‹ L'influence du moral sur le physiqueChapitre 14 sur 39 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Tout l'organisme d’un être humain normal est formé par un ensemble d'appareils qui fonctionnent de la manière la plus harmonique, grâce à l'indispensable concours du système nerveux qui règle les échanges nutritifs. Le système nerveux est constitué de deux ordres de nerfs. Les uns naissent du cerveau et de la moelle épinière : ce sont les nerfs qui nous mettent en relations avec le monde extérieur. Les autres émanent des ganglions nerveux de volumes différents et disséminés partout. Ils règlent la vie intérieure de nos organes.

Les premiers se distribuent principalement aux organes des sens et aux autres organes dont le fonctionnement est soumis à l'empire de la volonté (muscles, etc.). Les seconds innervent nos viscères tels que le cœur, l'estomac, l'intestin, le foie, les reins, etc.

Les deux ordres de nerfs, ceux de la relation et ceux de la nutrition forment un ensemble unique.

Aucun acte de notre vie, aucune pensée ne peuvent se

produire sans supposer la mise en jeu de l'ébranlement simullané de ces deux systèmes.

Leur solidarité fonctionnelle éclate dans tous nos actes, chacun de nos désirs ou de nos besoins satisfaits et jusque dans la moindre de nos émotions.

Est-ce que, par exemple, nous ne voyons pas tous les

jours les caractères des personnes les plus douces devenir irascibles sous l'influence de la faim ou de la maladie ? Est-ce que la maladie et la faim ne sont pas à leur our notablement modifiées par la puissance de la volonté ?

Aussi longtemps que les deux systèmes nerveux fonclionnent harmoniquement, l'équilibre physique a comme corollaire l'équilibre psychique. Mais une perturbaltion quelconque se produit-elle dans les échanges nerveux, elle se traduit aussitôt par une modilication de caractère. Un telle perturbation peut avoir son point de départ soil dans une lésion siégeant tantôl dans le cerveau, Lantôt dans Ja moelle épinière, tantôt dans un viscère malade, soit dans une lésion organique hérédiaire et congénitale, soit, enfin, dans une impression ou une série d'impressions violentes apportées au cerveau par les organes des sens et troublant par leur intensité les échanges réguliers d'influx entre les deux systèmes nerveux.

La passion, d'abord simple effet d'une perturbation morale, ne tarde pas à produire des altérations de nos organes ; un peu plus tard, ces altérations se localisent

aux organes surmenés et deviennent à leur tour une

source d’excitations permanentes qui entretiennent la pérennité des actes passionnels. Ces derniers passent à l’état d'habitude, plus forte que tout, car c’est l'habitude qui éternise les choses. L’habitude soutient donc la passion, elle maintient l'idée fixe et la convertit en un besoin impérieux.

Lorsque la passion devient plus insatiable, plus tyrannique à mesure qu’elle s'exerce, lorsqu'elle s'empare de nous, elle altère notre organisme, le déforme et l'acte passionnel devient une réaction physiologique surajoutée qui s'impose à nous aussi impérieusement que les

actes physiologiques normaux.

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Quelques Passions intéressantes

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