QUESTIONS RELATIVES A LA MÈRE
de leur réunion chez une môme femme augmente beaucoup leur valeur, il ne permet pas cependant une conclusion formelle.
Les dépositions des témoins entendus au cours de l’instruction concordent parfaitement avec la présomption d’une grossesse terminée à la fin de septembre ou au commencement d’octobre 1882. Outre l’augmentation graduelle du volume du ventre et de la poitrine signalée par plusieurs personnes, qui aurait disparu brusquement et qui ne peut être attribuée à une maladie dont il ne reste aucune trace, l’enflure des pieds et des jambes constatée par un témoin s’observe assez fréquemment au cours de la grossesse, l’hémorrhagie abondante au point de « tacher le lit jusqu'au sommier » est bien en rapport, chez une femme d'ailleurs bien portante et qui dit môme ne pas avoir été réglée à cette époque, avec l’idée d’un accouchement — et enfin, les pertes sanguines survenues vers la fin d’octobre et « assez abondantes pour qu’on ail pu suivre l’inculpée à la trace » sont bien en rapport aussi avec ce qui peut se produire chez une femme ayant accouché quelque temps auparavant et n’ayant pris aucun des soins que réclamait son état. — Nous n’avons évidemment pas à nous prononcer sur le degré de confiance qu’il convient d’accorder à ces dépositions, mais nous devons faire remarquer cependant qu’elles correspondent bien entre elles et que même elles se corroborent mutuellement. Toutefois, nous ne nous croyons pas autorisés à conclure d’après des faits que nous n’avons pas observés nous-mêmes et, ici encore, si nous nous trouvons amenés à croire que l’accouchement remonte très vraisemblablement à l’époque indiquée p,ar la prévention, nous ne pouvons l’affirmer d’une manière absolue.
Conclusions. — 1° La fille P... présente les signes d’un accouchement antérieur à nos examens.
2° Bien que les constatations faites sur la fille P... et les dépositions des témoins qui nous ont été communiquées doivent faire considérer comme très probable que cet accouchement ne remonte pas au delà de quelques mois, nous ne pouvons cependant affirmer d’une manière absolue que l’accouchement ne s’est pas effectué à une date plus reculée, et même au mois de décembre 1879, comme le piétend l’inculpée.