INTRODUCTION
Les événements qui se sont déroulés depuis l’année 1939, en modifiant les conditions d’existence tant physiques que morales, ont apporté à la pathologie actuelle des modifications parfois profondes.
Il en a été ainsi au lendemain de tous les grands cataclysmes sociaux, particulièrement au lendemain des guerres.
Le D: DecaronTaine, Médecin-Chef des services de médecine de l'Hôpital Saint-Denis a attiré notre attention sur ces faits, et nous en a proposé l'étude.
Qu'il nous soit permis de le remercier, ici, de l’aide et de la confiance qu’il nous a témoignées, non seule-
“ment pour la réalisation de ce travail, mais encore au cours de nos années d’internat dans son service.
Notre étude a porté exclusivement sur les malades des services de médecine de l'Hôpital de Saint-Denis. On ne s’étonnera donc pas de ne pas y voir figurer les modifications des maladies vénériennes par exemple, le service de syphiligraphie et de vénéréologie étant distinct des services de médecine.
Les services de médecine comprennent un service de médecine générale pour hommes de 47 lits et un service pour femmes comprenant 42 lits.
Un service de tuberculose pulmonaire ayant 30 lits ehez les hommes et 20 lits chez les femmes.
Un pavillon d'isolement hospitalise les adultes atteints d’affleclions contagieuses et les enfants audessous de 15 ans.
Il existe, de plus, une consultation externe réservée. aux anciens malades du service et aux malades de ville, envoyés en consultation auprès du D’ DELAFONTAINE.
Le recrutement de cet hôpital est à peu près exclusivement ouvrier.
Les malades hospitalisés appartiennent aux milieux sociaux dont les conditions d’existence ont été les plus modifiées par les événements actuels ; notamment, la ration alimentaire de ces sujets est, la plupart du temps, strictement limitée aux denrées obtenues par les cartes d’alimentation.
Cependant, dans ces milieux, un certain nombre de familles, par leur attache paysanne, n’ont pas eu encore trop à souffrir des restrictions alimentaires.
Les modifications pathologiques observées ont porté, avant tout, sur la tuberculose et sur les maladies dues à l'alcoolisme ; dans ces deux domaines elles sont d’une netteté indiscutable.
Les anémies, les amaigrissements, les œdèmes de dénutrition, les dysménorrhées, les engelures apportent, du moins par leur fréquence, des éléments nou-
veaux dans l'aspect de la pathologie actuelle.
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Enfin, la fréquence et l'aspect des maladies infectieuses contagieuses aiguës ne semblent guère avoir été modifiés.
Le point de départ ne notre travail a été fourni par des impressions. Il est évident que l’on ne pouvait s’en tenir là. et qu'il fallait avoir recours aux statistiques.
C'était l’écueil d’un tel travail.
Ces statistiques se heurtent souvent, dans leur établissement, à de grandes difficultés matérielles.
Nous pensons que ces statistiques n’ont de valeur réelle que si elles portent sur un très grand nombre de cas.
Mais nous pensons également que les chiffres, s'ils ne doivent pas être négligés, n’ont pas de valeur absolue. Ils nous serviront à étayer des impressions cliniques qui prennent à nos yeux beaucoup plus de valeur, parce que ces impressions sont plus sensibles, moins rigides, et en définitive souvent plus près de la réalité que les chiffres.
Il nous restait un autre moyen d'étudier la pathologie actuelle ; c'était de trouver des rapports entre les maladies plus fréquemment observées depuis la guerre et l'hygiène alimentaire. Les progrès faits ces dernières années dans l’étude des carences alimentaires et plus particulièrement des carences vitaminées, ne pouvaient que donner plus d’actualité à ce sujet. Il ne nous a pas été possible malheureusement de faire cette étude systématiquement. Aussi, nous con
tenterons-nous de donner les résultats de quelques
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observations, sans pouvoir apporter de conclusions.
Qu'il nous soit permis de remercier ici M. Raovz, Pharmacien-Chef de l'Hôpital Saint-Denis, Directeur de la Section de Biochimie à l’Institut des recherches d'Hygiène de Paris, de l’aide précieuse qu’il nous a
apportée à ce sujet.