‹ L'influence du moral sur le physiqueChapitre 31 sur 39 · EU JEAN · texte numérisé non relu

EU JEAN

fleur de leur beauté se flétrir rapidement. « Aucune colère, disait Montaigne, n’est si pénible ni si terrible que celle d’une femme jalouse. »

La colère est éminemment contagieuse.

Les symptômes de la colère varient à l'infini. Elle varie beaucoup suivant l’âge et le sexe de l'individu, suivant son caractère et son tempérament, suivant sa sensibilité et l’irritabilité, suivant le climat du pays où on habite, suivant la profession qu'on exerce, suivant son état de santé ou de maladie. Elle est variable chez les différentes races. On peut dire que la colère se modifie avec la civilisation ou les changements dans les coutumes des peuples. Chacun traduit cet état émotif d’une manière qui lui est personnelle.

Un spectateur attentif pourra facilement distinguer un homme irrité et furieux d’un homme joyeux ou gai à son attitude corporelle, à ses gestes et à son aspect.

Observons un individu robuste : chez lui on remarque d’abord accélération des battements cardiaques, le cœur bat violemment. L'action de son cœur est souvent vivement accélérée et même troublée ains qu'il arrive toutes les fois qu'on fait quelques grands efforts volontaires. « Le cerveau excité donne des forces aux muscles et en même temps de l'énergie à la volonté. » Sa respiration s'accélère, devient haletante. Chez lui la colère produit la dilatation des petits vaisseaux, l'augmentation de la circulation cutanée, d’où rougeur, chaleur, gonflement « turgor ». (Lange.) Il brûle et flamboie de colère,

le sang lui monte à la tête. Son visage s'empourpre, rou-

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git, se gonfle. Le sang lui bout dans les veines, les grosses veines se gonflent, se dilatent, ainsi son cou se gon- Île et laisse voir les veines qui se dessinent sous la peau.

Sa physionomie présente de puissantes contractions musculaires. Ces contractions amènent sur le front les plis de la colère. Son regard s'anime, s’enflamme. Ses paupières dilatées découvrent le globe de l'œil, injecté de sang, qui paraît ainsi sortir de l'orbite. Ses narines se dilatent, palpitent et les lèvres violemment rétractées et tiraillées par le muscle labial laissent apercevoir les dents. Sa voix devient rauque, sa parole est saccadée et entrecoupée de cris. S'il n'arrive pas à articuler une parole, l'homme furieux bégaie, bredouille et enfin rugit. Par suite d’une sécrétion salivaire intense, l’écume lui sort de la bouche. « S'il est irrité il bondit, ferme les poings, agite ses bras autour de lui ; il fait des grands pas, il serre les dents, il injure, il menace, il frappe du pied, il tonne et fulmine, il hurle de rage. » (Lange.) Enfin, ses forces sont prodigieusement développées, décuplées et la détente musculaire qui accompagne ce bouleversement de l’âme et du corps est brève et violente, son émotion a réagit, elle est satisfaite.

Chez les individus faibles, le tableau symptômatique est tout autre. Chez lui, le sang refoulé vers les viscères semble y séjourner : les battements du cœur sont à peine perceptibles, paraissent même suspendus ; le pouls est petit, serré et fréquent. Il respire difficilement, il suffoque. Son visage pâlit presque instantanément, se décolore entièrement. Ses veux sont fixes sous les sour-

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