FORME GASTRO-INTESTINALE
Sous cette dénomination, M. le professeur Grasset ne range
pas les cas où l'on observe seulement des nausées où des vo-
re missements ; il ne fait rentrer dans cette forme que les faits dans lesquels les accidents gastro-intestinaux ont été le phénomène dominant. C’est ainsi que, dans plusieurs cas, M. le professeur Grasset s’est trouvé en présence du syndrome cholérique presque parfait.
Ce qu’il y a de remarquable dans ce type, c’est que ce sont les troubles gastro-intestinaux, c’est-à-dire des phénomènes de même ordre, qui se manifestent durant la convalescence, trainante comme dans les autres formes. Dans ces cas, la langue reste pendant des semaines et des mois couverte d'un épais enduit saburral ; il y a inappétence absolue; la rate et le foie sont gros ; les urines, rares, peuvent contenir de Palbumine ; les g'arde-robes sont fétides, la prostration des forces extrème,
Nous n'avons jamais rencontré cette forme dans les hôpitaux de la marine, du moins dans les salles où nous étions alors en service, et, maloré nos recherches dans les feuilles de clinique des autres salles, nous n'avons pu trouver d'observations s’y rapportant. Mais ce n'est pas une raison pour nier l'existence de cette troisième forme.
D'ailleurs, Hardy et Béhier rapportent que, pendant l’épidémie de 1830, à Paris, les troubles intestinaux étaient si accusés qu'ils semblaient former une sorte de transition avec le choléra. Et Stoll, relatant l'épidémie de Vienne, en 1775, dit qu'elle fut remarquable par la prédominance des phénomènes bilieux avec vomissements, anorexie, diarrhée, teinte ictérique des conjonctives et de la peau.
Une observation de M. le D'Coustan, médecin-major au 122° de ligne, schématise à merveille cette variété morbide ; chez un malade observé par lui, la maladie s’est traduite uniquement par une diarrhée intense qui, durant près d’une semaine, s est reproduite chaque nuit, la toux et la céphalalgie faisant complètement défaut.
Rue.
De cette description symptomatique il se dégage une chose: c’est lPénorme prédominance de l'élément nerveux sur l'élément catarrhal. Dans les quelques observations que nous avons pu recueillir, bien que les types que nous venons de décrire n’y soient pas complètement distincts, on voit que les symptômes dominants sont : la céphalalgie intense, la fièvre, avec température parfois très élevée, les douleurs partout, la toux, quinteuse, sonore, coqueluchoïde, tout autant de manifestations intenses d’une irritabilité excessive du système nerveux.
Observation première