OBSERVATION X
(Gilbert et Castaigne, Société de biologie 1899.)
Jeune fille, seize ans, n'ayant aucune tare névropathique héréditaire ni personnelle, fait à l'âge de quinze ans une fièvre typhoïde dont la période pyrétique dura trois semaines et dont la convalescence fut régulière. Dans les premiers jours qui suivirent l’apyrexie, la malade se plaignit de douleurs vagues dans la région du corps thyroïde et la mère constata une augmentation notable du volume du cou. Un mois après, les yeux devinrent brillants et étranges. En même temps,le goitre devenait nettement appréciable. A l’heure actuelle,et depuis plus de deux ans, la malade a tous les signes classiques de la maladie de Basedow.
Pour expliquer la rareté extrème du goitre exophtalmique à la suite de la fièvre typhoïde, 1l nous parait vraisemblable de dire avee M. Garnier :
L'infection ayant amené de l'hypersécrétion colloïde, quand la glande résiste bien, cette hypersécrétion est bien supportée ; la thyroïde répare les dépenses que nécessite celle exagéralion des fonctions, ses cellules prolifèrent et l’épithélium détruit est constammentremplacé. Mais, dans des conditions spéciales, ou, par exemple chez un sujet incontestablement prédisposé par une hérédité neuro-arthrilique, comme c'est le cas pour le malade de M. Benoît, il pourra en être autrement, la glande épuisée ne réagira plus norma-
SHeor es lement et sécrétera de la matière colloïde anormale ou en ({rop grande quantité. Peut-être, en recherchant systématiquement dans les antécédents des Basedowiens trouverions-nous plus souvent le poison typhogène pouvant expliquer l'apparition du syndrome.