LA TRISTESSE
Le chagrin est la douleur morale à l’état aïgu, il brise les ressorts de la vie.
La tristesse est Le chagrin chronique. Elle est la conscience plus ou moins sourde des phénomènes qui s’accomplissent dans le corps. Elle ronge les ressorts de la vie.
La teigne ronge les vêtements, le ver ronge le bois, ainsi agit la tristesse sur le cœur de l’homme, dit le livre des proverbes. L'Ecclésiastique ajoute : « C'est la tristesse qui hâte la mort, elle Ôte toute énergie et Fabattement du cœur fait baisser la tête. »
D'après Spencer, la tristesse se manifeste sous la forme aiguë d’un choc émotif.
La tristesse peut être normale et morbide ; active et
passive.
La tristesse passive est caractérisée par la douleur sans réaction ; l'homme est triste, il est abaltu, il pense peu, il reste immobile et muet.
La tristesse active est caractérisée par la douleur avec réaction ; l'homme s'’agite, il parle, il pleure, il crie el se lamente, Le premier sentiment s'accompagne d'une douleur morale, une souffrance morale.
La tristesse passive et la tristesse active chez un sujet normal et chez un sujet malade sont toujours postérieures à un épuisement cérébral. « Elles sont corrélatives de l’épuisement mental. »
Dans la tristesse morbide le sujet ne sait pas pourquoi il est triste, il ne cherche pas à le savoir,il se sent toui simplement épuisé et son découragement, son dégoût de toutes choses provient directement de la conscience de son Impuissance.
Dans la tristesse normale, la cause morale n'est en général pas assez lointaine pour être oubliée, le sujet la connaît et s'il se résigne et se soumet c'est parce qu'il peut mesurer toute l'inutilité des protestations et des cris. Sa résignation est en partie volontaire.
Nous connaissons tous la tristesse par une expérience quotidienne.
Essayons d'observer un sujet triste : Il a l'impression de quelque chose qui pèse, il se sent oppressé, abattu. Il sent sa fatigue et son épuisement aussi bien dans le cerveau qui fonctionne mal que dans tous ses organes.
Il est souvent reconnaissable à son aspect extérieur. Il
marche lentement, il chancelle, il se traîne les bras bal-
Sr IOUE
lants. Sa voix est faible, sans éclat, par suite de la faiblesse des muscles expiratoires et du larynx ; il reste inerte, affaissé, muet. Sa nuque s'incline ,sa tête pend, son visage s’allonge et s’effile par suite de la faiblesse des masseters et des muscles des joues, sa mâchoire peut même être pendante. Ses yeux paraissent grands, comme il arrive toujours quand les orbiculaires sont paralysés, mais il peut se faire aussi que la paupière supérieure tombe par suite de la faiblesse du muscle releveur, et recouvre une grande partie de la prunelle.
Bref, le sujet triste sent sa tristesse dans les muscles des joues qui retombent, dans sa tête qui pend sur la poitrine, dans ses bras qui sont ballants, inertes, dans ses jambes qui plient ou qui tremblent.
Les troubles physiques retentissent d’une façon plus précise dans la conscience : la saveur amère obsède les sujets ; le froid de la peau détermine soit des petits frissons entre cuir et chair, soit de grands frissons qui secouent, par moment, le corps tout entier.
Lassitude, lourdeur, fatigue concordent pour donner au sujet le sentiment et l’idée de son impuissance physique et mentale, qui sont les caractères de son état affectif.
Ce sentiment de lassitude, de lourdeur, de fatigue est la conséquence de la diminution du tonus musculaire. Il s'oppose très nettement au sentiment de bien être et de
légèreté senti dans dans la joie.
La tristesse coïncide avec les caractères précis, elle a sa physionomie propre au point de vue mental et au point de vue organique.
D'après Dumas, la tristesse ne peut se produire en dehors des variations physiolosiques, physico-chimiques, mécaniques.
Nous savons que les variations vasculaires retentissent profondément sur les autres variations organiques.
Dans la tristesse c'est la vaso-constriction périphérique (Gil ya donc une circulation périphérique languissante, une anémie périphérique) et cérébrale qui est le phénomène fondamental.
Lange caractérise la tristesse par une constriction générale des vaisseaux.
« Le système vaso-moteur, dit-il, se comporte, sous l'influence de la tristesse, d’une façon tout opposée à celle de l'appareil moteur volontaire. Pendant que ce dernier s’affaiblit et se relâche, les vaso-moteurs au contraire se contractent plus qu'à l'ordinaire ; de la sorte, le sang est exprimé des petits vaisseaux et les divers tissus el organes sont exsangues ; la conséquence immédiale de cette anémie est la pâleur, laffaiblissement, le collapsus, les chairs sont moins pleines, leur couleur est blanche ; le relâchement dés traits causé par la mollesse des muscles donne au visage une expression caractéristique et produit souvent l'impression d'un amaigrissement si rapide qu'il ne peul s'expliquer par des modifications de la nutrition comme une usure des tissus non
suivie de la compensation. »
Pour lui c'est le phénomène périphérique, la vaso constriction qui constitue le trait essentiel de la tristesse.
Darwin déclare que pendant la tristesse la circulation s'alanguit et que la respiration se ralentit. La circulation du cerveau est moins active, les échanges et les oxydations cérébrales diminuent dans la même proportion que l’impuissance, l’inertie psychique.
Le cerveau est privé de son excitant naturel : l'oxygène, pour cela son excitabilité diminue.
La parésie cérébrale et mentale retentissent sur les fonctions cardiaques et respiratoires pour les ralentir. fl y à donc le ralentissement du cœur et de la respiration.
L'anémie et l’inertie mentale ont comme conséque 1ces les troubles de la nutrition ; elles diminuent donc le rôle trophique de la nutrition.
Le poids du corps diminue, on maigrit.
Les troubles chimiques se traduisent par une sensation générale liée à l’appauvrissement et à l'insuffisance de la nutrition.
L'urée, l'acide phosphorique et l'acide carbonique diminuent dans la tristesse, parce qu'elles correspondent à une nutrition insuffisante. Les combustions et les échanges sont moins actifs que dans la joie et c'est là une différence profonde qui tient à la différence des processus vitaux qui s’accomplissent dans les éléments
anatomiques.
AT TME Ut (HT \: il Sida MR ST k RER AR NS AT OT TS 4 ED TTL nfresiaterie RE MERPPE EG, #0) JADE Nr ii" LL ru tft art ré
tr À ES NOMNTE Talre C2 vi Hl 2% pr DU
ETVI0 Di. fl A LT Et d ff JURA ut EN Le
34 ua 4 “ Ver 0 617 “ete, CLIN ATEN Tnt fer
rod en it
PATES pre va EL AIS ES Fa
Aa e = ES TONER di as MOT, LUC CS a à : “
b ; PAT ET 0
ar e ; DE ÉFENRATTE BEN
De ON hi AR "RAR SATNE Feÿ rit SN
PAC ETLERE, | ardt
- Sa 40 vi:
Ÿ ! dr E CAES E FAMTREN ML 7
UE A É à x F
= k k ; : LSE : £ SE:
| + SE NE QAL ET + Ne: ‘ TJ TER LE WT MN men RS
EE ; 4 LA He IT TR LE fx ‘+’ di 5574 £. put e Ke ie à | SL us