‹ L'infection meningococciqueChapitre 49 sur 75 · DOSAGE DU SÉRUM ANTIMÉNINGOCOCCIQUE · texte numérisé non relu

DOSAGE DU SÉRUM ANTIMÉNINGOCOCCIQUE

Tous les auteurs qui ont préparé du sérum antiméningococcique ont évidemment compris l'impérieuse nécessité d'apprécier la valeur du sérum avant de l'employer pour les besoins thérapeutiques. Mais, contrairement à ce qu'on a l'habitude d'observer pour le titrage des autres sérums connus (antidiphtérique, antitétanique, antidysentérique, etc.), tous se sont heurtés à des difficultés presque insurmontables. Ainsi qu'on le verra plus

IHbin, il faut bien avouer que l'on n'est pas encore en possession d'une mé- ^^lode rigoureuse et sûre pour en évaluer le pouvoir curatif.

Titrage par mensuration du pouvoir anti-inîectieux. — Dès les premières recherches, on a pensé pouvoir résoudre le problème en dosant le pouvoir anti-infectieux du sérum. Rien ne paraissait plus simple que d'infecter expérimentalement un animal sensible comme le cobaye et la souris, et d'apprécier la valeur préventive et curative du sérum en utilisant contre l'injection infectante des quantités décroissantes de ce dernier. C'est ce qu'ont fait tout d'abord Jochmann, puis Ruppel.

D'après Jochmann, 0,2 centimètre cube de sérum injecté préventivement à la souris, sous la peau ou dans le péritoine, doit la protéger contre une dose quatre fois mortelle. Chez le cobaye, 0,5 centimètre cube de sérum doit protéger contre deux doses mortelles qu'il évalue à trois oses dans le péritoine.

Ruppel employait le même procédé, mais en se servant d'un méningocoque particulier dont il exaltait la virulence par une méthode qu'il n'a voulu révéler à personne. Les résultats qu'il obtint ne furent donc conijfc^irmés par aucun auteur.

I^P L'étude des faits avancés par Jochmann fut reprise par tous les auteurs ' ' (Flexner, Kolle et Wassermann, Kutscher, Ghon, D opter, etc.).

Contrairement aux affirmations de Jochmann, la mensuration du pouvoir anti-infectieux du sérum antiméningococcique est impossible à déterminer chez l'animal. En effet, le pouvoir pathogène du méningocoque et sa virulence sont extrêmement variables d'un animal à l'autre. De plus, il existe chez le cobaye (animal de choix) des différences énormes de réceptivité individuelle vis-à-vis de la dose mortelle, qui condamnent l'emploi de cette méthode : d'un jour à l'autre, sans qu'on en connaisse la raison, la virulence du méningocoque varie en des proportions importantes. Puis, prenons un lot de cobayes de même poids (200 grammes) ; injectonsleur, par exemple, deux oses d'une culture sur agar, âgée de vingt-quatre lieures ; les uns succombent en quelques heures, d'autres en deux à trois jours, d'autres résistent. En wn mot, une dose peut être mortelle pour l'un, inoffensive pour l'autre ; et la dose minima mortelle est impossible à définir.

On comprend, dans ces conditions, que la base d'appréciation soit trop peu précise pour qu'oM puisse tabler sur des résultats certains dans de»

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expériences de sérothérapie, destinées à évaluer rigoureusement le pouvoir curateur et même préventif d'un sérum donné.

Après de multiples essais infructueux chez le jeune cobaye, j'ai entrepris des expériences semblables chez le singe macaque par la voie rachidienne. J'ai observé les mêmes écarts.

On a pensé pouvoir tourner la difficulté en exaltant la virulence du méiiingocoque et en essayant de la lui faire conserver. Kolle, Wassermann, Dopter ont fait subir ainsi, à des cultures de méningocoques, de multiples passages par le péritoine de cobayes et de souris, sans obtenir de résultats appréciables. Sans vouloir lui conférer une plus grande virulence, j'ai tenté en vain d'habituer le méningocoque à l'organisme du cobaye par des passages en sacs de collodion dans le péritoine de cet animal.

Kolle et Wassermann ont cherché, par injection sous-cutanée préalable d'agressines artificielles, à rendre les animaux plus sensibles à l'injection péritonéale pratiquée une heure après ; les résultats furent très inconstants.

C'est ce qui résulte encore des expériences récentes de H. Amoss et P. Marsh qui, pour des raisons identiques, refusent toute valeur à la recherche du pouvoir protecteur du sérum in çiço, préconisée à nouveau par Hitchens et Robinson (1),

La question parait donc jugée actuellement : jusqu'à plus ample informé la protection que peut conférer le sérum contre N doses mortelles de méningocoques est impossible à évaluer.

Titrage par la fixation du complément. — Kolle et Wassermann (2) ont pensé pouvoir doser le pouvoir antimicrobien du sérum par la méthode de la fixation du complément, qui leur permet de titrer la quantité d'ambocepteurs qu'il contient :

Dans une série de tubee, ils versent une même dose d'extrait : 1 centimètre cube d'une dilution à 1 /lO, soit 0,1 centimètre cube d'extrait, puis dans chacun d'eux respectivement des dilutions progressives de sérum : 1 centimètre cube de dilution à 1 p. 100, à 0,5 p. 100, à 1 p. lOCO, à 1 p. 10.000, soit 0,01, 0,005, 0,001, 0,0001 centimètre cube.

On ajoute 1 centimètre cube de complément de cobaye, dilué à 1 p. 10 dans l'eau physiologique.

Après une heure de contact à l'étuve à 37<^, on ajoute alors dans chaque tube le système hémolytique : globules rouges de mouton et sérum mouton-lapin. Nouveau séjour à l'étuve à 37o, pendant deux heures, puis à la glacière pendant seize à dix-huit heures. Puis on observe les résultats. Des témoins sont institués avec du sérum normal et de l'eau physiologique.

Kolle et Wassermann estiment que, pour être utilisable, le sérum doit empêcher l'hémolyse à la dose de 0,001 centimètre cube.

Le tableau suivant figure une de ces expériences de dosage.

Il) Hitchens et Robinson, The Journal of Jmmunology, vol. I, p. 345. (2) Kolle et Wassermann, Leuische mediz. Wochensckrift, 1906.

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