‹ L'Infection Paratyphique des Voies BiliairesChapitre 36 sur 55 · Cf. 1° partie, chap. IV, p · texte numérisé non relu

Cf. 1° partie, chap. IV, p

de bâtonnet, ordinairement court, quelquefois allongé, doublé ou triplé de longueur dans les cultures jeunes.

Examiné sans coloration, en milieu liquide, il est nettement mobile, mais ses mouvements sont moins rapides que ceux du bacille typhique.

Il se colore également bien par les couleurs d’aniline, mais il se laisse décolorer parla méthode de Gram. Ses extrémités arrondies prennent plus fortement la couleur ; en employant la fuchsine phéniquée diluée on observe facilement cette coloration polaire; et le bacille affecte la forme en navette avec un centre presque incolore. — Nous

n'avons jamais pu déceler de capsules, ni de spores.

Caractères des cultures sur les milieux usuels

Le bacille pousse très facilement sur tous les milieux usuels, et à -+ à 37 degrés donne en vingt-quatre heures des cultures abondantes. Il se développe aussi bien à l’abri de l’air qu’en présence d'oxygène. Sa vitalité est grande : nous l’avons retrouvé vivant dans des cultures sur gélose en surface âgées de plus de six mois.

Le bouillon se trouble uniformément et présente des ondes soyeuses au bout de vingt-quatre heures ; après quelques jours des flocons se déposent au fond du tube, qui perd son aspect moiré, mais le liquide supérieur ne s’éclaircit pas. Quelquefois, surtout après le passage sur l’animal, il se produit une mince pellicule à la surface du bouillon. Les cultures ne dégagent pas de bulles gazeuses et n’exhalent pas d’odeur.

La gélatine n’est pas liquéfiée. Par ensemencement en surface on obtient des colonies demi-transparentes et opalines au début, blanches et opaques au bout de quelques jours, régulièrement arrondies, lisses, sans vallonnements, plus épaisses au centre qu'à le périphérie. Par ensemencement en piqüre les colonies forment une trainée blanche le long du trait de l'aiguille, bien développée sur toute sa hauteur ; elles sont arrondies, punctiformes, bien isolées autour de lui.

Sur gélose inclinée, elles sont lisses, étalées, à contour régulier, peu saillantes, transparentes et opalines au bout de vingt-quatre heures, blanc-jaunâtre à centre plus épais au bout de quelques jours.

Sur pomme de terre on obtient un enduit blanc-grisâtre, d'aspect un peu glaireux, ne brunissant pas, même sur des cultures très anciennes, à la différence des cultures de colibacille.

Sur carotte le microbe pousse mal, sous forme de mince traînée glaireuse presque incolore.

La culture sur arfichaut nous à donné des résultats particulièrement intéressants. Ce milieu de culture, introduit en bactériologie par M. Roger (1), prend plus ou moins rapidement sous l'influence de certaines bactéries une coloration verte qui devient parfois extrêmement foncée, presque noire. Il permet ainsi de différencier rapidement le colibacille et le bacille d’Eberth ; celui-ci ne donne jamais

de coloration, quelle que soit l'ancienneté de Ja culture ;

1. H. Roger. L’artichaut comme milieu de culture en microbiologie. (Société de biologie, 1x6 juillet 1898, p. 679).

avec le colibacille, le pigment vert apparaît vingt-quatre heures après l’ensemencement, tantôt occupant les îleurs tantôt s’écoulant au fond du tube ; les jours suivants, la coloration envahit toute la tranche et donne à la partie charnue une teinte foncée d’un vert-noirâtre. Nous avons semé comparativement sur artichaut notre bacille et divers échantillons de bacille paratyphique A et B, ainsi que du colibacille et du bacille d'Eberth, et après quarante-huit heures de passage à étuve nous avons obtenu les résul-

tats suivants :

GCobacile EU EE ERP TAN Coloration vert noirâtre Bacille-typhique 4. "127200IN ... pas de coloration Bac. parat. A (épidémie de Rennes) id.

id. (Brion)...... va id.

Bac. de Grenier At CAN En Coloration verte franche

Bac. parat. B (épidémie de Rennes) Coloration verte intense

id. (Schotimüller)... id.

id. (Drigalsky)..... Color. verte très foncée id, (échantillon personnel) | id.

Les caractères différentiels dés cultures d’Eberth et du colibacille se vérifient donc avec la plus grande netteté. Les paratyphiques À se rapprochent du bacille typhique ; les paraty phiques B du colibacille, à des degrés divers. La culture sur artichaut confirme ainsi les résultats obtenus sur d'autres milieux. K

Le lait n'est pas modifié. Il n’est coagulé ni éclairci. Nous avons constaté seulement une légère acidification au

tournesol qui nous est apparue dès le début sur des cul-

tures âgées respectivement de six, sept, huit, neuf, dix et vingt-quatre heures et qui persiste sur les cultures anciennes au bout de huit jours et de trois semaines. Nous n'avons pas pratiqué de cultures sur le petit-lait qui n’offre aucun avantage sur le lait.

Le neutralroth, à la dose de II à III gouttes de solution aqueuse dans un tube de 10 centimètres cubes de gélose glycosée, est partiellement et lentement réduit ; la partie inférieure du tube prend une teinte jaunâtre au bout de quarante-huit heures.

Son eau peptonée ca/éinée (0 gr. 50 0/0), nous avons obtenu une culture abondante en vingt-quatre heures ; la présence d'acide arsénieur (à 1/1000) empêche au contraire le développement du bacille. On sait que ces milieux ont été employés pour le diagnostic du colibacille et du bacille d'Eberth. Roth a montré que l'addition de 0,5 0/0 de caféine aux milieux de culture empêche le développement du colibacille et est sans action sur le bacille d’Eberth ; d’après Thoinot et G.-Brouardel, le bacille typhique ne se développe pas dans le bouillon arsenical, tandis que le colibacille y pousse facilement. Notre bacille se rapproche par là du bacille typhique.

Propriétés bio-chimiques

Tous les milieux précédents, qui sont de composition complexe et variable, et dans lesquels se produisent des réactions mal définies, peuvent rendre des services pour

un diagnostic rapide ; mais il ne sauraient donner que

pee:

des résultats grossiers. Pour arriver à une détermination plus exacte d'une bactérie, et à la connaissance précise de ses propriétés, il est de toute nécessité d’en faire l'étude suivant une méthode chimique rigoureuse.

L'importance dè cette étude des fonctions bio-chimiques des microbes pour la détermination de l'espèce n’est plus à démontrer. Elle est particulièrement évidente lorsqu'il s’agit d'individus appartenant à un groupe encore un peu confus comme celui des paratyphiques B. Les qualités fermentatives d'un microbe sont moins sujettes à variations que sa forme, sa mobilité ou sa virulence. « Il faudrait, dit Duclaux, dans la description des bactéries, … donner une large part à l’action chimique des microbes : fermentation des hydrates de carbone ou des alcools poly-atomiques, formation d’indol, réduction des nitrates, production de diastases diverses, etc. Alors seulement, en possession de ces données, arrivera-t-on à établir une classification naturelle des bactéries, basée sur leurs propriétés biologiques » (1). Mais il est indipensable d'employer la technique la plus rigoureuse, pour se mettre à l'abri des causes d'erreur et obtenir des résultats comparables. M. Grimbert (2), dans de savants travaux, a montré tout le parti que l’on peut tirer de cette étude, et en a établi les.

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