‹ L'Infection Pneumococcique associée à l'Infection TuberculeuseChapitre 8 sur 21 · TO · texte numérisé non relu

TO

reux du poumon, envahir l'organisme et exercer une influence décisive sur la marche et sur l’issue du processus tuberculeux. Il est étonnant de voir celui qui a trouvé l’agent spécifique de la tuberculose, venir atténuer la portée de sa découverte, en le déchargeant d’une partie considérable de son pouvoir.

CorNET, PASOUALE, MARAGLIANO sont d'accord avec KocH et si la diarrhée, la fièvre hectique viennent charger le tableau clinique d’un tuberculeux, ce sont là les méfaits de la flore associée. « Les microorganismes vulgaires, dit BAROZzI président à la fonte du parenchyme pulmonaire; ils créent à côté du foyer casceux des blocs d’hépatisation banale, condamnés à être secondairement envahis par le bacille de Kocx; enfin ils activent l’intoxication de l’économie de sorte que arrivé à la période de concomption, le phtisique succombe en réalité au milieu d’une véritable septicémie. » Cette phrase résume bien les idées régnantes. La phtisie est une affection évoluant en deux périodes : une première, due uniquement à l’action du bacille spécifique ; une deuxième, constante et fatale due aux microbes d'infection mixte.

Peu à peu, on s'aperçoit que l'organisme d’un sujet sain, est à l’état normal, le réceptacle d’un grand nombre de microbes, qui en temps normal sont inoffensifs et jouissent d’une virulence atténuée. Le pneumocoque, en particulier se rencontre, comme l’a montré NETTER en 1887, constamment dans la bouche et le pharynx — et surtout pendant l'hiver. — BUERGER sur 100 colonies isolées de la bouche de sujets normaux compte 34 % de colonies à pneumocoques. Hrss le trouve dans 46 % et 85 % des cas. Le crachat devait au moment de l’expuition entrainer au passage une partie de ces germes, ses portions superficielles s'étaient infectées. Il fallait trouver une technique rigoureuse capable d’éloigner ces causes d’erreur et de réduire

NTI —

dans de fortes proportions ces causes « d'infection superficielle ».

KITASATO recueillent des crachats récents dans plusieurs boites de PÉTRI contenant du sérum artificiel. Après le dernier lavage, une particule purulente est recueillie aseptiquement et ensemencée.

SPENGLER prenant aussi ses précautions pour se mettre à l'abri des causes d’erreur dues à des contaminations dans les voies respiratoires supérieures propose de plonger le crachat aussitôt recueilli dans un grand ballon plein d’eau stérilisée et d’agiter. Une partie du crachat se dissout, tandis que des sédiments s'accumulent au fond du ballon, l’eau est décantée et changée jusqu’à l'obtention d’une dernière eau complètement limpide. Le sédiment recueilli est lavé dans plusieurs boîtes de Péret et est prêt pour l’ensemencement.

BoïsskL et COURMONT recueillent les crachats le matin après deux lavages de la bouche avec de l’eau bouillie additionnée d'eau oxygénée. Aussitôt émis et placés dans une capsule métallique percée de trous (passe thé) soigneusement flambée, ils reçoivent un jet d’eau stérilisée qui les lave, les débarrasse du mucus et de la salive, l’ensemencement est fait sur gélose en boîte de PÉrRt, l’on étudie ensuite les caractères morphologiques et biologiques des diverses colonies isolées.

SIMONIN et LACOMBE pour étudier la flore associée de la tuberculose pulmonaire utilisent une technique différente. D'une part ils pratiquent l'examen direct sur lames du crachat recueilli frai et après rinçage de la bouche à l’eau oxygénée, d'autre part les résultats en examinant, également directement sur lames, des frottis effectués en certains points de l'appareil bronchopulmonaire du sujet immédiatement après la mort, ces frottis sont faits au niveau de la bifurcation des bronches et

sur la surfaee de coupes sériees des deux poumons. Cette technique fut employé par J. PARISOT et SIMONIN en 1918 quand ces auteurs étudiaient les complications pulmonaires et pleurales de l’intoxication par l’ypérite

Pour BESANÇON et CHEVALLEY l'examen bactériologique d’exsudats provenant de cavités ouvertes est faussé par les résultats de la culture qui donne trop d'importance à des germes saprophytes existant à l’état d’unités, mais particulièrement vivaces. Ils font des examens directs d’après la technique indiquée dans la thèse de Brros, l'examen porte sur des crachats recueillis dans un vase stérile, le crachat est passé dans deux boîtes de PÉTRI contenant de l’eau physiologique puis agité pendant deux minutes, séché et fixé. Sur une première lame on recherche le bacille de KocH, une deuxième est colorée au gram, une troisième au bleu de Unna.

En 1894 sur 50 cas SPENGLER trouve 43 fois le streptocoque et 7 fois le bacille de Koch pur.

En 1903 employant la méthode de Kirasaro, Kerchensteiner, ne considère comme positifs que les cas ou poussaient plus de vingt colonies par plaque. Sur 35 tuberculeux il donne les résultats suivants : streptocoques, 74,3 % ; staphylocoques, 51,4 % ; tétragènes, 48,6 % ; bacilles d'apparence diphtérique, 40 % ; microcoques, 37 % ; pfeiffer, 14,3 %; pneumocoques 11,4 % ; streptothrix, 11, 4 % ; Friedlander, 2,8 %.

Chez 9 tuberculeux au début, apyretiques : streptocoques, 78 % ; tetragènes, 78 % ; staphylocoques 33 %; pneumocoques, 22 %.

Chez 21 phtisiques : streptocoques, 67 % ; tetragènes, 48 % ; staphylocoques, 48 % ; pneumocoques, 11 %.

La flore associée ne diffère donc pas selon la gravité ou les périodes de la maladie.

En 1907 SPILLMANN, SIMON et RIicHARD publient un cas de tuberculose pulmonaire ulcéro-caséeuse à marche rapide, dont le sang décelait un bacillus mésentéricus vulgatus et un autre élément semblable au bacille de Bienstock.

En 1921 Boïssez sur 36 malades trouve :

D ERONOQUO RACE TA en PACS 25 fois STADE IDCOQUR NUE NPA nr, 15 — PIHÉLOCOAUS AU NES EL er, 15 — DA DID IOCOTUEN RME ER RES ES II — Enibactile coliforme.z2,:11..00..: 9 — Un bacille d'apparence diphtérique.... 5 — Microbes indéterminés ............. 4 —

En 1921, LACOMBE étudie 28 cas de tuberculose pulmonaire ; trois fois le bacille de Koch existait seul. Dans les 25 cas restants, 1l trouve:

Diplocoques gram positif............ 25 fois D UPEDIOCOQUES PME TERME Fee 23 — S ADAVIOCOUIHES PR den Pasta 14 — NÉDIHOCOO SE AN en dm nr la/ste aise DE Micrococcus. catharralis ............ A — RO TES AR AE Ne Lire da ne I — SIÉÉDIOCOQUES /MUAUEUX L.10. 22 4. 1.e I —

Dans 6 cas de tuberculose fibreuse, à forme bronchitique et emphysémateuse :

Diplocoques gram positif............ 6 fois DEPART IOCOQUES Ne A in eenlet Bio iers 5 — SÉDAVIOCOQUES Le 742-LN Lleus de 4 —

Pneumocoques /7.:1:2:571..04 are 3 —

GLIKSMANN, en 1921, sur 43 examens bactériologiques des

crachats faits chez 32 malades, a trouvé:

EHeUINOCOQUE LL I eee 77000 HÉFTADÈNE ee M ARE TEE AR 56 % SADHYIOCOQUES EM ER UE MANS TRUE 35 % CDOCT VE ER PS RE EE ESS 25 % Streptocoque RM A RENE AMAR RE Cr 18 % LeBLORTEC MEME e RTE 12 LV UT S IAE PAU ENTREE AT 7 D ÉRTÉPOCOQUCS LAN RIRME TN TIEL RMNEER 2e 2 % Bacille pseudo-diphtérique .......... 2 %

La fréquence et l’abondance de ces microbes a été tellement irrégulière dans toutes les formes cliniques (depuis les poussées pneumoniques bénignes jusqu'aux lésions cavitaires évolutives) qui, dit-il, « nous n’avons pu trouver aucun rapport entre la gravité et la forme de la tuberculose, de sa marche et la variété et l'abondance de microbes associés trouvés dans les crachats.

CourMoNT et Bo1ssEL trouvent, chez 297 tuberculeux, 57 cas d'infection associée mono ou polyforme et les groupent ainsi :

a) Dans l'infection associée monomicrobienne abondante et durable, un microbe défini se trouve en grande abondance à côté du bacille de Koch.

b} Dans les infections substituées alternantes, un microbe défini vient remplacer le bacille de Koch, qui peut disparaître pendant des périodes assez longues.

c) Dans d’autres cas, le microbe associé semble se substituer au bacille de Koch, qu’on ne retrouve plus du tout, même par l'inoculation dans certains cas, bien que le malade reste un

tuberculeux avec des signes pulmonaires toujours évidents ; ce sont les infechons vraies ou infections de remplacement.

Dans leur rapport sur les associations microbiennes dans l'infection tuberculeuse pulmonaire, BEZANÇON et CHÉVALLEY rapportent le résultat de leur technique par l’examen direct. Cette technique permet de se rendre compte: 1° du nombre de microbes; 2° de la proportion dans laquelle les diverses espèces se trouvent réparties; 3° de la présence de microbes difficiles à obtenir sur des milieux de culture.

163 examens ont été pratiqués dans 58 cas de tuberculose. Dans 37 cas sur 58 ils n’ont trouvé aucun autre microbe que le bacille de Koch. Dans 12 cas de tuberculose cavitaire, dont cinq cas de tuberculose fébrile et un ças de phtisie galopante avec fièvre hectique, le crachat, dans tous les cas, ne renferme que le bacille de Koch. Le crachat numomulaire des phtisiques ne renferme que le bacille spécifique.

Sur 13 prélèvements pratiqués en hiver, sur des cavernes pulmonaires, dix fois il n’y avait aucun microbe d'infection secondaire, trois fois seulement il y avait une pullulation de bactéries de toute espèce. Ainsi donc, se trouvent discutés les résultats de Babès, Pasquale, etc., qui pratiquaient leurs autopsies souvent très tardivement.

L’expectoration des sujets à forme bronchitique présente une flore microbienne variée, on n’y trouve pas la prédominance d’un germe. Son importance pathogène est très douteuse puisque, disent-ils: « c’est dans les cas où font défaut les symptôme généraux d'infection que la flore microbienne est la plus riche ».

Ainsi, après une période où l’on attribue à la flore associée un rôle indispensable dans la genèse de la phtisie, une deuxième période, où les recherches sont faites avec des perfec-

Page 1