‹ L'infection meningococciqueChapitre 48 sur 75 · COBAYES · texte numérisé non relu

COBAYES

ayant reçu 1 ce. de sérum antimicrobien.

2 cent, cubes.

1 cent. cube.

0 ce. 05

0 ce. 03

0 ce. 01

0 ce. 005

-i- en 12 heures.

Survit.

+ en 10 heures.

+ en 24 heures.

Survit.

Survit.

Survit.

Survit.

+ en 20 heures.

Survit.

Survit.

Survit.

Survit.

Survit.

La lecture de ce tableau montre que le sérum antimicrobien est même plus antitoxique que le sérum antitoxique lui-même, puisqu'il neutralise 10 doses mortelles, et le second 5 doses mortelles. Ce résultat, paradoxal en apparence, s'explique fort bien quand on considère que la vaccination par les extraits ne peut être poussée proportionnellement aussi loin

u'avec les cultures.

Pouvoir bactériolytique. — Le pouvoir bactériolytique du sérum antiméningococcique peut être mis en évidence par sa teneur en sensibilisatrice d'une part, en bactériotropines, d'autre part.

Sensibilisatrice. — On a vu plus haut qu'un antisérum méningococcique contient tout d'abord une sensibilisatrice vis-à-vis du germe homologue, mais qu'il en contient aussi pour les germes hétérologues. Il y a tout lieu de penser que dans ce dernier cas, il s'agit de co-sensibilisatrices spécifiques (voir page 98).

424 SÉROTHÉRAPIE ANTIMÉNINGOCOCCIQUE

Cette sensibilisatrice n'a aucune action sur les germes étrangers au méningocoque.

Bactériotropines. — Les bactériotropines peuvent être mises en évidence in vitro par la méthode de Wright, et principalement la méthode de Neufeld. Nous verrons plus loin qu'on a tenté de les appliquer au dosage du sérum.

In vivo^ Jochmann, puis Flexner injectent préventivement dans le péritoine 0,1 centimètre cube d'antisérum et, le lendemain, une émulsion mortelle de méningocoques ; quelques heures après cette dernière injection, avec des pipettes capillaires, ils prélèvent de l'exsudat péritonéal ; ils constatent l'existence de nombreux leucocytes ayant phagocyté les méningocoques ; l'animal survit ; avec le sérum normal, ce phénomène est infiniment moins accusé. Quand le sérum est remplacé par du bouillon simple, et à plus forte raison quand l'émulsion a été injectée seule (animaux témoins), le Hquide examiné à la même époque fourmille de méningocoques, est très pauvre en leucocytes, et le plus souvent l'animal succombe.

Kraus et Baecher (1) injectent simultanément dans le péritoine de cobayes de 250 grammes, 1 à 2 centimètres cubes d'une forte émulsion de méningocoques, tuant l'animal en vingt-quatre ou quarante-huit heures, et 0,2 à 0,5 centimètre cube d'antisérum. Ils prélèvent l'exsudat péritonéal trois, sept et vingt-quatre heures après l'injection, l'ensemencent sur plaques et font la numération des colonies qui ont poussé.

Dans ces conditions, ils constatent que, chez les témoins ayant reçu l'émulsion seule, ou additionnée de bouillon, les colonies sont innombrables trois, quatre, cinq, et souvent huit heures après l'injection ; avec du sérum normal, elles sont encore très nombreuses ; avec du sérum antiméningococcique, au bout de trois heures, elles sont disséminées, moins nombreuses que dans les cas précédents ; vers la cinquième ou septième heure, elles sont très rares. Toutefois, les tableaux fournis par les auteurs, tout en prouvant l'influence indéniable du sérum, ne montrent pas dans son action des résultats d'une constance absolue.

Il est préférable d'employer une autre technique : au lieu d'employer des doses mortelles, qui varient; on le sait, avec ohaque animal, il vaut mieux utiliser des doses non mortelles^ devant lesquelles le péritoine du cobaye jeune téagit d'une façon identique d'un animal à l'autre, soit un sixième d'une culture sur agar de vingt-quatre heures. C'est ce que j'ai réahsé sous le nom à' épreuve du péritoine (voir page 99).

Cette épreuve montre d'une façon saisissante le pouvoir bactériolytique des sérums expérimentés sur les germes homologues. Il est infiniment vraisemblable qu'il n'e^t mis en œuvre qu'indirectement à la faveur de la phagolyse. Metchnikoff a démontré, en effet, que dans le phénomène de Pfeiffer, qui est en réalité reproduit ici pour le ménmgocoque, la destruction extracellulaire des bactéries « se présente comme 1^ manifestation bactéricide du liquide issu des leucocytes atteints ou désagrégés pendant la phase de phagolyse ».

La preuve de la spécificité de ces bactériolysines a été nettement prouvée

(1) Kraus et Baecher, Zeitschrift fiir ImmunitaforschUngundexperimentelle Thérapie, juillet 1909.

par l'expérience, malgré la présence fréquente dans un même sérum de co-bactériolysines vis-à-vis des germes hétérologues ; mais ces dernières peuvent être facilement séparées par la saturation (voir page 103).

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