Fièvre continue avec détermination hépatique. Agglu
tination positive pour le bacille de Gärtner au 1/100.
Dans l’ensemble de ces observations, nous retrouvons. l’évolution habituelle de l’ictère infectieux bénin en deux phases : la première marquée par des phénomènes généraux, la seconde par l'apparition de l’ictère. Les phénomènes généraux peuvent être assez sérieux ; ils sont carac-
térisés le plus souvent par une température continue
élevée, simulant même la fièvre typhoïde ; quelquefois la .
lièvre prend le type intermittent des infections bilio-septiques. Le foie et la rate sont constamment augmentés de volume ; ils peuvent même être le siège d’une tuméfaction aiguë. Cette première phase dure de trois à cinq jours ; elle s’est prolongée jusqu’à douze jours. Ensuite apparaît l'ictère, reconnaissable d’abord au passage de pigments biliaires dans l'urine, et, de un à trois jours après, à la colo- - ration des téguments. La rétention biliaire n’est pas complète comme dans l'ictère catarrhal ; les matières restent
un peu colorées, ou ne sont décolorées que pendant quel-
ques jours. L'évolution semble favorable : aucun cas mortel n'est signalé,
B. — ANGIOCHOLÉCYSTITES AIGUES
C'est la forme la plus importante de l'infection paratyphique des voies biliaires ; et dans tous les cas l'agent pathogène a pu être isolé et identifié soit par la culture du sang (obs. VIT), soit par la culture du contenu de la vésicule prélevée au cours d'une intervention chirurgicale. Dans toutes les observations que nous avons recueillies, il s'agissait de cholécystite lifhiasique et de cholécystite suppurée : la preuve en a été donnée par le bistouri, sauf chez la malade que nous avons suivie et qui put guérir sans opération. Mais, même dans ce cas, des antécédents très nets de coliques hépatiques d’une part, l’évolution de la température à grandes oscillations, les frissons intenses et prolongés, la tuméfaction considérable de la vésicule, et la sensibilité dé-la région hépatique d'autre part, nous ont semblé suffisamment caractéristiques pour admettre l'existence d’une cholécystite suppurée, liée à une lithiase préexistante. |
Le tableau clinique est celui de toutes les angiocholécystites calculeuses. Chez des malades ayant souffert déjà plusieurs fois de coliques hépatiques, survient une crise aiguë, qui débute le plus souvent brusquement (obs. VIT et VIIT), qui quelquefois s’installe lentement et progressivement (obs. VI). Elle est caractérisée par la douleur dans
J’hypochondre droit, par des troubles gastro-intestinaux,
ne
etl’élévation de la température. La fièvre peut être modérée
à 385, ou beaucoup plus élevée, accompagnée de frissons violents et répétés, affectant le type rémittent des grandes infections biliaires, avec ascension de température jusqu'à 4102 (obs. VIT). L'ictère apparaît dès le début, plus ou moins intense, avec décoloration des matières, ou bien ne s’élablit que progressivement après une phase d'infection générale, qui, chez notre malade de l'observation VIT. aduré douze j jours environ. La région hépatique est douloureuse :
le foie est augmenté de volume ainsi que la rate ; on ne
peut pas toujours délimiter de tumeur biliaire ; nous l’a-
vons cependant nettement constatée (obs. VII). La plupart |
de ces cholécystites ont été traitées chirurgicalement. Chez la malade de l'observation VII qui a refusé l'intervention, la phase aiguë de fièvre rémittente a duré huit jours : puis l’état général et local s’est amélioré ; la défervescence s’est faite en lysis ; le cours de la bile s'est rétabli. et cinq semaines environ après le début, la guérison était. complète.
Blumenthal (1), ayant examiné bactériologiquement la bile de 41 malades opérés pour lithiase biliaire infectée, a constaté 2 fois la présence du paratyphique À, et 10 fois celle de bacilles du groupe coli-Eberth qu a n’a pas déterminés.
‘1, Fr. Blumenthal. — Ucber die Bedeutung der Gruber- Widalschèen Reaktion bei Erkrankungen der Leber und der Gallénwege. (Medizinische Klinik, 1905, n° 48, p. 1227). — Id., (Deutsche Arch. fur klinische Medizin, 1906,t. LXXX VITE, p. Dog.)
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Nous rapporterons les trois cas suivants dans lesquels. on à observé une fois le paratyphique A et deux fois le paratyphique B.
OBSERVATION VII (Personnelle) (1)
Une femme de chambre, âgée de vingt-cinq ans, entre dans le service de M. le professeur Roger, à l'hôpital de la Charité. le 31 octobre 1907, se plaignant de violentes douleurs stomacales. |
Ces douleurs, surtout pénibles dans la région épigastrique, irradient vers les hypochondres, plus particulièrement vers. l’hypochondre gauche et vers la pointe de l’omoplate. Ce sont des douleurs continues, avec des paroxysmes survenant une ou. deux heures après les repas. Les crises sont analogues à des crises d’hyperchlorhydrie et, comme elles, se terminent souvent par des vomissements alimentaires et muqueux.
Les troubles digestifs ont débuté sans cause appréciable, une dizaine de jours avant l'entrée à l'hôpital, et ont augmenté. progressivement. =
1er novembre. — La malade est apyrétique, mais un peu prostrée. La langue est sale. L’appétit est perdu. La constipation est assez marquée.
Les téguments sont légèrement jaunâtres, sans qu'il y ait dans l'urine de pigments biliaires. Les matières sont dures, inais.
colorées.
5. H. Roger et R. Demanche. Sur un cas de cholécystite à bacille paratyphoïde B. (Bull. et Mém. de la Société médicale des Hôpitaux, 14 février 1908, p. 236.) |