SON ASPECT CLINIQUE ET RADIOLOGIQUE
L’EPANCHEMENT PLEURAL
Préambule,
Nous avons longuement hésité avant d’adopter le titre de ce travail. Le terme d’« artério-scléreux » en effet ne nous satisfait pas complètement, et nous voulons tout de suite délimiter notre sujet.
On sait à combien de controverses ont donné lieu l’artério-sclérose et l’athérome du point de vue de leurs limites nosologiques, de leur étiologie, de leur pathogénie. Et pourtant le mot d’artério-sclérose, largement employé par le public, n’a, il faut bien le dire, guère plus de précision dans le langage médical courant qui en fait grand usage.
Il n’est pas dans notre intention d’en discuter ici, mais seulement de rappeler quelques notions anatomiques, et de dire de quels sujets nous entendons parler sous le nom d’« artério-scléreux ».
Du POINT DE VUE ANATOMIQUE, certains auteurs séparent l’athérome des gros vaisseaux, l’artério-sclérose des moyens vaisseaux et l’artériolo-sclérose.
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D’autres (LANCEREAUX, POTaIN) séparent l’athérome, lésion dégénérative et localisée des grosses artères, spéciale à la sénilité, et l’artério-sclérose, altération progressive et diffuse des artérioles, atteignant les adultes de souche arthritique, se compliquant de scléroses viscérales.
D’autres enfin, avec JosuÉ, considèrent qu’il n’y a pas de différences profondes entre les deux proces- SUS :
l’athérome ne serait que l’artério-sclérose des moyennes ou grosses artères.
Selon cette notion, on peut donc donner de l’artério-sclérose une définition anatomique générale que nous emprutons à MouqQuIN et BARDIN « modifications scléreuses des parois artérielles auxquelles s’associent des altérations dégénératives sous forme d’infiltration lipoïdique, de calcification et de dégénérescence hyaline ».
Du POINT DE VUE CLINIQUE : le mot d’artério-sclérose évoque un certain nombre de tableaux, dont deux types extrêmes peuvent être décrits :
— le pléthorique, au faciès rubicond, obèse et jovial, vite essoufflé, mais témoignant souvent d’une vitalité presque excessive.
— l’homme ayant dépassé la cinquañtaine « d’aspect plus ou moins sénile, à teint pâle et jaunâtre, à nutrition générale plus ou moins défectueuse, et en imminence d’insuffisances organiques multiples » (CLERC et Noël DESCHAMPS).
C’est de beaucoup le tableau plus fréquent et on peut dire qu’à partir de 70 ans, 90 % au moins des sujets répondent à ce type.
Mais en dehors de cette allure générale, quels sont les signes cliniques de l’artério-sclérose :
a) Ils se réduisent en fait à un certain nombre de signes artériels bien classiques : temporales sineuses, dures, saiïllantes, roulant sous le doigt.
Radiales dures et tendues, moniliformes parfois.
Humérales dures et battantes (signe de la sonnette).
Encore ces signes peuvent-ils être localisés à un territoire, ou atténués, ou tout à fait absents, car on sait que cette sclérose des moyens vaisseaux n’accompagne pas forcément l'atteinte des artérioles.
b) On y joint souvent l’hypertension artérielle : tension artérielle élevée dans ses deux éléments, maxima et moyenne, celle-ci plus nettement : type 23/14.....18/12.
Beaucoup d’auteurs ont même fait de l’hypertension la cause de l’artério-sclérose.
c) Enfin on ajoute généralement à la symptomatologie clinique de l’artério-sclérose les accidents viscé- ‘raux multiples qu’on lui attribue :
rein des scléreux,
cœur des scléreux... «etc. sont des expressions courantes. Et il est bien certain en effet que souvent ces sujets ont une azotémie un peu élevée, que souvent on trouve au niveau du cœur, soit un souffle systolique de la pointe, (insuffisance mitrale des scléreux), soit un souffle mitro-aortique, souffle en écharpe, souffle à double maximum, base-pointe, sui-
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vant l’expression de Donzelot. Mais ce n’est pas constant.
Au total, ce que nous entendons ici suivant le sens le plus banal de la terminologie, par artério-scléreux, c’est l’homme aux alentours de la soixantaine, aux artères ayant perdu leur souplesse, et exposé à un certain nombre d’accidents généralement mis sur le compte de la déchéance artérielle généralisée et des déchéances parenchymateuses qui s’ensuivent.
Parmi ces accidents, l’infarctus pulmonaire tient selon nous une place importante : fréquent en tant que manifestation de l’insuffisance cardiaque à laquelle sont voués ces sujets si d’autres complications n’interviennent, mais fréquent aussi en tant que premier accident important, avant tout signe de défaillance cardiaque. C’est à cette forme si particulière par ses conditions d’apparition, son pronostic, les difficultés des problèmes étiologiques et pathogéniques qu’elle pose, que nous nous attacherons surtout.