‹ L'Influence e la seconde sophistique sur l'œuvre de Grégoire de NysseChapitre 3 sur 28 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Celte étude a eu pour point de départ un article de M. Puech, professeur adjoint à la Faculté des lettres, article paru dans la Revue de synthèse historique (juin 1901), sur la Littérature grecque chrétienne. Après avoir indiqué oii en étaient les études relatives à cette partie de la littérature grecque et avoir apprécié ce qui avait été fait déjà en Grande-Bretagne, en France, en Allemagne, M. Puech expliquait ce qui restait à faire. Parmi les questions non encore traitées qu'il signalait à la curiosité des hellénistes, il posait celle-ci : que doit au juste l'éloquence patristique à la sophistique contemporaine ?

J'ai essayé d'y répondre dans le présent travail. Mon intention était primitivement d'embrasser l'œuvre des grands Pères du iv^ siècle, Basile, Grégoire de Nazianze, Ghrysostome, Grégoire de Nysse. Il m'a suffi d'ouvrir la Patrologie de Migne pour entrevoir les proportions démesurées d'un tel programme et la difficulté de concilier dans son exécution la précision du détail à la netteté du plan. Réduit à faire un choix dans cette œuvre immense, je me suis arrêté à Grégoire de Nysse, et j'ai dit pourquoi dans mon introduction. Je n'ai du reste pas écarté absolument les autres Pères ; j'ai, au contraire, groupé autour de mon étude sur l'œuvre de Grégoire un certain nombre d'observations faites sur Basile, Grégoire de Nazianze, Ghrysostome. Ces observations me permettaient de préciser sur plusieurs points les caractères de l'œuvre de Grégoire, et,

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en élargissant mes concliisioas, d'ouvrir une vue sur l'ensemble de l'éloquence grecque chrétienne au quatrième siècle.

Le champ de mes recherches, même dans ces limites, restait assez vaste. Je me suis donc vu obligé de sacrifier une partie de mes notes pour ne pas trop alourdir mon livre, et de ne retenir que les faits les plus caractéristiques. Au lieu des statistiques rigoureuses que je voulais apporter, on ne trouvera ici qu'une série d'esquisses. Quelques-unes paraîtront sans doute un peu maigres : tel le chapitre sur la syntaxe et le vocabulaire, qui eût demandé un volume. Ne pouvant lui donner une place plus étendue, je l'ai gardé tel qu'il est, parce que j'ai jugé indispensable, avant l'examen détaillé du style, ce coup d'oeil sommaire sur les éléments de la langue. Il fallait savoir si Grégoire a des prétentions cà l'alticisme et de quelle qualité est cet atticisme. L'important était de fournir sur ce point une réponse motivée et nette.

J'espère qu'on ne me reprochera pas de m'être borné, dans mon chapitre sur la sophistique, à analyser les caractères généraux de cette culture et d'avoir rapproché, sans égard pour les époques, des noms comme ceux de Dion Ghrysostome et de Libanios. L'abandon du point de vue historique, qui serait condamnable ailleurs, devient légitime pour la sophistique, puisque toute évolution y est rendue impossible par l'existence d'un canon oratoire religieusement observé. Libanios s'applique à copier Aristide qui croit être un imitateur fidèle de Démosthène.

En ce qui concerne le plan, je crois devoir prévenir une objection que je me suis formulée a moi-même au moment 011 je le traçais et que j'ai laissée tomber après mûre réflexion. L'ordre dans lequel sont rangés ces chapitres n'est pas toujours celui qu^'on attendrait. Il semble que dans une étude sur le style et l'éloquence d'un écrivain, il conviendrait de passer d'abord en revue le style proprement

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