PROPHYLAXIE DES CAUSES FAVORISANTES
montrer avec un assez grand degré de fréquence (1). Mais rien n'empêche, avec un personnel et un matériel suffisants, d'étendre la recherche à plusieurs unités simultanément. En tout cas, en admettant que la recherche des porteurs ne puisse être que partielle, elle contribue sinon à supprimer, du moins à limiter le nombre des sujets dangereux et, par conséquent, des foyers de contagion.
Que ces mesures ne puissent être prises d'une façon aussi rigoureuse dans la population civile, ce n'est pas douteux ; dans l'armée, la discipline apporte un secours d'une puissance indéniable, qui ne peut malheureusement pas s'exercer dans le milieu civil ; de pareilles mesures constituent pour l'entourage des malades une gêne appréciable à laquelle, insouciant des dangers qu'il court et fait courir, il cherche à se soustraire. Aussi, tant qu'il n'existera pas des dispositions dont l'application ne sera pas réglementée d'une façon rigoureuse, la prophylaxie de la méningococcie ne pourra s'effectuer convenablement dans la population civile.
Tout ce qu'il y est possible de faire actuellement, c'est d'agir par persuasion auprès des familles, et, pour les épidémies d'écoles, de lycées, d'usines, de centres ouvriers, auprès des autorités civiles, départementales et municipales; si ces dernières consentent à les exiger, elles peuvent faire prendre les mesures nécessaires, en les calquant sur celles qui sont mises en œuvre dans l'armée : interdiction pour les enfants porteurs de germes de fréquenter les écoles (se méfier du licenciement de ces étabUssements, qui a pour résultat immédiat de diffuser la contagion dans les miheux indemnes) ; même interdiction pour les ouvriers des usines. Il est juste d'ajouter qu'en ce dernier cas, la mesure devient particulièrement délicate en raison de la perte du salaire pendant les journées d'absence. Et même en leur allouant des journées de travail, l'expérience a montré que, même en Allemagne où la prophylaxie civile est réglementée et la disciphne généralement observée, cette mesure est le plus souvent inopérante. L'isolement dans ces conditions n'est pas facilement accepté, et les porteurs de germes ne tardent pas à réclamer impérieusement leur liberté.
Ce qui est réalisé aisément dans l'armée, l'est, en général, très difficilement dans la population civile.
(1) Il est vraisemblable qu'en pareil cas, l'expérience le montre, les prélèvements ont été effectués dans l'unité contaminée trop tard après l'apparition du premier cas.