PROPHYLAXIE
Est-il légitime de parler d’une prophylaxie des infections associées de la tuberculose pulmonaire? Autant une prophylaxie parait inutile dans ces cas d’infection associée où existe une flore bactérienne multiple et plus ou moins abondante, sans prédominance particulière d'aucune race, comme c’est le cas chez les tuberculeux à forme bronchitique, autant nous sommes convaincus de son utilité quand une infection monomicrobienne aiguë survient brusquement chez des tuberculeux chroniques d’un hôpital ou d’un sanatorium.
Nous avons dit plus haut que deux de nos malades, vivant dans la même chambre, ont été atteints à huit jours d'intervalle. D'ailleurs, certains auteurs, Netter et Stillmann entre autres, ont décrit des épidémies indiscutables de pneumonie lobaire.
Faire de l'isolement et une bonne désinfection; mais pourquoi ne pas effectuer un simple écouvillonnage des amygdales et du pharynx toutes les trois heures, avec un tampon imbibé d'huile phéniquée au dixième, suivant la méthode de Milne?
Courmont est convaincu de la nécessité de cette prophylaxie : « l'isolement, dit-il, doit être pratiqué, et surtout la désinfection des crachats, malgré l’absence prolongée du bacille de Koch ».
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CHIMIOTHÉRAPIE
L'étude de la chimiothérapie des infections pneumococciques est seulement ébauchée. Toutefois il nous faut citer Toptochine, qui a fait l’objet de nombreux travaux en Allemagne (Morgenroth et Kaufmann, Winternitz et Nirschfel-
der). Bachmeïster, dans un travail intitulé: « Arrêt des infections à pneumocoques chez les tuberculeux au moyen de l’optochine », donne six observations de tuberculeux chez lesquels une bronchite aiguë à pneumocoques fut traitée par l’optochine.
La défervescence, la disparition des phénomènes bronchitiques, l’amélioration de l’état général purent être contrôlées et parurent se faire beaucoup plus rapidement que chez d’autrés malades, traités seulement par des préparations salicylées et le pyramidon. La dose maxima donnée à ces malades était de deux grammes de chlorhydrate d’optochine.
Les malades traités par Bachmeister n’ont pas présenté cet accident, mais certains ont eu, par contre, un urticaire fugace et sans gravité.
SÉROTHÉRAPIE
Nous serons très bref sur l'emploi de la sérothérapie, car il nous semble qu’il n’y a pas lieu de s’attarder longuement.
Rappelons seulement que l’emploi des sérums antistreptococciques et antipneumococciques s’est montré parfois efficace dans les infections secondaires à streptocoques et à pneumocoques de certaines maladies infectieuses : scarlatine, rougeole, typhoïde et surtout la grippe. J. Parisot, Lecaplain et Simonin, dans diverses notes déposées au secrétariat du service de santé en 1918, ont exposé les nombreux succès obtenus par l'emploi du sérum antistreptococcique « dans les complications broncho-pulmonaires et pleurales de l’intoxication par l’ypérite ».
Chez les tuberculeux, il ne devra être employé que dans les cas d'infection aiguë monomicrobienne.
Dans la pneumonie des tuberculeux, le sérum polyvalent antipneumococcique de l’Institut Pasteur peut-il être employé efficacement? Cela nous paraît bien douteux. Nous avons essayé ce traitement chez un de nos malades (Obs. IT). Le sérum, injecté par voie hypodermique, à la dose de 40 c/m° le deuxième jour, 40 c/m° le troisième jour, ne semble nullement avoir influencé la courbe thermique.
L’injection du même sérum par d’autres voies se montrerat-elle plus efficace ?
La voie intrapulmonaire — procédé dangereux — en occa-
sionnant des délabrements du parenchyme pulmonaire, a été définitivement condamnée par Slotoziano.
Engel, sur les conseils de Parisot, faisait de la sérothérapie intratrachéale chez les .ypérités présentant des complications pulmonaires.
Lacombe, dans sa thèse inspirée par J. Parisot, a fait des essais de sérothérapie intratrachéale des infections associées dans la tuberculose pulmonaire.
[1 obtient les résultats suivants : insuccès, 19 % ; action passagère, 15 % ; amélioration, 66 %. Les tuberculeux avancés, à fièvre trectique, traités par lui, n’ont retiré aucun bénéfice de cette méthode.
Il conseille de l’appliquer surtout chez les tuberculeux pulmonaires congestifs, infiltrés, en voie de ramollissement et surtout chez les tuberculeux bronchitiques emphysémateux, où elle a une action favorable sur l’état général, les symptômes fonctionnels et même sur les lésions tuberculeuses.
Selon lui, les sérums sont très bien tolérés par la voie trachéale, qui est une voie de prédilection pour la sérothérapie des infections pulmonaires.
VACCINOTHÉRAPIE
Bezançon et Chevalley, en démontrant le peu d'importance du rôle joué par les infections secondaires de la tuberculose pulmonaire, ont singulièrement limité son rayon d’action. Il faut avouer que, jusqu’à ce jour, à part de rares exceptions, les essais n’ont pas été encourageants; l’expérience a montré que non seulement cette méthode était inefficace, mais qu’elle était loin d’être inoffensive et qu’elle a parfois causé des désastres.
En 1917, Boissel, sous la direction du professeur Rochet, a préparé des autovaccins à partir des éléments pyogènes isolés de l’expectoration. Sur 40 malades traités par lui, avec des doses variant de 10 à 100 milliers d'éléments microbiens stérilisés, trois ou quatre seulement ont présenté une certaine rémission dans l’extension de la maladie.
Pour Cordier, ses indications se limiteraient aux cas:
a) De cavernes anciennes sécrétantes à très rares bacilles, apyrexie, abondance gênante des signes de sécrétion et de bronchite, fixité des germes.
b) De bronchites des tuberculeux, sans éclosion de foyers nouveaux, rareté et fixité des germes, rareté du bacille de Koch.
c) Poussées évolutives à germe unique et constant.
J. Parisot et P. Simonin l'ont essayé dans des cas de
foyers congestifs ou broncho-pneumoniques à streptocoques survenus à titre épisodique au cours d’une tuberculose pulmonaire. Dans ces cas « l'expérience nous montre, disent-ils, que l’auto-vaccinothérapie des infections surajoutées pouvait être efficace en ce sens qu'elle les combat d’une façon parfois surprenante, qu’elle entraîne la résolution de certains foyers dans des conditions remarquables, et que souvent la flore microbienne des crachats seront manifestmeent son influence, mais ce qu'il faut que l’on sache surtout, c’est que jamais l’infection tuberculeuse ne bénéficie de cette action. la tuberculose fut toujours aggravée et sa marche parfois singulièrement précipitée ».