiques, semées sur les poumons et sur le cœur, montrent qu’il a succombé à une suffocation brusque. Il existe au col, du côté droit, une légère excoriation faite pendant la vie de l’enfant. Le cordon ombilical a été coupé à un centimètre de l’ombilic et n’a pas été lié, mais l’état de congestion de la face et du cerveau et la pléthore du foie ne permettent pas de penser que l’hémorrhagie ait été très abondante. Les intestins sont remplis de méconium, il ne s’en est écoulé hors de l’anus qu’une faible partie. Cette circonstance se rencontre souvent dans les cas de mort par suffocation. La tête est bien conformée et n’est pas surchargée de bosses sanguines et rien ne montre que l’accouchement ait été laborieux.

En résumé :

• 1“ Cet enfant e st né à terme, vigoureux et viable.

2° Il a respiré pleinement et probablement crié.

3® Son cordon ombilical a été coupé et n’a pas été lié, ce qui pouvait amener une hémorrhagie.

4® Sa mort est le résultat d’une suffocation brusque; cette suffocation n’est pas naturelle et il existe une excoriation au col.

Tout ici indique l’infanticide.

22. Asphyxie par suffocation. — Je soussigné, Paul Brouardel, commis par M. Bitte, substitut de M. le procureur delà République près le tribunal de première instance du département de la Seine, en vertu d’une ordonnance, en date du 20 mai 1884, ainsi conçue :

î( Vu les articles 32 et 43 du code d’instruction criminelle et le procès-verbal dressé le 20 mai 1884, par M. le commissaire de police du quartier de l’Odéon, constatant la mort de l’enfant G... (Alphonsine), âgée de deux jours.

« Commettons le Brouardel, à l’effet de procéder à l’autopsie du cadavre, de rechercher les causes de la mort et de constater tous indices de crime ou délit. »

Serment préalablement prêté, ai procédé à cette autopsie le 21 mai 1884.

Le cadavre est celui d’un jeune enfant du sexe féminin, pesant 2*^‘‘,450 et mesurant 47 centimètres de longueur totale. La rigidité cadavérique a complètement disparu. La putréfaction n’est pas commencée. Le cordon ombilical est lié.

Au niveau du menton, se trouvent trois petites érosions verticales, mesurant chacune à peu près 3 millimètres et séparées de 2 centimètres. Ces érosions siègent au niveau du bord du maxillaire inférieur, deux à droite et une à gauche de la ligne médiane. Il n’y a pas de suffusion sanguine sous ces petites érosions, mais le derme est un peu rouge.

Au niveau du mamelon droit se trouvent deux empreintes onguéales desséchées très nettes, indiquant par leur courbure que le mamelon a été saisi et fortement serré.

Sous les aisselles se trouvent des empreintes parcheminées, rougeâtres, mesurant environ 3 centimètres sous l’aisselle droite et 2 centimètres sous l’aisselle gauche.

Au niveau du sein droit, on trouve une petite ecchymose.

On ne constate aucune trace de violences sur le cou et sur les membres inférieurs et supérieurs.

Les ongles arrivent à peine à l’extrémité des doigts.

Le diamètre transverse de la tête mesure 90 millimètres et le diamètre antéro-postérieur 102 millimètres.

Sous le cuir chevelu on constate les débris de la bosse séro-san guine de l’accouchement, ainsi que quelques ecchymoses sous-épicrâniennes. Les os du crâne ne sont pas fracturés. Les veines du cerveau sont un peu injectées. Il n’y a pas d’épanchement sanguin sous la tente du cervelet. Le cerveau, le bulbe, le cervelet sont sains ,

L’œsophage est sain.

La trachée contient de la spume aérée, de couleur rosée.

Le thymus n’est pas volumineux.

Les poumons sont bien développés. La plèvre droite présente une ecchymose sous-pleurale sur la face externe du lobe moyen. Les poumons sont très congestionnés. Jetés dans l’eau avec le cœur, ils nagent; il en est de même des fragments, et ces derniers pressés sous l’eau font sourdre des bronches de fines bulles d’air qui viennent se réunir sous forme de plaques de mousse à la surface du liquide. Après dilacération des fragments, ces derniers continuent à nager.

Sur le cœur, on constate la présence de dix à quinze ecchymoses sous-péricardiques. Le cœur contient un peu de sang à demi coagulé. Les valvules sont saines.

LNFANTtClDES PAR SUFFOCATION.

L’eslomac contient un peu de lait.

Le foie est congestionné.

La rate elles reins sont sains.

Le gros intestin ne contient plus de méconium, même dans ses dernières parties. Les intestins plongés dans l’eau nagent (épreuve de Breslau).

Le sternum présente cinq points d’ossification.

L’astragale elle calcanéum présentent chacun leur point d’ossification. Il en est de même des condyles de l’extrémité inférieure du fémur.

Le maxillaire inférieur présente cinq alvéoles nettement cloisonnées.

Coiîclusions. — 1° Le cadavre est celui d’un enfant du sexe féminin, âgé de deux jours environ.

2° La naissance paraît avoir précédé de quelques jours le terme normal de la grossesse (naissance à huit mois et demi environ).

3° L’enfant a largement respiré.

4® Les lésions trouvées dans les viscères, ecchymoses souspleurales et sous-péricardiques, congestion des poumons, sont celles que l’on trouve dans la mort par suffocation.

0° Les érosions notées sur la peau du menton, autour des mamelons ont été faites avec les ongles.

6° Les plaques rougeâtres parcheminées situées sous les aisselles ont été faites par des doigts appliqués sur les deux côtés de la poitrine ; leurs caractères ne permettent pas d’affirmer qu’elles ont été faites pendant la vie ou dans les premiers moments qui ont suivi la mort.

Si elles résultent d’une pression exercée pendant la vie, celle-ci a été assez forte et assez prolongée pour amener une érosion de la peau. Leur situation latérale et leur apparence tendraient à faire admettre que la suffocation est le résultat d’une compression latérale du thorax, mettant obstacle à la respiration par une pression continue.

Mais elles peuvent avoir été faites dans les premiers moments qui ont suivi la mort et résulter de pressions intermittentes pratiquées dans le but de déterminer des mouvements alternatifs analogues à ceux de la respiration et capables de suppléer à celle-ci.

23. Asphyxie par suffocation. — Je soussigné, Paul Brouardel, commis par M. Bitte, substitut de M. le procureur de la République près le tribunal de première instance du département de la Seine, en vertu d’une ordonnance, en date du IG mars 1887, ainsi conçue :

P. Brouardel. — L’Infanticide.

210 OBSERVATIONS ET EXPERTISES MÉüICO-LÉGALES.

« Vu les articles 32 et 43 du code d’instruction criminelle et le procès-verbal dressé le IG mars 1887, par M. le commissaire de police du (juartier de Saint-Ambroise, constatant le transport à la Moi’gue du cadavre d’un enfant nouveau-né du sexe masculin, trouvé dans l’égout situé sous le passage Saint-Sébastien.

(( Commettons M. le D'’ Biouardel, à l’elTet de procédera l’autopsie du cadavre, de rechercher les causes de la mort et de constater tous indices de crime ou délit. »

Serment préalablement piété, ai procédé à cette autopsie, le 16 mars 1887.

Le cadavre est celui d’un enfant nouveau-né, du sexe masculin, pesant 2'^*', 910 et mesurant 51 centimètres de longueur. Le cordon ombilical, qui mesure 36 centimètres de longueur, a été déchiré et ne porte pas de ligature. Le cuir chevelu est recouvert de nombreux petits cheveux et les ongles affleurent l'extrémité de la pulpe des doigts.

Sur le sommet de la tête se trouve une petite érosion.

Sur les dififérentes parties de la face on trouve huit ou dix petites érosions semblables, de forme onguéale. A 4 millimètres environ au-dessus de la racine du nez, une des érosions présente une forme nettement onguéale. Sous toutes ces petites érosions le derme est légèrement sanguinolent.

Sur la peau du cou, au niveau du larynx, à la partie médiane se trouvent plusieurs petites érosions superficielles, réunies sur une étendue de 2 centimètres et demi environ. A coté de ces érosions, on en trouve quatre autres, parallèles et transversales, de 3 à 4 millimètres de longueur. Le derme est également sanguinolent au-dessous de chacune de ces érosions.

Derrière le cou, il n’y en a pas.

Il n’y a pas d’ecchymoses sous-conjonctivales.

Le diamètre antéro-postérieur de la tête mesure 113 millimètres, le diamètre transversal 86 millimètres. Il n’y a pas d’épanchement sanguin sous le cuir chevelu, mais seulement une bosse séro-sanguine au niveau de l’occipital. Les os du crâne ne sont pas fracturés. Le cerveau n’est pas congestionné, il ne présente aucune lésion, ni tumeur, ainsi que le bulbe et le cervelet.

L’œsophage est sain.

La trachée est saine et contient de la spume finement aérée. Par la pression des poumons on fait sourdre des bronches, dans la trachée, une assez grande quantité de spume aérée.

Sur la surface des poumons on constate la présence d’un petit pointillé qui ne présente pas les caractères bien nets des ecchymoses sous-pleurales. Plongés dans l’eau avec le cœur et le thy-

INFANTICIDES l'AR SUFFOCATION.

mus, ils surnagent. Les fragments de poumons pressés sous l’eau laissent sourdre des bronches de fines bulles d’air qui viennent se réunir à la surface du liquide sons forme de plaques de mousse. Ainsi pressés et dilacérés sous feau, ces fragments continuent a surnager.

Il n’y a pas d’ecchymoses sous-péricardiques. Les cavités du cœur conliennent un peu de sang à demi coagulé. Les valvules sent saines.

Le foie est très congestionne.

L’estomac contient du mucus aéré.

La rate est saine.

Les reins sont également sains.

Le méconium occupe les dernières parties du gros intestin. L'intestin plongé dans l’eau ne surnage pas (épreuve de Breslau).

Le maxillaire inférieur possède huit alvéoles nettement cloisonnées.

Les condyles de l’extrémité inférieure du fémur possèdent un point d’ossification peu volumineux.

Conclusions. — 1° Le cadavre est celui d’un enfant nouveau-né» du sexe masculin, arrivé au terme normal de la gestation ou à une époque voisine du terme, mais ayant ceitainernent atteint huit mois et demi de vie intra-utérine.

2° 11 a largement respiré.

3° Les érosions qu'il porte sur le visage et sur le cou, sont des érosions onguéales qui ont été faites avec la main, pendant la vie, dans le but d’obstruer l’entrée des voies respiratoires.

4° La mort est le résultat d’une asphyxie par suffocation.

5° L’absence de ligature du cordon ombilical prouve que cet €n‘’ant n’a pas reçu les soins habituels au moment de sa naissance.

24. Asphyxie par suffocation. — Je soussigné, Paul Brouardel, commis par M. Dilte, substitut de M. le procureur de la République près le tribunal de première instance du département de la Seine, en vertu d’une ordonnance, en date du 5 mars 1884, ainsi conçue :

« Vu les articles 32 et 43 du code d’instruction criminelle et le ^procès-verbal dressé le 5 mars 1884 par M. le commissaire de police du quartier de la Folie-Méricourt, constatant la découverte, rue d’Angoulême, 88, du cadavre d’un enfant nouveau-né du sexe masculin.

c( Commettons M. le D*' Brouardel, à l’effet de procéder à l’autopsie du cadavre, de rechercher les causes de la mort et de constater tous indices de crime ou délit. »

Serment préalablement prêté, ai procédé à celte aulopsie le 7 mars 1884.

Le cadavre est celui d’un enfant nouveau-né du sexe masculin, pesant 3‘^'',050 et mesurant 51 centimètres de longueur totale. Le cordon ombilical est adhérent à l’ombilic. Son extrémité libre ne porte pas de ligature ; il est desséché et mesure 40 centimètres de longueur.

Le cuir chevelu porte quelques rares cheveux. Les ongles dépassent la pulpe des doigts. Au niveau du cou, à 1 centimètre à gauche du larynx, se trouve une petite dépression qui reparaît même après qu’on a, à diverses reprises, essayé de la faire disparaître. A ce niveau on voit une plaque, d’un centimètre et demi de diamètre, un peu foncée, sur laquelle l’épiderme est érodé; elle est formée par la réunion de trois petites empreintes groupées les unes auprès des autres, rappelant les empreintes formées par des ongles qui se déplacent. Il n’y a pas de traces de violences sur les autres parties du corps. 11 n’y a pas d’ecchymoses sousconjonctivales.

Le diamètre bi-pariétal mesure 93 millimètres et le diamètre antéro-postérieur 114 millimètres. Les os du crâne ne sont pas fracturés ; ils présentent quelques lacunes d’ossification . Le cerveau, le cervelet et le bulbe paraissent sains. Dans la cavité arachiioidienne du cervelet se trouve un petit épanchement sanguin à demi coagulé.

La trachée contient une notable quantité de spume bronchique. Les poumons sont volumineux, un peu colorés, ils présentent des ecchymoses sous-pleurales très nettes. Il existe également des ecchymoses sus-diaphragmaliques. Le diaphragme ne remonte pas très haut. Le thymus n’est pas très développé.

Jetés dans l’eau, le cœur et le thymus nagent. 11 en est de même des poumons, et les fragments de ces derniers presséssous l’eau font sourdre par les bronches de fines bulles d’air qui viennent se réunir sous forme de plaques de mousse à la surface du liquide.

Le cœur est rempli de sang liquide. Les valvules sont saines; il y a quelques ecchymoses sous-péricardiques.

L’estomac contient un peu de mucus, mais pas de bulles d’air.

Le foie est sain.

Les reins et la rate sont également sains.

Le méconium remplit les dernières parties du gros intestin.

Le sternum présente cinq points d’ossification. L’astragale et le calcanéum présentent chacun un point d’ossiflcalion très développé.

infanticides par suffocation. 213

Les coiidyles de r’exlrémité inférieure du fémur présentent un petit point d’ossification.

Le maxillaire inféiieur présente quatre alvéoles nettement cloisonnées.

Conclusions. — 1° Le cadavre est celui d’un enfant nouveau-né du sexe masculin, arrivé au terme normal de la gestation ou à une époque voisine du terme, mais ayant certainement dépassé huit mois et demi.

2° Il a largement respiré.

3° La mort est le résultat d’une suffocation. Celte suflocation •est démontrée par les traces onguéales que porte la peau du cou, la dépression qui siège à ce niveau, la spume bronchique et les ■ecchymoses sous-pleurales, sous-péricardiques et sus-diaphragmatiques.

25. Asphyxie par suffocation à la main. — 1° Autopsie de l'enfant. — Je soussigné, Paul Brouardel, commis par M. Ditte, substitut de M. le procureur de la République près le tribunal de première instance du département de la Seine, en vertu d’une ortlonnance, en date du 25 janvier 1887, ainsi conçue:

« Vu les articles 32 et 43 du code d’instruction criminelle et le procès-verbal dressé le 24 janvier 1887 par M. le commissaire de police de Levallois-Perrel, constatant le transport à la Morgue d’un fœtus découvert dans la fosse d'aisances, rue Cai'iiot, 26, à Levallois Perret.

« Commettons M. le D‘‘ Brouardel, à l’effet de procéder à l’autopsie du cadavre, de rechercher les causes de la mort et de constater tous indices de crime ou délit. »

Serment préalablement prêté, ai procédé à cette autopsie le 26 janvier 1887.

Le cadavre est celui d’un enfant nouveau-né, du sexe féminin, pesant 3*^'*, 100 et mesurant 52 centimètres de longueur totale. Le cordon ombilical a été déchiré à 24 centimètres de l’ombilic et ne porte pas de ligature.

Sur la partie latérale gauche du larynx se trouve une empreinte onguéale, à concavité tournée vers la ligne médiane et mesurant 8 millimètres de longueur.

Sur la partie latérale droite du larynx se trouve un groupe d’éiosions, se prolongeant jusqu’au niveau de la ligne médiane postérieure.

C es empreintes, ainsi que celle qui se trouve sur le côté gauche, ne sont pas doublées par un épanchement sanguin dans le tissu cellulaire sous-cutané.

Les ongles afüeureiit l’extrémité de la pulpe des doigts. Le cuir chevelu est couvert de nombreux petits cheveux. Le diamètre antéro-postérieur de la tête mesure 108 millimètres, le bi-pariélal 88 millimètres, l’occipito-mentonnier 132 et le hi-acromial 140 millimètres.

11 n’y a pas d’épanchement sanguin sous le cuir chevelu ; les os du crâne ne sont pas fracturés. Sur la pie-mère, au niveau de l’occipital gauche, se trouvent quelques petites ecchymoses. Le cerveau ne présente, ainsi que le bulbe et le cervelet, aucune lésion ni tumeur.

L’œsophage et la trachée sont sains.

Les poumons et le cœur plongés dans l’eau surnagent, les fragments de poumons exprimés sous l’eau laissent sourdre des bronches de fines bulles d’air qui viennent se réunir sous forme de plaques de mousse à la surface du liquide. Ainsi pressés et dilacérés sous l’eau ces fragments continuent à surnager. Si on presse les fragments de poumons, avant de les plonger dans l’eau, on voit sortir par les ramifications bronchiques de la spume finement aérée, mais en aucun point il ne sort des bronches de la matière fécale.

On constate sur les poumons un petit semis d’ecchymoses souspleurales, notamment sur la face postérieure du lobe pulmonaire inférieur droit.

Il n’y a pas d’ecchymoses sous-péricardiques.

Les cavités du cœur contiennent un peu de sang liquide ; les valvules sont saines.

Le foie est volumineux et congestionné.

L’estomac contient un peu de mucus coloré et aéré.

La rate est saine.

Les reins sont sains et se décortiquent facilement.

Le méconium occupe les dernières parties du gros intestin. Les intestins plongés dans l’eau vont au fond du vase (épreuve de Breslau).

Le maxillaire inférieur possède huit alvéoles nettement cloisonnées.

Les condyles de l’extrémité inférieure du fémur possèdent un point d’ossification qui mesure 6 à 7 millimètres de diamètre.

Conclusions. — 1° Le cadavre est celui d’un enfant nouveau-né, du sexe féminin, arrivé au terme normal de la gestation.

2° 11 a largement respiré.

3° La moi't est le résultat d’une asphyxie par suffocation.

4° Cette suffocation a été faite à la main, ainsi que le démontrent les érosions constatées autour du cou.

INFANTICIDES l'AU SUFFOCATION.

5° L’absence de ligature du cordon ombilical prouve que cet enfant n’a pas l’eçu les soins habituels au moment de sa naissance.

2° Examen d'une latte. — Je soussigné, Paul Brouardel, commis par M. II. Pauffin, juge d'instruction près le tribunal de première instance du département de la Seine, en vertu d’une ordonnance, en date du 26 jainder 1887, ainsi conçue:

« Vu la procédure commencée contre la fille G... (Valentinej, dix-huit ans, inculpée d'avoir tué son enfant.

« Attendu la nécessité de constater judiciairement l’état où se trouve en ce moment le fœtus et dire si l’enfant est né viable et s’il a vécu à terme.

Ordonnons qu’il y sera procédé par le D'’ Brouardel, serment préalablement prêté en nos mains,

(( Lequel, après avoir reconnu l’état où se trouve le fœtus, est prié d’examiner la latte saisie et de dire si elle a servi à pousser le fœtus dans les lieux d’aisances. »

Serment préalablement prêté... (J’avais déjà été commis par M. le procureur de la République pour faire l’autopsie de l’enfant. Je joins ce rapport à celui-ci.)

Scellé unique. — » Latte en bois saisie rue Carnol,26, et paraissant avoir servi à la fille G... pour enfoncer le fœtus dans la lunette des cabinets d'aisances.

« Le commissaire de police,

« Illisible. »

Cette latte, en bois, mesure 1“,34 de longueur, sur 31 millimètres de largeur et 8 millimètres d'épaisseur. Près de l’une des extrémités de celte latte se trouve l’étiquette du scellé ; l’autre extrémité est enveloppée dans un journal, ficelée, jusqu’au quart environ de la longueur totale. Après avoir retiré ce papier, nous constatons que l’extrémité est légèrement usée, les bords sont arrondis, les arêtes ne sont plus vives comme celles de l’extrémité opposée. A ce niveau, on constate sur les faces de cette latte et sur une hauteur de 30 centimètres environ, la présence de matières fécales desséchées, paraissant déjà anciennes.

Sur aucune des pointes de cette latte nous n’avons pu constater la présence d’une tache sanguine.

La question qui nous est posée par M. le juge d’instruction est la suivante: u Dire si cette latte a servi à pousser le fœtus dans les lieux d’aisances. »

L’usure de l’une des extrémités de celte latte, la présence à ce

niveau et dans le tiei’S inférieur, de matières fécales desséchées, indiquent que celte latte devait servir depuis assez longtemps déjà pour désobstruer le tuyau de chute et faciliter le passage des matières par ce tuyau, en les divisant. Celte latte peut donc avoir servi à pousser le fœtus dans les lieux d'aisances, si toutefois celte intervention a été nécessaire, ce que nous ne pouvons dire, ne connaissant pas la forme et les dimensions de la lunette et du tuvau du chute.

Si cette latte a servi à pousser le fœtus, il est probable qu’il devait y avoir, entre le corps de l’enfant et l’extrémité de la latte, un corps étranger interposé, tels que papiers, chiffons, etc., car, en dehors des empreintes onguéales constatées sur l’enfant nouveau-né au niveau du cou, on ne constate aucune trace de violence sur les autres parties du corps, ce qui ne serait vraisemblablement pas le cas, si l’extrémité l’avait diieclement atteint.

Conclusions. — 1° Rien ne démontre que la latte placée sous scellé ait servi à pousser l’enfant nouveau-né dans les lieux d’aisances.

2° Si celte latte a réellement servi à cet usage, il faut admettre l’interposition d’un corps étranger et mou, entre le fœtus et l’extrémité de cette latte.

26. Asphyxie par strangulation ou suffocation. — Je soussigné, Paul Brouardel, commis par ordonnance de M. E. Desjardins, substitut de M. le procureur de la République, à l’effet de procéder à l’autopsie du cadavre d’un nouveau-né (porte de Vincennes, dans le fossé des fortifications), serment préalablement prêté, ai procédé le 27 décembre 1878 à cette autopsie, à l’eftet de rechercher les causes de la mort et de constater tous indices de CI ime ou délit.

Cet enfant nouveau-né appartient au sexe masculin, il est enveloppé dans une robe de lustrine et un tablier de cotonnade, le tout est entouré par une toile d'emballage.

Autour du cou on voit un débris de torchon enroulé en forme de corde, ses deux chefs se trouvent à la partie postérieure du cou. Ils ne sont pas noués.

La putréfaction est assez avancée, les yeux ont perdu leur transpaience.

Cet enfant mesure oO centimètres du sommet de la tête aux pieds. 11 pèse 2’”' 670.

Le cordon est adhérent à l’ombilic. Il mesure 26 centimètres, il paraît avoir été coupé.

lNF.\NTIC[nKS l'AR SUFFOCATION. 217

Le visage ne porle aucune éraillure, déchirure ou ecchymose. Sous les conjonctives on ne découvre pas d’ecchymoses.

Sous le morceau d’étoiïe ([ui entourait le cou, on voit un sillon qui mesure 4 centimètres de hauteur et qui se continue sans interruption et horizontalement, comme un large cercle, autour de toute la légion cervicale.

Dans ce sillon blanc, surtout en avant, près du larynx, on aperçoit quelques traînées bleuâtres. La peau de la région examinée par transparence est un peu translucide et parcheminée par places. Le tissu cellulaire sous-cutané répondant à ce sillon ne renferme pas d’ecchymose.

La région dorsale et latérale droite de l’abdomen est le siège d’une large perforation par laquelle le foie fait saillie. De ce point à la partie externe de la cuisse droite, la peau est détachée des parties sous-jacentes, elle est déchiquetée. Les muscles de la région externe de la cuisse droite sont coupés jusqu’au fémur, mis à nu par une section perpendiculaire à l’axe de cet os, elle semble faite au couteau. De ce point jusqu’à la crête iliaque, les muscles ont disparu, mais leur section n’est pas nette, il semble qu’ils sont dilacérés par des dents de rats. On ne trouve dans ces différents tissus aucune suffusion sanguine, les lésions semblent donc avoir été faites post mortem.

Les extrémités des doigts sont rongées par les rats.

Sous la peau du crâne on constate la présence d’ecchymoses sous-épicràniennes nombreuses et très nettes. Sur le pariétal droit existe un épanchement sanguin assez considérable, trace de la bosse sanguine de l’accoucbement. Les os du crâne ne sont pas fracturés. Il n’y a pas de sang épanché sur la surface de l'encéphale qui est peu putréfié et sans lésion appréciable.

l.e larynx et la trachée contiennent quelques mucosités rougeâtres finement aérées. Les plèvres ne renferment pas de liquide. Leur surface pulmonaire est mouchetée par quelques ecchymoses sous-pleurales peu nombreuses, mais à bords nettement arrêtés. La plèvre n’est pas soulevée par des bulles de gaz de putréfaction. Les poumons, projetés dans l’eau avec le cœur et le thymus, surnagent aisément. Il en est de même de leurs fi’agments. •Ceux-ci firessés sous l’eau laissent échapper un grand nombre de bulles d’air très fines qui forment des plaques mousseuses à la surface du liquide.

Le péricarde présente quelques petites ecchymoses. Les cavités du cœur contiennent du sang fluide. Les valvules sont saines, mais infiltrées et teintées par la matière colorante du sang.

L’abdomen ne renfei'me plus que l’estomac, le foie et le gros

inlestin. Les autres viscères ont disparu, ils sont sortis par la perforation de l’abdomen et ont sans doute été mandés par les rats.

L’estomac est distendu par des gaz de putréfaction.

Le foie est rongé par les rats au niveau de l’ouverture de la cavité abdominale. Le gros intestin est rempli de méconium.

Les points d’ossification des condyles des fémurs sont très apparents. Chacune des branches du maxillaire inférieur est cloisonnée par quatre alvéoles dentaires.

Conclusions. — 1° Cet enfant nouveau-né est arrivé au terme de la gestation.

2° Il a largement respiré.

3° La mort a été causée par une asphyxie amenée soit par suffocation, soit par strangulation.

4° La naissance peut dater d’une dizaine de jours.

27. Infanticide par imprudence. Suffocation. — Je soussigné, Paul Brouardel, commis par M. Feuilloley, substitut de M. le procureur de la République près le tribunal de première instance du département de la Seine, en vertu d’une ordonnance, en date du

13 janvier 1881, ainsi conçue :

« Vu les articles 32 et 43 du code d’instruction criminelle et le procès-verbal dressé le 12 janvier 1881, par M. le commissaire de police du quartier de Joinville, constatant la mort accidentelle d’un enfant de la demoiselle G..., âgé de quatre jours.

(( Commettons M. le docteur Brouardel, à l’effet de procéder à l’autopsie du cadavre, de rechercher les causes de la mort et de constater tous indices de crime ou délit. »

Serment préalablement prêté, ai procédé à cette autopsie le

14 janvier 1881.

Le cadavre est celui d’un enfant du sexe masculin pesant 2'^*\850 et mesurant 52 centimètres de longueur totale, 28 centimètres du sommet de la tôle à l’ombilic. — Le cordon desséché n’adhère plus que très faiblement à l’ombilic; il est long de 4 centimètres et son extrémité libre est nouée à l’aide d’un lil.

La putréfaction est peu avancée; le corps est amaigi-i, la peau présente partout une coloration jaune prononcée ; cette coloration existe aussi sur la sclérotique des yeux. Les conjonctives ocLibiires ne sont pas ecchymosées. Les pupilles sont extrêmement rétrécies. Les narines laissent écouler un peu de mucus. — 11 n’existe sur le corps et notamment sur le cou et autour deda bouche et du nez aucune érosion, ecchvmose ou autre trace de violences. La peau du thorax et du ventre présente de larges lividités cadavériques.

LNFANTICIDES PAR SUFFOCATION.

Ouverture du corps. — Le cuir chevelu esl sain; il n’y a pas d’ecchymoses épici âniennes. — Les os du crâne ne sont pas fracturés et neprésenlent pas de lacunes, ni d’épaississement osseux.

Les méninges sont saines, le cerveau n’est pas congestionné.

Les veines jugulaires sont gorgées d’un sang noir.

La trachée contient des mucosités abondantes, finement aérées et légèrement teintées de sang; sa muqueuse est très injectée.

L<^s poumons sont criblés d’ecchymoses sous-pleurales ; ils présentent une coloration rouge sopibre et sont extrêmement congestionnés. Plongés dans l’eau, ils surnagent, mais dépassent seulement de quelques millimètres la surface de l’eau. — Le lobe supérieur du poumon droit reste entre deux eaux. En pressant le tissu pulmonaire entre les doigts, on fait sortir par la surface de la coupe une grande quantité de sang noirâtre, mais aucune trace de mucosités ni de liquide spumeux.

Le cœur est recouvert de nombreuses ecchymoses sous-péricardiques ; ses cavités sont remplies de caillots mous et noirs.

L’estomac ne renferme pas de lait, mais une petite quantité de mucus coloré en jaune et dans lequel nagent de petits débris noirâtres. Ces débris, examinés au microscope, ont montré la structure des tissus végétaux.

Les intestins sont sains; on trouve du méconium dans la dernière partie du gios intestin.

Le foie se décortique avec une grande facilité.

Les reins montrent de nombreux infarctus d’acide urique, disposés en stries jaunâtres dans les tubes collecteurs.

La veine ombilicale contient un caillot.

Les points d’ossification de l’extrémité inférieure du fémur mesurent 2 à 3 millimètres de diamètre.

Le maxillaire inférieur renferme huit alvéoles cloisonnées.

Conclusions. — 1° Le cadavre est celui d’un enfant âgé de qu dques jours, et venu au monde au terme normal de la gestation, ou à une époque très voisine de ce terme.

2° Cet enfant était atteint d’un ictère très prononcé.

3° L’état du cœur et des poumons démontre que la mort a eu lieu par asphyxie.

4° Le corps ne porte aucune trace de violences.

0° Les poumons ne présentent pas de lésions de bronchite qui autorisent à admettre l’existence d’une bronchite suffocante, pouvant causer la mort par asphyxie spontanée.

6° Cette asphyxie peut avoir pour cause l’occlusion des orifices de la bouche et du nez par un corps mou, tel qu’un oreiller, un matelas ou le corps d’une nourrice.

28. Asphyxie d’un enfant de trois jours. Suffocation accidentelle ou bronchite suffocante. — Je soussigné, Paul Rrouardel, commis par ordonnance de M. de la Fuye, substitut de M. le procureur de la République, à l’efTet de procéder à l’autopsie du cadavre de la jeune T... âgée de trois jours, serment préalablement prêté, ai procédé le 26 juin 1878, à celte aulopsie.

Le cadavre est celui d’un enfant du sexe féminin, assez bien développé. Il pèse 2’^i',550 et mesure 47 centimètres. Le cordon ombilical, long de 5 centimètres, porte une ligature, il est desséché et à moitié détaché de son insertion ombilicale.

La rigidité cadavérique a disparu, la putréfaction n’esi pas commencée. Les yeux sont bien conservés, on voit nettement leur couleur bleue.

La peau ne présente ni ecchymose, ni plaque parcheminée, notamment autour des lèvres et du cou. Aux deux aines il y a une petite écorchure superficielle. Pas de suffusion sanguine dans le tissu cellulaire.

Les conjonctives et le tissu cellulaire crânien ne sont le siège d’aucune ecchymose.

Les os du crâne ne sont pas fracturés. Le cerveau est congestionné, mais sain.

Les poumons sont largement développés. Leur surface est parsemée d’un grand nombre d’ecchymoses sous-pleurales très peliles.

La trachée et les bronches sont remplies par une écume bronchique très abondante. L’arrière-gorge, le larynx et la trachée ne présentent aucune lésion.

Le péricarde contient un peu de sérosité sanguinolente, quelques ecchymoses sous-péricardiques. Les vaisseaux sous-péi icardiques sont très congestionnés. Les cavités du cœur sont remplies par quelques caillots mous.

L’estomac est plein de lait et de mucosités, mais il ne renferme pas de gaz. L’intestin est débarrassé de son méconium. Le foie est peu congestionné. Les reins sont sains.

Le point d’ossification des condyles du fémur est bien développé.

Conclusions. — 1° Lajeune T..., âgée de trois jours, a succombé aux suites d’une asphyxie pas suffocation provoquée ou spontanée.

2° La quantité d’écume bronchique qui remplit la ti-achée et les bronches, la sérosité sanguinolente trouvée dans le péricarde, les caillots sanguins que renferment les cavités du cœur, doivent plutôt faire admettre que l’asphyxie a eu une certaine durée et qu’elle est la conséquence d’une bronchite suffocante.

INFANTICIDES PAR SUFFOCATION

3° L’absence de traces de violences, l’absence des ecchymoses sous-conjonctivales et sous-épicràniennes tendent également à faire écarter l’bypothèse de la mort par siilTocation brusque, telle que celle qui aurait été la conséquence de la privation d’air par rinlerposition du corps delà mère entre la bouche de l’enfant et l’air extérieur.

29. Asphyxie par suffocation probable. — Je soussigné, Paul Brouardel, commis par M. Dit te, substitut de M. le procureur de la République près le tribunal de première instance du département de la Seine, en vertu d’une ordonnance en date du 5 mars 1884, ainsi conçue :

« Vu les articles 32 et 43 du code d’instruction criminelle et le procès-verbal dressé le 5 mars 1884, par M. le commissaire de police du quartier de l’Arsenal, constatant le transport à la Morgue du cadavre d’un enfant nouveau-né du sexe féminin trouvé chez la dame B...,loo, rue Saint-Antoine.

« Commettons M, le D*" Brouardel, à l’elTet de procédei' à l’autopsie du cadavre, de rechercher les causes de la mort et de constater tous indices de crime ou délit. »

Serment préalablement prêté, ai procédé à cette autopsie le 7 mars 1884.

Le cadavre est celui d’un enfant nouvrau-né du sexe féminin, il a 50 centimètres de longueur. Le cordon ombilical est adhérent à l’ombilic. Il mesure 14 centimètres de longueur. Son extrémité libre ne porte pas de traces de ligature et semble avoir été déchirée. Ce nouveau-né pèse 2 970; il est pâle. La putréfaction n’est

pas commencée.

Les ongles dépassent l’extrémité de la pulpe des doigts. Les plis inguinaux sont couverts d’enduit sébacé. Le pourtour de l'anus est souillé par du méconium.

Il n’y a pas d’ecchymoses sous-conjonclivales.

Au-dessous du lobule de l'oreille gauche se trouve une érosion linéaire de 1 centimètre de longueur, verticale, un peu plus large à sa partie supérieure qu’à la partie inférieure.

On ne constate pas de traces de violences sur les différentes parties du corps, notamment autour de la bouche qui contient quelques mucosités.

Le diamètre bi-pariétal mesure 10 centimètres et le diamètre antéro-postérieur 113 millimètres.

11 n’y a pas d’épanchement sanguin sous le cuir chevelu, excepté au niveau delà bosse séro-sanguine d’accouchement. Les os du crâne ne sont pas fracturés. Il existe un léger épanchement

sanguin dans la cavité arachnoïdienne, sous la lente du cervelet.

Le cerveau, le cervelet et le bulbe sont sains.

Il n’y a pas de corps étranger dans l’arrière-bouche. Le larynx, le pharynx et la trachée sont sains. Par la pression des poumons on fait sortir un peu de spume par la trachée.

Le thymus n’est pas très développé.

Les poumons et le cœur jetés dans Peau nagent. Il en est de même des poumons et de leui’s fragments.

Ces derniers pressés sous l’eau laissent sourdre de fines bulles d'air qtii viennent se réunir en plaques de mousse à la surface du liquide. Sur la plèvre pariétale gauche on constate une ecchymose sous-pleui‘ale,

II n’y a pas d'ecchymoses sous-péricardiques. Le cœur est vide, les valvules sont saines. L’artère pulmonaire contient un peu de sang.

L’estomac contient quelques bulles de gaz.

Le foie est sain.

Les reins et la rate sont sains.

Les intestins plongés dans l’eau (épreuve de Breslau), vont au fond du vase. Le méconium occupe les dernières parties du gros intestin.

Le sternum présente quatre points d’ossification.

Le calcanéum et l’astragale ont chacun leur point d’ossification très développé. Les condyles de l’extrémité inférieure du fémur présentent un point d’ossification.

Le maxillaire inférieur présente trois alvéoles nettement cloisonnées.

Conclusions. — 1° Le cadavre est celui d’un enfant nouveau-né, du sexe féminin, arrivé au terme normal de la gestation ou à une époque voisine du terme, mais ayant certainement dépassé huit mois et demi.

2° 11 a largement respiré.

3° La moi t paraît être la conséquence d’une asphyxie.

4° L’érosion linéaire, faite probablement par un ongle, située audessous du lobule de l’oreille gauche ne suffitpas tà démontrer que cette asphyxie résulte d’une suffocation par occlusion des voies respiratoires. Celle-ci a pu avoir lieu d’ailleurs par application d’un coips mou, d’un oreiller, de la paume de la main sur la face, mais l’examen et l’autopsie du cadavre ne fournissent pas la démonstration positive de cette hypothèse.

5° L’absence de ligature du cordon, la présence de l’enduit sébacé prouvent que ce nouveau-né n’a reçu aucun soin après sa naissance.

INFANTICIDES PAR SUFFOCATION

30. Asphyxie par suffocation probable. — Je soussigné, Paul Biouaidel, commis par M. Dilte, substilul de M. le procureur de la République piès le tribunal de première instance du déparlemenl de la Seine, en vertu d’une ordonnance, en date du 31 mars 1884, ainsi conçue :

« Vu les articles 32 et 43 du code d’instruction criminelle et le procès-verbal dressé le 29 mars 1884, par M. le commissaire de police de Vincennes constatant le transport à la Morgue du cadavre d'un enfant mâle, né à peu près à terme, trouvé dans le bois de Vincennes, près de l'avenue des Tribunes.

«Commettons M. le D'' Brouardel, à l’etfetde procéder à l’autopsie du cadavre, de rechercher les causes de la mort et de constater tous indices de crime ou délit. »

Serment préalablement prélé, ai procédé à cette autopsie le 3 avril 1884.

Le cadavre est celui d’un enfant nouveau-né du sexe masculin, pesant 2 520. Il mesure 49 centimètres de longueur totale. Le

cordon, qui mesure 12 centimètres de long, est desséché et ne porte pas de ligature. La putréfaction est très avancée; on trouve des plaques de moisissures sur le corps et notamment sur les bourses. L’épiderme est enlevé dans certaines régions. Les orbites sont vides, le nez et la bouche sont verdâtres et parcheminés. Sur le menton se trouvent des érosions superflcielles, non ecchymotiques, qui peuvent avoir été faites après la mort. Sur la face anlérieure du thorax, on trouve une large tache parcheminée noiï'àtre.

11 n’y a pas d’épanrhement sous le cuir chevelu, les os du crâne ne sont pas fracturés. Le pariétal droit présente une lacune d’ossification. Le cerveau est putréfié.

L’œsophage est sain ainsi que la trachée. Par la pression des poumons, on fait sourdre des grosses bronches dans la trachée de la spume sanguinolente. Les poumons nagent et sont couverts de nombreuses ecchymoses sous-pleurales très nettes. Les fragments de poumons nagent également et si on presse ces derniers sous l’eau on fait sourdre des bronches de fines bulles d’air qui viennent se réunir en plaques de mousse à la surface du liquide. Il n’y a pas de bulles de putréfaction sur la surface des poumons.

Le cœur contient un peu de sang liquide. Les valvules sont saines.

Le foie est sain.

L’estomac contient environ une cuillerée à café de liquide nen aéré.

La rate et les reins sont sains.

Le méconium occupe les dernières patlies du gros intestin. Plongés dans l’eau, les intestins vont au fond du vase (épreuve de Bieslau).

Les points d’ossification du calcanéum et de l’astragale sont très développés. Il en est de même de celui des condyles de l’extrémité inférieure du fémur, il mesure 4 ou 5 millimètres de diamètre.

Le maxillaire inférieur présente quatre alvéoles nettement cloi sonnées.

Conclusions. — 1° Le cadavre est celui d’un enfant nouveau-né, du sexe masculin, arrivé au terme normal de la gestation ou a une époque voisine du terme, mais ayant certainement dépassé huit mois et demi de vie intra-utérine.

2° 11 a largement respiré.

3° La putréfaction est trop avancée pour qu’il soit actuellement possible de constater des traces de violences qui n’auraient intéressé que les parties superficielles de la peau.

4° Les lé5ions viscérales sont celles que l’on trouve dans la suffocation, mais elles ne suffisent pas à démontrer sans aucun doute possible que telle a été la cause de la mort de ce nouveau-né.

5° L’absence de ligature du cordon prouve que cet enfant n’a pas reçu au moment de sa naissance les soins habituels.

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