‹ L'influence du moral sur le physiqueChapitre 12 sur 39 · HERDER, PLASTIQUE · texte numérisé non relu

HERDER, PLASTIQUE

La différence des passions fait la différence de physionomie des créatures. |

La physionomie humaine est l’ensemble des formes extérieures du corps humain. C’est le reflet du caractère, c'est-à-dire de l’état le plus ordinaire de l’âme. Les rapports les plus étroits lient l’extérieur à l’intérieur. : Il n'est pas de manifestation extérieure qui n'ait sa raison interne, il n’est pas un trait, pas une expression, pas une attitude qui n'ait sa cause. On peut dire que notre extérieur n’est que la manifestation de ce qui se

passe habituellement au dedans de nous.

Nos visages el nos attitudes ont des caractères propres, qui donnent à chacun de nous une individualité.

La correspondance exacte de nos sentiments avec nos attitudes se relève de la manière la plus précise.

On juge de toutes les choses de tous les êtres d'après la physionomie et de cet examen on conciut généralement à tous les mouvements aux qualités intérieures.

Il faut admettre que nos attitudes et nos traits traduisent fidèlement nos passions.

La joie, la tristesse, [a jalousie, la colère impriment certaines modifications dans la physionomie de chacun de nous.

« Les passions gaies, écrit Descuret, elles dilatent, elles épanouissent les traits du visage qu'elles colorent par lafflux de la chaleur et du sang. Les passions tristes, au contraire, contractent la figure en assombrissant ies traits, font baisser la tête, diminuent d'une manière sensible la chaleur de la peau à laquelle elles impriment un ton pâle, jaune ou plombé. Les passions mixtes participent à ces deux effets. D'abord pâleur puis rougeur de la face ; elles. sont dôuées d'une plus grande puissance de réaction telle est la colère chez les personnes robustes. »

La coloration du visage est différente suivant le sentiment qui la provoque. Par exemple

La colère se traduit par une stase passagère du sang qui donne au visage une teinte sombre et livide. D’autres fois la colère donne au visage un pâleur.

La peur s'accompagne d’une décoloration du visage qui reconnait pour cause un arrêt momentané de la circu-

lation et de la respiration.

AT 2e

L'ambitieux a souvent le teint pâle.

Les mouvements des sourcils traduisent les passions de la manière la plus significative ; ils se lèvent dans la colère ; ils s'abaissent dans la haine, la tristesse, le mépris et dans toutes les sombres méditations.

Les yeux expriment Ja vie dans les nuances les plus délicates. Par exemple chez les passionnés du jeu, des courses, les yeux ont souvent un éclat terrible. Le regard s'anime, senflamme au moment de la colère chez un homme robuste. Chez un homme faible au moment de la colère les yeux sont fixes sous les sourcils contractés.

L'homme intérieur se révèle à tout instant par le son de la voix. Chaque passion a un son de voix qui la distingue. Ainsi par exemple, la colère se traduit par une voix animée et entrecoupée ; la douleur par une voix sourde et gémissante ; l’amour par une voix douce. Il existe autant d’inflexions de la voix qu’il y a de nuances de sentiments.

Le geste est même la traduction si fidèle de l'homme intérieur par l'homme extérieur.

Le geste nous permet de lire dans le cœur de l’homme, car il en traduit les mouvements les plus secrets.

Tous les mouvements de notre corps se modifient d'après les émotions ressenties, les passions exprimées et aussi d’après le tempérament et le caractère de chacun de nous.

Mais de tous les mouvements du corps humain il n'est

pas aussi varié que ceux que la main et les doigts accom-

plissent en écrivant. L'écriture a toujours une physionomie significative.

Nos dispositions d'esprit influent sur notre manière d'écrire.

Nous donnerons un autre caractère à notre écriture quand nous exhalerons notre colère ou quand nous consolerons un ami.

L'homme extérieur est le relief de l’homme intérieur. Le changement apporté par l'éducation dans le caractère et l'intelligence amène au physique des modifications

correspondantes.

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