DANS LESQUELLES S’EST ACCOMPLI L’INFANTICIDE
L’une des particularités d’une très-grande importance qui se rattachent à la constatation des circonstances dans lesquelles s’est accompli le crime d’infanticide, et sur laquelle MM. les professeurs Tardieu et Robin ont fait de remarquables recherches, c’est la constatation au moyen du microscope de la nature des diverses taches, existant soit sur des draps de lit, soit sur des vêtements, taches que l’on peut attribuer au contact d’nn foetus ou d’un enfant nouveau-né, C’est à l’occasion de deux expertises qui leur ont été confiées, que les deux maîtres éminents, que je viens de citer ont enrichi la médecine légale de cc précieux moyen d’investigation. Pour en faire ressortir toute la valeur, je citerai seulement l’un de ces cas. Il s’agit d’une fille R., dont l’enfant avait été trouvé dans une fosse d’aisances, la tête écrasée par le passage à travers l’orifice étroit de la latrine. Cette fille alléguait qu’elle était accouchée accidentellement pendant qu’elle se trouvait sur le siège même des lieux d’aisances. Outre les preuves fournies par l’état du cadavre
de l’enfant, les vêtements de la femme portaient des taches caractéristiques, qui, par le moyen du microscope, ont été reconnues comme formées de sang et d’enduit sébacé, et qui prouvaient que l’enfant avait été transporté dans un pli de la robe et jeté dans les latrines.
Les taches peuvent être formées par l’enduit fœtal, l’épiderme ou par le méconium. Si l’on connaît les caractères histologiques de ces divers produits, on constate facilement, à l’aide du microscope, la nature de différentes taches que peut produire le contact de l’enfant nouveau-né.