À. — ISOLEMENT DU GERME PATHOGÈNE
C'est le procédé le plus sûr; mais il n’est pas toujours possible d’y recourir. L'agent infectieux peut être recherché
soit dans le contenu de la vésicule biliaire, soit dans le sang circulant, soit dans les excreta (urines et surtout Matières fécales.
1° Culture du contenu de la vésicule. — Cette méthode est la seule qui donne une certitude complète. On ne peut y avoir recours qu’au cours d’une intervention chirurgicale, ou nécroscopiquement. Elle a été appliquée dans les observations VIII, IX, X et XI, et a donné des résultats positifs, soit que l’on ait semé le pus contenu dans les voies biliaires, soit que l’on ait prélevé un lambeau de la muqueuse vésiculaire, ou un calcul. Les bacilles paratyphiques poussant bien dans tous les milieux, elle ne comporte que les précautions indispensables à toute manipulation bactériologique.
2° La culture du sang nous à permis de déceler Le paratyphique B dans un cas de cholécystite lithiasique (obs. VII). La technique de l'hémoculture a été décrite minutieusement, entre autres auteurs, par M. Lemierre (1). Nous ajouterons seulement que le procédé le plus employé : en Allemagne consiste à semer le sang dans un milieu contenant de la bile de bœuf (2); cette addition favoriserait le développement des bacilles. Mais dans les infections biliaires le microbe se localise sur le foie, et ne demeure pas longtemps dans le sang. Notre observation est, croyonsnous, la seule où l’hémoculture ait donné un résultat positif; encore ne l’avons-nous obtenu qu'après deux tentatives.
1. Lemierre. L’ensemencement du sang pendant la vie. (Thèse de Paris, 1904, p. 5 etsuiv.) 2. Cf. p. 14.
ce Sp
3° La recherche des bacilles paratyphiques dans les selles se fait comme celle du bacille typhique : une goutte d'une émulsion des matières dans l'eau distillée est semée sur un milieu approprié. Ces milieux ont l’avantage de donner aux colonies de bacille d’Eberth et de colibacille des caractères différents, faciles à reconnaître, et d’entraver le développement des bactéries banales. Les paratyphiques se comportent comme l’un ou l’autre de ces microbes. De nombreuses formules ont été proposées. Sur la gélose lactosée tournesolée et phéniquée de Chantemesse,
lies paratyphiques À donnent des colonies bleues, et les
paratyphiques B des colonies roses ; l’acide phénique empê- :
che le développemeut des germes associés. On emploie beaucoup en Allemagne les plaques de Drigalsky-Conradi ;
c'est encore une gélose lactosée tournesolée ; l'acide phéni-
que est remplacé par du krystall-violet; les colonies présentent les mêmes caractères que sur le milieu précédent. Ændo ajoute à la gélose lactosée de le fuchsine décolorée par le sulfite de soude; le colibacille et les bacilles analogues la recolorent. Læffler et ses élèves ont montré que l'addition de vert de malachite empêche le développement du colibacille, tout en permettant celui du bacille typhique et des paratyphiques. — La culture des selles est plus délicate et plus inconstante que les méthodes précédentes ; elle a permis cependant dans l'observation IX de constater la présence d’un paratyphique B dans les selles du malade ét sa disparition après l’ablation de la vésicule infectée, et de reconnaitre dans nombre de cas la persistance des bacilles dans l'intestin.
Quelle que soit la méthode employée, il est nécessaire,
PS Re
une fois le bacille isolé, de vérifier soigneusement ses propriétés(agglutination par le sérum du malade, caractères des cultures, action des sérums expérimentaux), et de contrôler les résultats obtenus par l’étude des propriétés aggluti-
nantes du sérum du malade.