ORIGINE SPONTANÉE DU PUS DANS L£ SANG
néanmoins. La première ne fait que créer les conditions de développement nécessaires à la seconde. Entre les deux théories la différence est donc très tranchée.
D'ailleurs Chauffard (1), comme il Fa dit lui-même, n'avait connaissance ni de la théorie ébauchée par Dupuytren ni de la thèse de M. Surmay, et l'éminent et regretté professeur développa si bien et assit sur de telles bases la doctrine dont il se fit l'éditeur, qu'il serait puéril de lui en contester la paternité.
Ses discours contiennent une partie critique dont il sera question à propos des doctrines toxémiques (ch. Il), et une partie dogmatique qui va être exposée.
La fièvre traumatique signale la mise en œuvre de toutes les forces de l'organisme pour participer à la réparation de la blessure. Ce n'est pas une fièvre nécessaire, ni une fièvre salutaire : l'organisme peut s'en passer et s'en passe avec avantage ; c'est un résultat pathologique de la perturbation réparatrice causée par le traumatisme, de l'effort de l'être entier pour rétablir son intégrité et mettre en train le travail curateur de la suppuration.
Ce travail s'organise, se modère, se régularise, la plaie suppure et la fièvre s'éteint. Mais si l'effort est fini, la fonction nouvelle persiste, et l'organisme entier n'en participe pas moins à la suppuration établie. La preuve en est dans l'écho indubitable qu'ont sur la marche et l'aspect de la plaie les influences morales et les maladies générales intercurrentes. Ce n'est pas la plaie qui fait le pus, c'est le blessé tout entier, c'est sa vie plastique.
Le sang est la vie plastique coulante (Bordeu). C'est dans le sang qu'on doit trouver le témoignage visible de la participation de l'organisme au travail de la suppuration : ce témoignage est la leucocytose.
Cette leucocytose a été démontrée chez les varioleux
(1) Chauffard, Bulletin de rAcadémie de médecine, juillet 1871. — De la fièvre traumatique et de Tinfection purulente; Paris, 1873.