‹ L' infanticide par l'immersion dans les fosses d'aisancesChapitre 8 sur 14 · DE L’ÉTAT PHYSIQUE ET MORAL DE LA FEMME APRÈS L’ACCOUCHEMENT · texte numérisé non relu

DE L’ÉTAT PHYSIQUE ET MORAL DE LA FEMME APRÈS L’ACCOUCHEMENT

— Une femme qui vient d'accoucher est-elle hors d'état de donner à son enfant les soins nécessaires ? Bien des fois les accusées d’infanticide allèguent qu’au moment de l’accouchement elles se trouvaient dans l’impossibilité physique de s’occuper de leur enfant, qu’un état de syncope ou une attaque convulsive ne leur ont pas permis de donner les soins nécessaires, et que l’enfant a pu être étouffé, soit par les mucosités qui se trouvaient dans l’arrière-gorge, soit par une position vicieuse, baigné dans les liquides qui s’échappaient de leurs parties, ou bien qu’il a pu être écrasé pendant ie mouvement convulsif. Mais si une hémorrhagie abondante, seule cause admissible, a amené la syncope, une perquisition au domicile de la femme, une enquête dans le lieu où elle s’est délivrée, permettent de constater s’il y a eu perte de sang considérable. L’écrasément par le corps ou par un membre de la femme laisse des traces visibles; les mucosités ne sont pas de nature à obstruer les voies aériennes, enfin les liquides issus des parties de la femme ne donnent pas nécessairement la mort, parce que la vie de l’enfant s’entretient par la circulation placentaire, le cordon n’étant pas coupé.

Les violences commises par la femme sur son enfant sont-elles le résultat d'une perversion des facultés mentales ou affectives , ou d'un délire puerpéral ? 11 arrive souvent que les accusées d’infanticide déclarent qu’au moment de leur délivrance, elles se trouvaient dans un état de trouble de la raison, qu’elles n’ont pas eu conscience de leur acte en tuant leur enfant; c’est cet état que les médecins aliénistes ont considéré comme une folie transitoire : entre autres L. Marcé, qui en admet la possibilité, cite plusieurs exemples. M. le professeur Tardieu, en s’appuyant même sur les arguments des au- 186 S. — Nicolescu.

teurs qui ont écrit en faveur de cette folie transitoire du moment de l’accouchement, caractérisé par : ignorance de la grossesse, la surprise causée par les premières douleurs de la délivrance, l’égarement passager qui dure juste le temps de mutiler 1 enfant, de lui nouer un cordon autour du cou, de le cacher sous les matelas ou de le jeter dans les latrines, etc., n’admet pas cette espèce de folie, car il ne connaît pas un seul exemple authentique et vraiment démonstratif.

L’état de folie non transitoire, mais bien caractérisée par des symptômes habituels (folie hystérique, lypémanique avec hallucinations ou plus rarement fureur maniaque), avant ou après l’accouchement, rend irresponsable une femme qui a commis l’infanticide,

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