‹ L'influence spirituelle indue devant la liberté religieuse et civile [microforme] (volume 3)Chapitre 16 sur 24 · DEVOIR DE L'ÉLECTEUR APPELÉ À VOTER · texte numérisé non relu

DEVOIR DE L'ÉLECTEUR APPELÉ À VOTER

Tout électeur qui est appelé à voter dans une élection, à donc un devoir bien grand à remplir comme l'enseigne avec tant de force le quatrième concile de Québec ; et il a par conséquent le droit de l’accomplir sans obstable et sans entraves, c'est-à-dire Zbrement. Mais tout le monde sait à quelles séductions et à quels dangers sont exposés les électeurs au moment des élections politiques, de la part d'hommes qui, mettant de côté la crainte de Dieu, ne reculent devant aucuns moyens, même les plus malhonnêtes et les plus violents pour les tromper, les corrompre, et les entraîner ainsi à voter contrairement à leur devoir. Voici comment s'exprime à ce sujet le quatrième concile de Québec : “ Une expérience par ‘“* trop déplorable a démontré à tout le ‘* monde que les élections des députés de “la chambre législative sont devenues “ pour notre peuple, sinon la cause, du ‘ moins l’occasion certaine..et très redou- ‘ table de corruptions, de violences, et de “ péchés inombrables et de toutes sortes ; » de mensonges, de calomnies, de querel-

* les, d'ivrogneries, de rixes, de blasphè- “ mes et de parjures etc.

“ Déjà les choses en sont même v nues, ‘“ bien souvent à ce point dans ces temps “ d'élections, que les électeurs et leurs “ partisans semblent livrés à un esprit de “ vertige et d'erreur. Hélas ! combien “est grand le nombre de ceux qui ne “ craignent pas dans ces Jours d’iniquité, ‘“ade fermer l'oreille à la voix de leur cons. ‘“ cience, et de mettre en oubli toute ‘“ crainte de Dieu, et Dieu lui-même, com- “ me si tout leur était permis, ou comme “ si Dieu ne les voyait pas et qu’il ne dût “pas un jour s’en souvenir et les juger !”

‘ Que les prêtres ministres du Seigneur ‘ élèvent donc la voix avec force contre ‘un tel renversement de tous les princi- “ pes de la religion et des mœurs, contre “une perversité, aussi criminelle et aussi ‘“ funeste. Que les pasteurs des âmes dé- “ montrent à leur peuple la gravité de “ ces péchés... sans se lasser, ni se ‘“ laïsser intimider par les clameurs des ‘ lrpies et des méchants. ”

Et c’est après ces solennelles avertissements et ces pressantes injonctions des Evêques à leurs prêtres, que les honotables juges viennent au nom de la loi civile leur fermer la bouche en chaire et au

confessional,et leur défendre de faire connaitre aux fidèles les peines spirituelles que la loi de Dieu et de l'Eglise portent contre les électeurs qui se laissent aller À ces désordres dont les suites peuvent être si funestes pour la société toute entière ! On a véritablement peine à en croire ses oreilles quand on entend tomber une semblable doctrine de la bouche des interprêtes-

officiels de la loi civile, et proclamer que .

les menaces des peines spirituelles contre les voteurs qui au jugement de leurs pasteurs violent d’une manière aussi grave la loi de Dieu, constituent une influence indue qui doit frapper de nullité tous ces votes, et annuler l'élection, alors même qu'il n’y aurait qu'un électeur qui aurait subi cette prétendue influence spirituelle indue, c’est-à-dire, en réalité, qui n'aurait fait qu’obéir,comme doit le faire tout bon chrétien,aux injonctions de sa conscience.

Et tout cela en. vertu du faux principe que le voteur a le droit de voter comme il le veut et que la loi civile dit qu’il doit être laissé bre de faire son choix, quand même il s'agirait d’un candidat qui veut abolir les lois du décalogue contre le vol et le meurtre. Encore une fois, c'est une interprétation presque incroyable ! !

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