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B. — PROPRIÉTÉS SPÉCIFIQUES DES SÉRUMS

1° Agglutination par les sérums humains. — Cette méthode a été d'abord appliquée aux bacilles paratyphiques d’après les règles de la séro-réaction typhique. Mais on na pas tardé à s'apercevoir qu’elle était ici beaucoup plus délicate et plus complexe. Elle a donné lieu à une foule de travaux que nous résumerons rapidement, pour en dégager les indications qui peuvent être utiles au diagnostic (1). Il faut étudier séparément l’action des sérums humains sur les divers échantillons de bacilles paratyphiques et celle des sérums expérimentaux sur un bacille que l’on aura isolé.

Les sérums humains, même normaux, possèdent déjà la propriété d'agglutiner les bacilles paratyphiques à des dilutions de 1 pour 50 et 1 pour 150. Il importe donc de n’attacher de valeur qu'aux séro-réactions faites à des taux élevés ; nous avons déjà fait des réserves au sujet de quelques-uns des cas rapportés par MM. Netter et Ribadeau- Dumas.

Les sérums paratyphiques A agglutinent le bacille cor-

i. Voir Sacquépée et Chevrel. Les bacilles paratyphiques. (Bulletin de l'Institut Pasteur, 1907, t. V, n° 2 et 5.)

respondant à un taux généralement peu élevé 1 pour 100 à L pour 200. Les sérums paratyphiques B possèdent un pouvoir agglutinant beaucoup plus fort pour les bacilles B, jusqu'à 7 pour 7.000 (Korte), 1 pour 10.000 (Schottmüller), 1 pour 40.000 (Korte). Quant à l'action croisée de ces sérums (sérums A et bacilles B, sérums B et bacilles A), elle est ordinairement très faible et prête peu à erreur. À

Les sérums paratyphiques ont-ils une action sur le bacille d’'Eberth ? En général cette action est faible, et la différence au moins reste toujours très grande : 1 pour 40.000 et 1 pour 600 (Korte), 1 pour 2.000 et 1 pour 40 (Rieux et Sacquépée), 1 pour 800 et 1 pour 20 (Netter et Ribadeau-Dumas), 1 pour 2.000 et moins de 1 pour 20 (obs. personnelle).

Iln'en est pas de mème de l’action des sérums typhiques sur les bacilles paratyphiques. Tous les auteurs s’accordent pour admettre la coagglutination, mais ils divergent sur son degré : pour les uns elle serait inférieure à la moitié de l'agglutination spécifique ; pour d’autres elle lui serait égale ou supérieure (Conradi-Drigalsky et Jürgens, Grumberg et Rolly, Jürgens, Drigalsky, Fischer, Lentz).

Au sujet des infections biliaires on peut se demander en outre si la présence de pigments dans le sérum ne modifie pas les conditions de l’agglutination. De l'étude de 17 cas, dont 10 concernent des bacilles du groupe paratyphiques, et dans lesquels il a pu contrôler par la culture de

la bile les résultats positifs ou négatifs de l’agglutination,

= Ho

Blumenthal (1) conclut que l'ictère ne diminue pas la valeur de la méthode. :

Ce pouvoir agglutinant apparait de bonne heure dans le sang des malades : (8 fois sur 9 avant la fin du premier septénaire). Il pourrail persister plusieurs mois et plusieurs années après l'infection, d’après Netter et Ribadeau- Dumas (2). |

En résumé la méthode de la séro-réaction paratyphique peut être appliquée au diagnostic des infections biliaires à condition de ne tenir compte que des agglutinations faites à un taux élevé, et de laisser pour douteux les cas où l’on observe une coagglutination pour le bacille d'Eberth.

20 Agglutination par les sérums expérimentaux. — Les sérums paratyphiques agglutinent facilement les bacilles correspondants, et cette action est surtout régulière pour les sérums et les bacilles du type A. L'action croisée de ces sérums est en général peu marquée, surtout pour les sérums forts. Inversement le bacille d'Eberth est généralement très peu sensible aux sérums paratyphiques ; et le sérum typhique a peu d'action sur les bacilles paratyphiques.

L'épreuve des sérums ‘expérimentaux permet donc de

distinguer le bacille d'Eberth des bacilles paratyphiques,

1. Blumenthal. Ueber die Bedeutung der Gruber-Widalschen Reaktion bei Erkrankungen der Leber und der Gallenwege (Medizinische Klinik, 1905, n° 48, p. 1227).

2. Netter et Ribadeau-Dumas. Remarques sur la date d'apparition de l’agglutination et sur sa persistance plusieurs années

k après l'infection. (Société de Biologie, 18 novembre 1905,

et même parmi ceux-ci de différencier les deux groupes À et B. Pour le dernier groupe cependant, il faut n’accorder de valeur à l’agglutination spécifique que si elle est positive à une dilution très élevée, et par comparaison avec le bacille infectant.

Cette méthode permet-elle d'établir, comme on a voulu le faire en Allemagne, des distinctions précises entre les divers individus d'un même type ? Nous ne le croyons pas. Pour les bacilles paratyphiques B surtout, les tableaux publiés par les auteurs offrent, dans le taux de l’agglutination, des différences trop faibles et surtout trop irrégulières pour entrainer la conviction. Il serait cependant fort intéressant de pouvoir introduire une classification dans le groupe confus des Salmonelloses ; mais on ne saurait aller au delà de la distinction en deux sous-groupes : l’un formé par les bacilles carnés du type G&rtner, l’autre comprenant les paratyphiques B, les bacilles carnés du type Aertryck, les bacilles de Hogcholera et de la psittacose.

3° Saturation des agqlutinines. — Sensibilisatrices. — Lorsqu'un même sérum agglutine deux espèces microbiennes, le bacille d'Eberth et un paratyphique (1) par exemple, on a cherché à mettre en évidence l’agglutination spécifique par l'épreuve de Castellani. S'agit-il d’une infection réellement mixte ? l'addition d’une culture de l’un des deux microbes en question au sérum n'agit que sur

l'agglutinine correspondante : la saturatian est homologue.

1. Netter et Ribadeau-Dumas. Apparition des agglutinations spécifiques et des agglutinalions de famille an cours des affecuons typhoïdes et paratyphoïdes. (Société de Biologie, 25 novembre 1905, p. 502.) :

LPO

Si, au contraire, l'infection est simple, avec agglutination secondaire, on reconnaitrait le bacille spécifique infectant à ce fait que seul ce bacille est capable d’abaïsser le double pouvoir agglutinatif du sérum, et de produire une saturation totale, tandis que le microbe correspondant à la coagglutinine n'a d'action que sur celle-ci. Cette épreuve donne de bons résultats pour les sérums expérimentaux (1) ; mais elle est beaucoup moins fidèle pour les sérums humains (2).

La recherche de sensibilisatrices peut encore fournir des renseignements. Les sérums paratyphiques A et B renferment chacun une sensibilisatrice spécifique, qui est fixée à la fois par le bacille correspondant et par le bacille d'Eberth. Au contraire les bacilles paratyphiques ne fixent pas la sensibilisatrice typhique.

En résumé, pour établir le diagnostic étiologique d’une infection biliaire dont on soupçonne la nature paratyphique on suivra la marche suivante :

1° Chercher à isoler le germe infectieux, soit des voies biliaires elles-mêmes, si cela est possible, soit du sang, soit des matières fécales.

2° Si on a réussi à cultiver ce microbe, indépendamment de l'étude de ses propriétés culturales, essayer sur lui

l'épreuve de l’agglutination comparativementavec le sérum

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