OBSERVATION VI
(Personnelle)
Benoît Léon, 67 ans.
Le début de l'affection remonte en 1920, le malade maigrit, perd l'appétit, commence à cracher et à tousser, fait un premier séjour de 8 mois à l’hôpital civil, pendant lequel il fait plusieurs poussées évolutives successives, on trouve du bacille de Koch dans son expectoration, sort pour rentrer de nouveau 2 ans après, mauvais état général, expectoration muco-purulente et baccillifère, amaigrissement, sueurs nocturnes. En septembre 1923, Hémoptysie abondante, transféré à l’hôpital Villemin.
À droite, signes de ramollissement.
A gauche, induration du sommet.
L'examen radioscopique révèle : opacité totale de l’apex et de la région sous-claviculaire avec réseau de pommelures et images spelunculaires, s'étendant jusqu’à la partie moyenne du champ.
Nombreux bacilles de Koch dans l’expectoration.
La température revient rapidement à la normale et s’y maintient
pendant les mois de décembre et janvier, amélioration générale, augmentation du poids.
27 février 1925, survient brusquement une Hémoptysie, le sang remplit un demi crachoir, la température monte d'emblée à 40°, le 28 crachats rouge vif, les signes fournis par l’auscultation ne sont pas modifiés.
Le 29, la température redescend à la normale, les crachats sont visqueux, très adhérents, rares et rouillés, teinte d’abricot. L’examen direct montre une pullutation de pneumocoques encapsulés, sur un fond de mucus hyalin, rares polynucléaires.
ILE température reste normale les jours suivants, cet incident aigu n'a eu aucune influnce sur l’évolution de la tuberculose pulmonaire.
En résumé, chez un tuberculeux chronique, à forme fibrocaséeuse, hémoptysie brusque, hyperthermie, l’expectoration prend les caractères de l’expectoration pneumonique.
Louste, dans sa thèse avait déjà signalé la présence possible de pneumocoques dans les crachats posthémoptoïques, et l’érythrocytolyse lui avait permis de trouver dans l’expectoration d’un tuberculeux, à côté de quelques rares bacilles tuberculeux « des pneumocoques typiques avec leur auréole et prenant le gram, les uns disposés en diplocoques, d’autres en courtes chainettes ». Pour lui, « il s'agissait d’une lésion tuberculeuse ancienne grave, avec infection pneumococcique aiguë ». Ainsi Louste, le premier, semble avoir deviné le rôle du pneumocoque dans la genèse d’une hémoptysie.
En 1905, Flick, Ravenel et [win croient devoir attribuer au pneumocoque un rôle efficace dans la production des hémoptisies tuberculeuses. Ils s'appuient sur deux ordres de faits. D'abord la constatation par eux, au cours des hémoptysies tuberculeuses, de pneumocoques dans les crachats examinés directement sur lame ou mis en culture. Pour eux, ensuite, l’épidémicité de certaines hémoptysies plaiderait en faveur d’une contagion pneumococcique.