LA PASSION DES BOISSONS ALCOOLIQUES
La passion de l'alcool est Ia plus homicide de toutes. L'alcoolisme est la passion la plus trompeuse de toutes, il est un agent puissant de dégradation morale de l’individu el de déchéance sociale qui le mène à la misère physiologique.
L'ivresse n'est qu'un état maladif produit par l'abus accidentel et passager de l'alcool, tandis que l'ivrognerie est toujours un vice.
L'âge mür et la vieillesse sont les époques de la vie où celte passion règne en souveraine. La passion de l'alcool est souvent héréditaire.
Dans l'ivresse, les sensations n'étant plus en rapport
avec les objets extérieurs ni les idées avec les sensations,
la circonspection s'évanouit et les déterminations sont commandées par la passion prédominante; alors l’homme de la société disparaît, l'homme de la nature se montre el son cœur est à nu.
Au moral, les facultés intellectuelles se détériorent, l'imagination devient obtuse, les idées se confondent, la mémoire s’abolit, enfin lhébétude et l’abrutissement viennent terminer ces tristes prodromes. Une seule idée domine alors toutes les autres, préside à tous les actes c'est le désir de boire, désir qui suggère encore les moyens de satisfaire ce besoin impérieux et d'en hâter le moment.
L'action de j'alcoo!, des liqueurs et boissons à Fessence sur és organes €St bien connu de tout le monde. I esl donc inutile d'insister.
L'habitude de boire une fois enracinée, presque toute la résistance morale est paralysée en quelque sorte, il faut que la volonté soit assez puissante pour y faire re- Honcel.
Quoique l'ivrognerie soit une des passions les plus difficiles à déraciner, il ne faut souvent qu'un mouvement généreux inspiré par quelque circonstance fortuile pour en déterminer la guérison. Par exemple : « Ce fut ainsi que grand général Gambronne, qui dans sa jeunesse se livrait à cette passion, parvint à la surmnoter par un sentiment d'honneur et par la seule puissance l'empire de la volonté. » (Descuret.)
Un médecin de New-York x guéri un ivrogne d'une
manière fort ingénieuse. Il fit comprendre à l'ivrogne la
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nécessité de se soumettre à une saignée, ajoutant que sans celte précaution il était exposé à mourir de combustion spontanée. Le malade s'étant rendu à l'avis de l’homme de l’art, celui-ci pratiqua l'opération et recueillit le sang dans un vase contenant une dose d'alcool. À peine eut-il tiré quelques onces de sang, qu'il fit approcher une lumière du liquide. À la vue de la flamme bleuâtre qui s'en éleva aussitôt, le buveur de rhum éprouva une telle révolution morale qu'il renonça pour toujours aux liqueurs incendiaires dont il avait tant fait abus. Seulement, la maîtrise de soi-même peut diminuer, ei en quelque sorte guérir cette passion si fatale el si
homicide.
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