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« Pour le Français, le pain constitue la base de l'alimentation ; or, le pain a perdu par le blutage 26 % de sa charge en hydrates de carbone et, sans tenir compte de l’abaissement considérable du pourcentage en farine de froment, il suffit d'ajouter à cette déperdition en qualité la diminution en quantité du rationnement, pour constater que ce qui manque chaque jour en hydrates de carbone au travailleur de force correspond au chiffre approximatif de 1 kgr.:500 de pommes de terre ; il est difficile de combler un pareil déficit avec les autres hydrates de carbone de l'alimentation ».
M. Ch. Ricer reconnaît deux facteurs importants d’amaigrissement : l’excès de cellulose dont on consomme relativement deux fois plus qu’en temps normal, et la suppression des sauces, de l'huile, du fromage que l’on ajoutait aux aliments.
Quelles que soient les causes de ces amaigrissements, il nous a paru intéressant de signaler leur fréquence dans un tableau de l’évolution de la pathologie actuelle.
Parmi les troubles observés avec fréquence, les dysménorrhées méritent d’être signalées. Cette question a déjà fait l’objet de nombreuses discussions, notamment à la Société française de Gynécologie. Mais, ce qui semble surtout avoir été remarqué, ce sont les aménorrhées. IL nous paraît que le terme de dysménorrhée convient mieux. Si nous avons sur-
tout observé des aménorrhées, nous avons également
constaté avec une fréquence plus grande qu’avant-
guerre, des ménorragies.
Il faut évidemment éliminer de ce cadre les cas où
les dysménorrhées peuvent être attribuées à l’évolution d'une affection pelvienne ou générale.
L'arrêt de la menstruation ne s'accompagne d’aucun symptôme dans la majorité des cas.
Signalons tout de suite la fréquence de l'association des engelures et des aménorrhées. Nous aurons l'occasion d’y revenir.
Ces aménorrhées s’accompaguent le plus souvent d’une atteinte de l’état général. Enfin, il nous a semblé qu'elles survenaient principalement chez des femmes particulièrement sous-alimentées.
Ces constatations avaient déjà été faites par des gynécologues allemands, en 1917-1918.
Pour MM. Guy-Larocue. Et. Bomparp et Trémor- LIÈRES, trois facteurs paraissent déterminants : les chocs émotionnels, le surmenage et l'insuffisance alimentaire. Ces facteurs peuvent exister en temps habituel. Mais il est évident que la guerre les associe et les majore.
Nous avons remarqué que le traitement hormonal ne donnait guère de résultat. Le pronostic est en règle, bénin. Souvent le rétablissement de la menstruation suit de peu l’amélioration des conditions d'existence.
M. Maurice FaBre, pense que les facteurs d'ordre psychique sont dominants, car il observe autant d’aménorrhées chez des femmes de la campagne bien
nourries, que chez les citadines.