‹ L'influence des événements actuels sur la Pathologie: Etude comparative des Affections médicales observées à l'Hôpital de Saint-Denis de juillet 1937 à août 1939, d'une part, et d'août 1940 à juillet 1942, d'autre partChapitre 19 sur 29 · LOG · texte numérisé non relu

LOG

M. Ucricu croît au rôle dominant de la carence en matières grasses.

M. Javce émet l'hypothèse d’une influence cosmique.

Quoi qu'il en soit, les dysménorrhées et plus particulièrement les aménorrhées ont été observées avec une fréquence accrue depuis les événements de juin

Parmi les causes de cet état, il faut retenir en premier lieu, les facteurs psychiques et neuro-végétatifs, le surmenage et l’état de carence alimentaire.

Depuis octobre 1941, tout le monde a été frappé du développement inusité d’une affection banale : les engelures.

Nous en avons constaté un nombre considérable, tant chez les malades hospitalisés que chez les malades des consultations externes. Cette affection, en effet, a pris une importance telle par l'intensité, l'étendue et le caractère des phénomènes réactionnels, que beaucoup de sujets sont venus consulter et même. ont été hospitalisés.

Nous avons d’abord remarqué l'apparition d’engelures chez des personnes qui n’en avaient jamais été atteintes. |

Les femmes ont été frappées plus fréquemment. Nous avons constaté souvent chez les jeunes filles, des troubles des règles associés sous forme d’äménorrhées.

Beaucoup de nos malades n’exerçaient pas de pro-

SL DEA fession particulièrement favorisante (contact avec l’eau).

Ce qui nous a le plus frappé, c’est l'intensité de ces engelures. Ê

L'aspect des mains se rapproche de celui de l’acrocyanose, de l’érythromégalie et de la maladie de Raynaud. Il semble donc que chez certains, comme le fait remarquer Francis Borpur « tout se passe comme si le processus vasculaire ne se limitait pas à la simple capillarité thrombosante qui est à la base des engelures, mais intéressait le système artériel ».

Nous avons fréquemment remarqué des lésions des phanères : ongles cassants, cannelés. Aux membres inférieurs, les engelures s’accompagnent d'œdème envahissant toute la jambé. C’est un œdème dur, dé teinte rose violacé avec des taches ecchymotiques.

Quelle est la cause de ces troubles ?

L'idée qui vient immédiatement est celle d'attribuer la responsabilité au froid, devant la rigueur des deux derniers hivers:

On peut remarquer que l'hiver 1939-1940 a été aussi rigoureux que les deux hivers derniers.

Il faut plutôt parler alors du manque de protection contre le froid.

Cette explication, si satisfaisante soit-elle, ne semble pas absolument complète. Elle ne donne pas la « raison de la susceptibilité au froid de ces systèmes vasomoteurs, qui, jusqu'alors, s'étaient montrés moins fragiles».

D'autre part, les engelures se sont prolongées fort

tard après l'hiver et nous en avons constaté qui n'avaient pas disparu pendant l'été.

On a alors invoqué les carences alimentaires.

Il semble que, comme pour les aménorrhées, ce facteur soit à retenir pour une part. Il est certain qu'il est bien difficile de conclure.

Sézary, avec la majorité des dermatologistes, n’est pas favorable à cette dernière hypothèse pathogénique.

Cet auteur rappelle que les engelures ont déjà été signalées en 1891, par SABRAZÈS et DuBrEuILz, année où comme en 1940, les froids ont été précoces, mais où l’on ne peut invoquer une éventuelle avitaminose.

SÉzARY incrimine avant tout le froid et le manque de protection contre le froid. Mais il se demande, avec beaucoup d’autres, s’il existe un facteur prédisposant constitutionnel ou endocrinien ?

Francis Borper, BrouGNnarD et VOLKRINGER croient à l'intervention d’un agent vaso-constrictif. Ils pensent qu'il y a peut-être un apport de substances constrictives en trop grande abondance dans le pain. Cet agent constricteur serait Pergot de seigle. « On peut se demander si, à côté du grand ergotisme il n’y aurait pas un ergotisme larvé susceptible de créer ou d’exagérer, puis d’entretenir un état d’hyperéflectivité vaso-motrice ».

Il semble difficile dans létat actuel de nos connaissances, de porter une conclusion et de donner

une réponse à ces problèmes pathogéniques.

Page 1