RAISONS DE L'IMMUNITÉ ECCLÉSIASTIQUE
“ Le clergé forme la milice Sainte de Jésus-
Christ, dont le chef est le Souverain Pontife.
‘“ L'Etat se choisit avec une entière liberté les
“ sujets utiles à son service, nécessaires à toutes les “ branches de l'administration publique ; il exige “ d'eux les conditions d'aptitude et de capacité qu'il “ trouve bon d'établir, il emploie même la contrain- “ te pour remplir les cadres de son armée. En cela ‘ il use d’un droit que nous ne cherchons pas à lui “ contester. Mais les hommes appartiennent-ils moins à l'Eglise qu'à l'Etat ? Ils sont sujets de l’une et de l’autre autorité. Les besoins du service public sont-ils moins importants dans l’Eglise que dans l'Etat ? Ils le sont d'avantage, puisque à raison de sa fin, la société spirituelle est incomparablement plus nécessaire que la société civile.
* “Il appartient donc à l'Eglise d'organiser sa milice comme elle l'entend, suivant ses divers besoins ; d’avoir un Clergé séculier et un Clergé régulier, l’un vivant au milieu du monde, en contact “ continuel avec les Fidèles, veillant sur les néces- “ sités de chaque jour de chaque moment ; l’autre ‘ retiré dans le cloître se préparant, dans la solitude ‘et le silence, par la prière et par l'étude au grand ‘ œuvre des missions lointaines, à l'instruction et à “ l'éducation de la jeunesse, au service des pauvres ‘ et des malades. etc. ” (Moulard pag. 432.)
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La raison nous démontre donc comme la révélation que l’Immunité-ecclésiastique à sa raison d’être dans la nature même de la société religieuse qui ne pourrait pas même exister sans cela.
“ Tandis que le commun des fidèles, les laïques, “ sont soumis au Pape, seulement en ce qui regarde ‘“ la conscience, les ministres sacrés lui sont soumis “ en outre dans ce qui touche aux actes corporels, à “ la vie matérielle. Donc sous ce rapport aussi, ils “ doivent recevoir de lui la direction et la règle en “ conformité avec la sainteté, avec l'honneur de la “ haute charge à laquelle ils se donnent tout entier. “ Ils sont donc soustraits à la juridiction séculière ; “ car il est impossible d’être soumis à deux autorités “ directrices diverses dans le même ordre de chose. * Personne ne peut servir deux maîtres divers, a dit Jé- “ sus-Christ.
Les CLEROS DOIVENT OBSERVER LES LOIS CIVILES.
‘ Il ne faut pas croire pourtant que les Clercs “ sont déliés de l'obligation d'observer les lois civi- “ les nécessaires au maintien de l’ordre et de la jus- “ tice dans la société. Car plus d’une fois les Papes *“ eux-mêmes ont déclaré que les clercs sont tenus “ d'y obéir en tout ce qu’elles n’ont pas de contraire “ aux Saints canons, ou d’opposé à la sainteté de “ l’état ecclésiastique.
# De là vient que l’Immunité ecclésiastique est # l’objet spécial des concordats ; les deux pouvoirs “ suprêmes (l'Eglise et l'Etat) convenant entre eux ‘ de la manière de respecter cette immunité, et de # l'extension qu’il faut lui donner, comme étant une ‘# matière mixte relativement à la personne qui réu- “ nit en elle les deux qualités de cifoyen et de minis- “ tre sacré. ”
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