‹ L'influence des événements actuels sur la Pathologie: Etude comparative des Affections médicales observées à l'Hôpital de Saint-Denis de juillet 1937 à août 1939, d'une part, et d'août 1940 à juillet 1942, d'autre partChapitre 11 sur 29 · TUBERCULOSE · texte numérisé non relu

TUBERCULOSE

Il est habituel, lors des guerres et des grands cataclysmes sociaux, d'observer une recrudescence de la tuberculose, et une gravité particulière de cette affection.

Ces constatations avaient déjà été faites à l’occasion

de la guerre de 1914-1918.

Depuis deux ans, de nombreux auteurs se sont

préoccupés de cette question.

A la séance de la Société médicale des Hôpitaux du 30 mai 1941, A. Ravina, Ÿ. Pecner, M. Bucouoy et G. Pusoz ont été frappés par l’importance et par la gravité des formes de tuberculose pulmonaire qu’ils ont observées depuis juin 1940.

A l’Académie de Médecine, en 1940; BEzançow, Evror et Moine, ont manifesté leur crainte de voir bientôt une recrudescence de la mortalité tuberculeuse en France. | k

Courcoux À Paris, GErNez- Rinus, Durnor, WAREM- Bour6 à Lille ont vu un nombre inusité d’adénopathies bacillaires anciennes évoluant sous forme d’adénites hypertrophiques souvent suppurées, coïncidant maintes fois avec des manifestations tuberculeuses

pulmonaires graves.

RSATTIAES

Risr et AMeuiLce ont trouvé depuis quelques mois un” nombre assez important de cas de tuberculose pulmopaire de réinfection à lésions plus rapidement évolutives que d'habitude et s’accompagnant d’adénopathies caséeuses médiastinales volumineuses et étendues.

AMEUILLE insiste sur la fréquence actuelle des pneumonies caséeuses mortelles en quelques mois.

ARMAND-DELLILE a observé plus de granulies chez les enfants qu’avant-guerre.

LsoBarpy à Limoges a vu se développer un plus grand nombre de tuberculoses bilatérales à évolution rapide, type phtisie galopante et aussi de pneumonies caséeuses avec prompte excavation.

STILLMUNKES à Toulouse, a signalé l'accroissement chez les adultes des formes graves, granuliques, broncho-pneumoniques et même ulcéro-caséeuses, évoluant vite, se bilatéralisant rapidement.

Bruzé signale l’augmentation de fréquence et de gravité des tuberculoses des séreuses, pleurésies, polysérites, péritonites.

Et. Bernann attire l’attention sur la fréquence des adénopathies tuberculeuses cervicales associées à des bacilloses pulmonaires.

Beraoux à Grenoble constate de janvier à octobre 1941, 8 cas de méningite tuberculeuse chez des sujets de 17 à 50 ans. Ces sujets, de souche tuberculeuse, ne paraissaient pas avoir subi de surinfections exogènes massives. L'auteur rend responsable les restrictions qui ont diminué la résistance du terrain chez des sujets déjà atteints. ‘

RE

M. C. AucusreetJ. Paris notent la fréquence actuelle de la méningite tuberculeuse chez l'adulte. Is insistent sur le fait que la plupart des cas sont apparus chez des sujets apparemment guéris depuis longtemps d’une pleurésie ancienne et présentant tous les signes d'une santé ftoride.

À. Ravina et ses collaborateurs ont été frappés du nombre des primo-infections et de leur gravité. Pour ces auteurs, ces primo-infections sont survenues chez -des sujets transplantés depuis deux à trois ans de la campagne dans les grandes villes et seulement depuis les événements de mai-juin 1941.

Risr, au contraire, ne croit pas que les cas de tuberculose aient beaucoup augmenté en nombre. fl base son affirmation sur le dépistage systématique qu'il a pratiqué dans les grandes classes des lycées de Paris. Le nombre des cas de tuberculose dépistés ne dépasse pas, d’après cet auteur, le nombre des cas dépistés en 1940 et 1939.

Macquer et A. Breron, à la Société de Médecine du Nord, apportent des statistiques portant sur une population ouvrière de 41.000 âmes. Ils trouvent une augmentation globale de 70 % du nombre des tuberculoses. À leur avis, il y a une très faible progression du nombre des tuberculoses ouvertes, mais une poussée ascensionnelle considérable des primo-infections. Ceiles-ci sont plus malignes, plus tenaces, moins résolutives. Les formes extra-pulmonaires, pleurales ou ganglionnaires et les granulies se re-

marquent, d’après ces auteurs, par leur fréquence

Page 1