‹ L'influence d'un livre [microforme]Chapitre 17 sur 20 · LE PIRATE · texte numérisé non relu

LE PIRATE

Le vent soufflait avec violence du Nord-Est, et la mer était houleuse dans le Golfe St, Laurent ; tous les vaisseaux qui avaient pu se réfugier dans quelques havres y étaient à l’abri. Deux goëlettes:

| uill seules louvoyaient, avec toutes leurs voiles hautes: E an la Sirène et le King Fisher ; c’est que voyezà : . \ outre vous cette dernière avait de bonnes raisons, à elle adter connues, pour donner la chasse à lautre, et la cit Sirène croyait qu’il était fort de ses intérêts de id | s’exempter de la visite de la première. Or, la Lu

Sirène était à une demi-lieue, à peu près, de la infor

r l’océan.

IRATE.

rd-Est, et Laurent : igier dans

goëlettes:

> hautes:

le voyezons, à elle tre, et la itérêts de x Or, la rès, de la

| occupé d’une arrière pensée.

côte du Nord lorsque le Capitaine qui se tenait près du timonier s’écria, de toute la force de sa voix : “About ship boys—Hardlee—Tacks and sheets—Main sail haul—let go and haul,” et la goëlette, vive comme un poisson volant, décrivait un demi-cercle avec une telle rapidité qu’elle présenta toute sa quille hors de l’eau. Dès qu’elle se fût redressée sur elle-même et reprit son élan,

le Capitaine regarda l’autre en murmurant entre

ses dents :—Tu ne passera pas au vent à ce coup-ci, ma mignonne, et puis à l’autre bordée il fera noir ; ainsi, adieu mademoiselle, votre serviteur ; pas pour ce coup-ci, s’il vous plaît.

La Sirène était commandée par le Capitaine Clenricard, véritable type de la pensée de l’auteur du Corsaire :

He knew himself a villain—but he deem’d

The rest no better than the thing he seem?d.”? Byron.

Il était d’une haute stature, et avait quelque chose de repoussant et de féroce dans les traits, ses immenses sourcils croisés, au-dessus de son nez aquilin, le faisaient paraître comme constamment Il n’avait rien, en outre, de ressemblant à Conrad, si ce n’est que, comme lui, il savait qu’il était un Scélérat : si ce mot peut reudre lexpression du poête britannique. C'était plutôt le Vautrin de De Balzac sur mer, calculant tout l’or qu’il pourrait retirer des infortunes de ses semblables. Il était placé sur

ux malhe.

était le pil.

n jetait sur ebande, et 1 nous parait, depuis ir la certi.

hisait voile Or, Clenque la goëi qu’il re.

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mmédiate.

trop à la

> sera fait, n peu dans

1 avalé un tit la goëbruit semnon : d’un > la chamvoile et de le, —deux tôt sur le p, et frapler, l’avait qu’il avait

entendu. Dès que la manœuvre qu’il avait commandée fut exécutée, l’ordre se rétablit sur la Sirène qui filait alors dix nœuds, vent-arrière.

QUn sourire inexprimable erra, quelques instans,

sur les lèvres de Clenricard qui tenant sa lunette d'approche appuyée sur l’étai du grand mât, regardait le King Fisher, dont le mât d’hune était renversé sur le tillac :—crois-tu, Michel, que c’est dommage pour nos amis de là-bas. Ce petit accident va les retarder un peu.

—Oui, Capitaine, et je ne crois pas qu’ils nous retrouvent demain, la nuit commence déjà à tomber.

—C'est bon, dès que nous les aurons perdus de vue, tu feras allumer un fanal au beaupré et tu fileras ainsi trois quarts d’heure, après quoi tu le feras éteindre, et tu piqueras ensuite sur la côte du Sud : ces messieurs sont de fins matois ; mais il faudra pourtant qu’ils avalent celle-là ; quant à moi, il faut que j'aille me coucher. Tu te feras relever par Benjamin aussitôt que tu auras dirigé ta course à l’Est.

—C’est bien Capitaine.

Vers les neuf heures du soir la tempête devint horrible ; il ne restait plus que l’empointure d’une seule voile ; et, néanmoins la goëlette menaçait, à chaque instant, de s’engloutir. Deux hommes étaient attachés au gouvernail et pouvaient à peine la faire gouverner. Tous les panneaux étaient cloués et chaque vague balayait le pont de toute sa longueur, et sans les cordages auxquels

les matelots étaient attachés, les auraient infailli. blement engloutis.

—Tors mon âme au bout d’un piquet mes enfans, dit le Capitaine, si nous avons échappé à ces marauds-là ; je ne crois pas que nous évitions ce petit grelin-ci, Tenons ferme toujours ; que nous n’ayions pas de reproches à nous faire : sil faut que nous allions au diable, tant pis ; mais que ce ne soit pas de notre faute.

Sur les trois heures du matin le vent calma, et la goëlette pût reprendre sa route ; le King Fisher n'était plus visible sur l'horizon. Ils avaient à peine fait sept à huit miles, lorsque le Capitaine aperçut un point noir à quelque distance de lui, 1! dirigea sa lunette sur cet endroit.

—Gouverne là-dessus, Michel, dit-il ausitôt, il y a un individu là-bas qui n’est pas trop à son aise. En peu de temps la goëlette y fut rendue et un

cable fut jeté à un malheureux qui grelottait de}

froid sur la quille d’une chaloupe. Il ne fut pas plutôt à bord qu’il demanda un coup à boire.

—Ce n’est pas l'embarras mon brave, dit .Clenficard, on en prendrait à moins.

—Benjamin apporte une tasse et une bouteille ici,—comment vous appelez-vous ? | —Je m’appelle Amand, dit le nouvel arrivé, aussitôt qu’il eut bu, et je vous assure que j'ai passé une nuit chenue. . —Etiez-vous seul ?

—Non, j'avais un ami avec moi, mais son bis-|

cuit est fait à lui.

ent infaill. E -—D’où étiez-vous parti ?

—De la Baie St. Paul, quand le- vent de Sudet mes en- ROuest a pris, nous n’avons pu tenir auprès du échappé à vent, et nous avons été obligés de faire vent largue. ous évitions ENous allions d’un train du diable, quand tout d’un ours ; que Rcoup, nous avons fait un saut en l’a, puis flan, s faire : s’il frenversé. Je crois que nous avons passé sur S ; mais que Rquelque morceau de bois ; quand à mon ami, je

ne l’ai pas revu. En chavirant, par bonheur, j'ai t calma, et Rattrappé une écoute, à l’aide de laquelle j'ai reing Fisher monté sur la chaloupe.

avaient à —Il va falloir que vous veniez jusqu’à Pile Capitaine d’Anticoste avec moi. | ance de lui} —Tant mieux, dit notre héros, car c’était lui, ça s’adonne bien, car j’y ai affaire—sommes-nous il ausitôt, il À loin ?

> à son aise. À —Un peu, vous avez le temps de faire sécher ndue et un} vos habits avant que nous arrivions, dit le Capi- ‘elottait del taine en riant, descendez toujours dans la cham- | ne fut pas E bre, il y a du feu.

boire. Malgré tous les efforts de Clenricard, Amand , dit.Clen- E ne voulut jamais ôter ses habits pour les faire sécher ; il craignait qu’on ne s’aperçüût de sa main de 1e bouteille E gloire qu’il portait attachée sur sa poitrine, et à laquelle il croyait devoir son salut dans cette ocvel arrivé, Ê casion.

re que jai Huit jours après ils étaient arrivés au Port, et notre héros fut mis à terre, sans un seul sol dans sa poche, dans une Ile presque déserte. Dès que is son bis- Clenricard sut qu’il était ouvrier, il lui proposa de l’employer, ce qu’il fut obligé d’accepter, quoi-

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qu’il eût préféré s’occuper de ses recherches ché.| ries ; mais la nécessité l’y forca, car il lui eût été difficile de vivre dans cet endroit, sans travailler, Il ÿ resta cinq années, faisant le moins d’ouvrage qu’il pouvait, et passant le reste de son temps à À faire des recherches près des rochers où il croyait | qu’il avait péri quelques vaisseaux. Ses perquisitions ne furent pas inutiles, un jour il trouva, à trois brasses d’eau, une petite caisse qu’il retira, avec des peines infinies ; en louvrant, il y trouva cinq cents piastres qu il enterra promptement dans le sable ; car, il savait bien que si son patron la découvrait jamais, sa portion serait petite. Deouis ce temps, il s’occupa sans cesse, à chercher les moyens de s'échapper de l'Île ; ce qui n’était pas très-facile, car Cleuricard qui avait intérêt à l’y garder ne lui laissait pas grande liberté. Enfin, après mille difficultés, il réussit à s’embarquer avec son trésor dans une barge qui revenait de la pêche à la morue, et il se trouva, de nouveau libre, et plein d’espérances de se rendre chezlui.

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