NU NE
lent. Les larmes viennent souvent à ses yeux. Il sent sa Joie dans les muscles et ses joues qui se contractent par suite d'une augmentation de leur innervation latente. Son visage prend une forme arrondie (c'est l'opposé du visage long et mou, des traits pendants des mélancoliques). Son sourire et son rire proviennent d’un excès d'impulsion nerveuse dans les muscles du visage et de la respiration, de même, si sa voix s'élève, si des chants et des cris de joie se font entendre, c'est que les muscles du larynx et de la respiration ont une tendance involontaire à une suractivité.
Ainsi le joyeux sent sa joie dans sa tête qui se redresse, dans son thorax qui se combre, dans ses jambes plus sûres. |
La facilité des efforts physiques et mentaux s'unissent pour donner au joyeux le sentiment de sa puissance.
La confiance en soi-même, l'optimisme excessif à l'égard de la vie et toutes les idées que ses sentiments engendrent ne sont que la traduction affective et mentale du sentiment organique de puissance.
Dans la joie normale le sujet sait pourquoi il est joyeux, il se représente confusément ou clairement la cause de sa joie et cette représentation sert de stimulant à ses diverses fonctions mentales. Ainsi cette représentation produisant la joie par l'intermédiaire du cerveau, provoque la plupart des phénomènes physiologiques qui caractérisent la joie.
La joie coïncide toujours avec les caractères physiques
précis, elle a sa physionomie propre au point de vue mental el au point de vue organique. Dumas ne croil pas que la joie puisse se produire en dehors des variations physiologiques, physico-chimiques, mécaniques.
I y a dans la joie la dilatation vasculaire, l'hÿpérémie fonctionnelle et l'excès de l'agent des combustions l'oxygène.
Dans la joie la circulation cérébrale est plus active, l'afflux sanguin, les échanges et les oxydations cérébrales augmentent dans la même proportion que l’activité psychique.
En même temps l'activité cérébrale retentit sur les fonctions cardiaques et respiratoires pour les accélérer.
Le cœur s'accélère, le pouls devient plus rapide, la tension artérielle plus élevée.
« Aux systoles plus rapides et plus fortes correspond un sentiment de bien-être que nous exprimons par les termes : avoir le cœur léger, et dans les cas de vaso-dilatation périphérique et d'hypotension, ces termes sont l'expression d'une vérité physiologique. » (Dumas.)
Le rythme respiratoire s'accélère. La respiration devient à la fois plus rapide et plus ample. Gette suractivité respiratoire avec ses inspiraions profondes et rapides, favorisées par la lonicité des muscles thoraciques, entraîne du côté des poumons un sentiment de plénitude et de liberté bien souvent décrit par les poètes.
« D'après Meynert, l’activité mentale de l'écorce paralyse les fonctions vaso-constrictives de cellule corticale
et détermine une hyperhémie fonctionnelle non seule-
ment dans le cerveau tout entier, mais dans parties périphériques.
« Enfin, la suractivité motrice contribue, par le travail musculaire que l’exprime, à accélérer la respiration, le cœur et à entretenir la vaso-dilatation. »
Les modifications respiratoires et circulatoires s'accompagnent de modifications plus profondes dans la vie des tissus. Nous savons que la nutrition et les échanges sont beaucoup plus actifs dans la joie que dans la tristesse.
On sait que la circulation plus rapide facilite la nutritionu des tissus. L'activité cérébrale exerce sur la nutrition générale une influence trophique et ce rôle trophique es texagéré par cette activité et l'hypertémie fonctionnelle.
La joie d’origine morale entraîne la combustion des matières azoteuses. Les phénomènes secondaires de température, de coloration, d'expression sont la conséquence ou la traduction des précédents.
Le poids du corps augmente dans la joie.
L'uré, l’acide phosphorique et l'acide carbonique augmentent aussi.
C'est donc que la joie correspond à une nutrition meilleure — que la tristesse — ainsi qu'à des combustions et des échanges plus actifs et c’est là une différence profonde irréductible qui tient à la différence des processus vitaux qui s’accomplissent dans les éléments anatomiques.
Pendant la joie et la tristesse on remarque que toutes
les causes qui favorisent la diminution de l'eau dans le sang favorisent ainsi l'augmentation des globules el toutes celles qui favorisent l'augmentation de l’eau diminuen le nombre des globules par un mécanisme inverse, Ces variations du nombre des globules sont relatives à un volume constant de sang et non à la totalité, c'est d'une hyperglobulie ou d’une hypoglobulie apparentes qu'il s'agit toujours quand on parle de variations brusques, comparables entre celles, et c'est l'hyperglobulie et hypoglobulie apparentes qui sont en rapport précis avec l’état vasculaire.
« Une joie, écrit Lange, est plus ou moins intense suivant que les artérioles sont plus ou moins dilatées et que toutes les fonctions, tous les muscles, tous les tissus participent plus ou moins à l’état général.
« Tandis que chez laffligé le spasme vaso-moteur détermine une dystrophie des organes et une vieillesse précoce, l'état directivement opposé de la circulation dans la joie amène une riche alimentation des organes el des tissus ; toutes les parties du corps profitent bier: et se conservent plus longtemps ; l’homme content, disposé, est bien nourri et reste jeune longtemps. »
Donc, la joie rajeunit, elle est le soutient de la santé, car elle est favorable dans toutes les affections, elle est le « contre-poison » de la maladie. Mais il faut cependant remarquer que les grandes émotions de joie exercent une influence de désorganisation au moins pour leurs premiers effets. D'après Dumas, une joie aigue dissocie les synthèses mentales qui se forment, paralyse
l'attention, éparpille la volonté.
die